La Migration annuelle des nuages - Premee Mohamed - Retour de Bifrost 118

Futur trop proche, à quatre générations de nous environ. Prédation, effondrement de la biodiversité, changement climatique et pandémies émergentes, le monde (le nôtre) s'est effondré, pas sur un boom mais sur un murmure. Bien des humains sont morts dans les années de tribulation qui ont signé l’effondrement. Quelques-uns restent néanmoins. D'abord dans les lointains dômes, où les plus riches se sont apparemment réfugiés et où subsisteraient les merveilles de l'Ancien Monde (Cf. Exodes , de Jean-Marc Ligny) . Ensuite, plus nombreux, dans les ruines des villes, non loin d’une nature endommagée redevenue sauvage et donc dangereuse. Reid vit avec sa mère au sein d'une communauté qui tente de survivre dans ce qu'il reste d'Edmonton, précisément dans le campus de la ville. La jeune femme, comme sa mère, est porteuse du Cadastrulamyces , abrégé cad, un champignon parasite (Cf. The Last of Us ) qui se transmet de parent à enfant et finit par tuer son hôte non sans l’a...

Brève descente


Avec "Sunlight", Christophe Bec et Bernard Khattou inaugurent la nouvelle collection Flesh & Bones de Glénat. Celle-ci proposera des thrillers one-shots de 160 pages environ, en noir et blanc sous couverture souple.
Bec y fait ce qu’il sait faire : inquiéter le lecteur, armé seulement d’un média silencieux et immobile, ce qui n’est pas évident.

Ici et maintenant. Deux filles et un garçon, amis de longue date, entreprennent une plongée spéléo dans une mine désaffectée, interdite car dangereuse. La carte qu’ils utilisent se révèlent incomplète au point que les trois casse-cous finissent par se retrouver au fond d’un puits de mine sans moyen de remonter.
Commencent alors plusieurs jours de calvaire dans l’attente d’hypothétiques secours. Le froid gagne, les réserves d’eau et de nourriture diminuent, les blessures s’accumulent. Sortiront-ils vivant du puits ? C’est l’enjeu et la question de l’album.

Dessiné de manière réaliste, "Sunlight" raconte une histoire qui ne l’est pas moins. L’expédition désastreuse bien sûr mais aussi, en flashbacks, quelques moments biographiques importants. Bec sait faire monter la tension par petites touches régulières. Il met en scène des situations suffisamment proches de l’expérience ou de la connaissance, au moins médiatique, du lecteur pour impliquer celui-ci. Il instille la petite dose de sexe qui va avec le genre Série B. Objectif atteint. Le premier volume de la collection Flesh & Bones crée le standard.

Un moment de lecture agréable donc. On regrettera simplement, et encore, un semi-twist final qui n’apporte rien et dont l’existence même est difficile à comprendre. En quoi est-il utile au récit ? Mystère.

Sunlight, Bec, Khattou

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