Le Pèse-Dieu, Ian Soliane

Un père décide de descendre aux Limbes pour sauver sa fille, Jade, qui s’est suicidée. Au fil d’une lente pérégrination il chemine vers elle, qui l’attend ou pas. Il espère la ramener. Y parviendra-t-il ? Le Pèse-Dieu est le dernier roman de Ian Soliane . L’auteur y aborde une fois encore les deux questions du deuil et de l’incompréhension fondamentale entre IA et humanité. Les deux étant liées, me semble-t-il, car comment l’IA, qui n’a aucune occasion de l’éprouver, pourrait-elle comprendre le deuil ? Dans ce court et dense roman, Soliane raconte la catabase de son héros (anonyme car, face au deuil, tous sont égaux ou, au moins, génériques) . L’homme n’est pas Orphée . Il ne cherche pas sa femme, si vite perdue, mais sa fille, suicidée trop jeune, à 22 ans. Il ne descend pas aux Enfers mais entre dans les Limbes, le serveur géant de simulation dans lequel sont envoyées post-mortem les consciences qui le souhaitent. Il n’a pas à supplier Hadès et Perséphone, ni à charmer quiconque pa...

Brève descente


Avec "Sunlight", Christophe Bec et Bernard Khattou inaugurent la nouvelle collection Flesh & Bones de Glénat. Celle-ci proposera des thrillers one-shots de 160 pages environ, en noir et blanc sous couverture souple.
Bec y fait ce qu’il sait faire : inquiéter le lecteur, armé seulement d’un média silencieux et immobile, ce qui n’est pas évident.

Ici et maintenant. Deux filles et un garçon, amis de longue date, entreprennent une plongée spéléo dans une mine désaffectée, interdite car dangereuse. La carte qu’ils utilisent se révèlent incomplète au point que les trois casse-cous finissent par se retrouver au fond d’un puits de mine sans moyen de remonter.
Commencent alors plusieurs jours de calvaire dans l’attente d’hypothétiques secours. Le froid gagne, les réserves d’eau et de nourriture diminuent, les blessures s’accumulent. Sortiront-ils vivant du puits ? C’est l’enjeu et la question de l’album.

Dessiné de manière réaliste, "Sunlight" raconte une histoire qui ne l’est pas moins. L’expédition désastreuse bien sûr mais aussi, en flashbacks, quelques moments biographiques importants. Bec sait faire monter la tension par petites touches régulières. Il met en scène des situations suffisamment proches de l’expérience ou de la connaissance, au moins médiatique, du lecteur pour impliquer celui-ci. Il instille la petite dose de sexe qui va avec le genre Série B. Objectif atteint. Le premier volume de la collection Flesh & Bones crée le standard.

Un moment de lecture agréable donc. On regrettera simplement, et encore, un semi-twist final qui n’apporte rien et dont l’existence même est difficile à comprendre. En quoi est-il utile au récit ? Mystère.

Sunlight, Bec, Khattou

Commentaires