La Muraille de Chine - Franz Kafka

Ressortie du recueil La Muraille de Chine de Franz Kafka aux Forges de Vulcain. Traduit par Stéphane Rilling qui postface et nanti d’une intéressant préface d’Éric Pessan, le recueil est articulé autour de La Construction de la muraille de Chine , une nouvelle de longueur moyenne, et de textes beaucoup plus courts, tous écrits entre 1917 et 1922 alors que l’empire austro-hongrois s’effondrait, que l’antisémitisme montait, parallèlement au sionisme, et que l’intérêt pour le Chine, immense et en partie incompréhensible, était fort. Passé Le chasseur Gracchus , un premier texte dont l’intérêt narratif m’a largement échappé, Kafka construit ici par fragments (certaines nouvelles ne font que deux ou trois pages) la vision d’un monde qui échappe largement à la compréhension humaine et dans lequel l’absurde (on le dit toujours) mais aussi l’arbitraire (on le dit parfois moins) est la norme. Le monde de Kafka est immense, comme la Chine. Immense au point que l’homme normal n’en voit jamais

Sursaut


Sortie du tome 3 de la série Car l’enfer est ici, intitulé "4 millions de voix".

Les voix dont il est question dans le titre sont celles qui pourraient porter Lou MacArthur au poste de gouverneur. Sa campagne est pourtant mal engagée après qu’il ait annoncé son intention d’abolir la peine de mort dans l’Etat de New York s’il était élu, ce qui priverait nombre de citoyens de la vengeance qu’ils attendent sur Joshua Logan, le suspect numéro un dans l’assassinat de Steven Providence et de ses amis. En dépit des efforts de ses équipes, dont la jeune et très motivée Lucy qui n’hésite pas à payer de sa personne, la partie semble perdue pour MacArthur, à la grande satisfaction de son adversaire républicaine Meredith Bambrick et des mafieux qui la soutiennent.

Parallèlement à ces évènements politiques, l’enquête sur la culpabilité de Logan continue, toujours conduite par son courageux avocat assisté de son journaliste de compagnon. Hélas, elle n’avance guère et on peut se demander si Logan pourra prouver son innocence tant les secrets entourant la mort de Providence ont été bien enterrés, quand ils n’ont pas été noyés au fond de l’Hudson. De plus, une décision de la cour empêche la petite Amy de témoigner, ce qui élimine l’une des seules pistes encourageantes dont disposait l’avocat de Logan.
Ce dernier d’ailleurs semble avoir perdu tout espoir, et il doit faire face, si tant est qu’il le veuille vraiment, à sa volonté d’en finir ainsi qu’à la haine homicide de nombre de ses compagnons d’incarcération. L’avenir de Logan n’est pas de ceux sur lesquels on voudrait parier de l’argent.

Au risque de me répéter, je dois dire que la série continue d’être de très bonne qualité. Brunschwig signe un polar de politique fiction haletant et complexe qui pourrait en remontrer à bien des films abordant le même genre de thème.

Après deux premiers épisodes déprimant de noirceur, et alors que tout ce que j’ai écrit ci-dessus, en tronquant pour ne pas spoiler, laisse penser que rien ne s’arrange, ce troisième tome semble être celui de l’amorce du retour vers la lumière - soyons prudent. Rien n’est réglé, loin s’en faut, mais chaque fil narratif, tous liés in fine, contient une inflexion visible qui paraît lui faire prendre la direction du meilleur, c’est à dire celle d’une résolution moralement satisfaisante.

Conviction, amour, courage, les valeurs professées par la maire de NY Jessica Ruppert, permettront peut-être, quand tout aura été accompli, de faire éclater la vérité et de donner à chacun des protagonistes de cette histoire ce qu’il mérite, rédemption, réhabilitation, ou punition. On l’espère depuis le premier tome, ici on commence, prudemment, à y croire. Il faudra encore attendre pour en être sûr.

Car l’enfer est ici t3, 4 millions de voix, Brunschwig, Hirn, Nouhaud

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