Le Molosse - Tanabe d'après Lovecraft

Sortie du neuvième volume des adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe. " Le Molosse " est le premier recueil réalisé par le mangaka japonais, il réunit trois nouvelles : Le Temple , écrite en 1920, Le Molosse , écrite en 1922, et La Cité sans nom , écrite en 1921. Le Temple est le plus longue et la plus réussie imho. Dans les coursives d'un U-boat allemand en perdition durant la première guerre mondiale, on plonge vers une cité engloutie alors que la folie gagne peu à peu tout l'équipage. Dure, claustrophobique, Le Temple , dans une ambiance éprouvante à la Das Boot , met l'homme face à des terreurs et des anciennetés sans nom. Un très bon récit joliment adapté. Le Molosse est plus (trop) classique. Deux amis occultistes, l'un des deux est le narrateur, première mention lovecraftienne du Nécronomicon , créature hostile invoquée involontairement par une amulette magique, on est ici dans du trop classique, encore trop proche de l'horreur traditionnelle en

Sursaut


Sortie du tome 3 de la série Car l’enfer est ici, intitulé "4 millions de voix".

Les voix dont il est question dans le titre sont celles qui pourraient porter Lou MacArthur au poste de gouverneur. Sa campagne est pourtant mal engagée après qu’il ait annoncé son intention d’abolir la peine de mort dans l’Etat de New York s’il était élu, ce qui priverait nombre de citoyens de la vengeance qu’ils attendent sur Joshua Logan, le suspect numéro un dans l’assassinat de Steven Providence et de ses amis. En dépit des efforts de ses équipes, dont la jeune et très motivée Lucy qui n’hésite pas à payer de sa personne, la partie semble perdue pour MacArthur, à la grande satisfaction de son adversaire républicaine Meredith Bambrick et des mafieux qui la soutiennent.

Parallèlement à ces évènements politiques, l’enquête sur la culpabilité de Logan continue, toujours conduite par son courageux avocat assisté de son journaliste de compagnon. Hélas, elle n’avance guère et on peut se demander si Logan pourra prouver son innocence tant les secrets entourant la mort de Providence ont été bien enterrés, quand ils n’ont pas été noyés au fond de l’Hudson. De plus, une décision de la cour empêche la petite Amy de témoigner, ce qui élimine l’une des seules pistes encourageantes dont disposait l’avocat de Logan.
Ce dernier d’ailleurs semble avoir perdu tout espoir, et il doit faire face, si tant est qu’il le veuille vraiment, à sa volonté d’en finir ainsi qu’à la haine homicide de nombre de ses compagnons d’incarcération. L’avenir de Logan n’est pas de ceux sur lesquels on voudrait parier de l’argent.

Au risque de me répéter, je dois dire que la série continue d’être de très bonne qualité. Brunschwig signe un polar de politique fiction haletant et complexe qui pourrait en remontrer à bien des films abordant le même genre de thème.

Après deux premiers épisodes déprimant de noirceur, et alors que tout ce que j’ai écrit ci-dessus, en tronquant pour ne pas spoiler, laisse penser que rien ne s’arrange, ce troisième tome semble être celui de l’amorce du retour vers la lumière - soyons prudent. Rien n’est réglé, loin s’en faut, mais chaque fil narratif, tous liés in fine, contient une inflexion visible qui paraît lui faire prendre la direction du meilleur, c’est à dire celle d’une résolution moralement satisfaisante.

Conviction, amour, courage, les valeurs professées par la maire de NY Jessica Ruppert, permettront peut-être, quand tout aura été accompli, de faire éclater la vérité et de donner à chacun des protagonistes de cette histoire ce qu’il mérite, rédemption, réhabilitation, ou punition. On l’espère depuis le premier tome, ici on commence, prudemment, à y croire. Il faudra encore attendre pour en être sûr.

Car l’enfer est ici t3, 4 millions de voix, Brunschwig, Hirn, Nouhaud

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