The Will of the Many - James Islington

L’effet Streisand , tu connais, lecteur ? Et bien, il a fonctionné à plein récemment. The Will of the Many est un roman de fantasy à coloration romaine antique de James Islington. Lisant assez peu de fantasy, j’ignorais jusqu’à l’existence de ce roman qui, de fait, a bonne presse dans le monde anglo-saxon dont il est originaire. Et voilà qu’il est traduit et publié en France par l’éditeur Elder Craft. Et voici que le fandom repart encore une fois dans une de ces polémiques picrocholines dont il a le secret – celle-ci est un peu amusante car elle réactive, peut-être sans même le savoir, la notion de mort civile qui était une des originalités du droit antique. Si tu ignores de quelle polémique il s'agit, sache, lecteur, que tu n’as rien perdu. Toujours est-il qu’ainsi j’appris l’existence de ce roman et que, le pitch m’ayant intrigué, je décidai de l’acheter en VO pour le lire. Détails ci-dessous. Monde indéterminé de type terrestre. Ce monde connut, plusieurs siècles avant le débu...

BD : Du très bon et du pas fameux


Sortie du tome 4 de la très bonne série Sentinelles de Dorison et Breccia.

Les supersoldats français sont envoyés aider les Australiens à la boucherie - comment la nommer autrement ? - des Dardanelles, en Turquie. Ils y rencontrent un adversaire turc, Cimeterre, équipé par la science allemande qu'ils ne peuvent pas plus vaincre qu'ils n'arrivent à inverser le rapport de forces sur le terrain, et tentent, quand tout est perdu, d’au moins sauver un maximum de soldats alliés.

L’histoire est palpitante, l’évocation historique travaillée, les personnages développés. Les trois héros de l’album, qui en ont déjà tant vu et fait, vivent la bataille très différemment. Taillefer ne s’est pas encore remis des horreurs qu’il a vu à Ypres, Djibouti combat sans répit pour ne pas perdre sa positon sociale, Pégase est plus que jamais courageux mais stupidement nationaliste et « Vieille France ». Des personnages secondaires humanisent la conflagration et rappellent que la guerre est d’abord une affaire d’hommes ordinaires projetés dans des évènements extraordinaires. Le contact de ces humains de bases ramènent régulièrement les héros sur terre.

L’horreur de cette bataille absurde est montrée. Les troupes clouées sur les plages, les pertes énormes (au moins 400000 hommes en comptant pertes au combat et maladies), le manque d’eau, les épidémies dues aux monceaux de cadavres impossibles à enterrer, l’optimiste arrogant d’une partie du commandement qui considérait l’armée turque comme une armée de seconde zone. Le tout se termina par une évacuation périlleuse, sans gain stratégique. Une nullité militaire et un désastre humain. Et pendant ce temps, loin des plages, les Turcs exterminaient les Arméniens.

Dorison montre la bataille en y installant une histoire passionnante et grand format (64 pages), dans une veine pulp plus vraie que nature, avec action, rebondissements, dynamisme, sans jamais oublier de montrer les hommes, leurs relations, leurs doutes, leur folie, leurs luttes de pouvoir, offrant ainsi au lecteur l’énergie du pulp combinée à l’intelligence du récit. La conclusion est, bien sûr, ironique.

Le dessin sert parfaitement le propos. Il donne à voir l’horreur, la mort, la maladie. Quelques belles trouvailles parsèment l’album, comme le débarquement en planche large, ou le passage du temps évoqué par un cadavre qui pourrit. Des images d’archives ou typées « archive » (je n’ai pas pu trancher) complètent le tout et ramènent régulièrement la vérité dans l’imaginaire.

Un très bon album dans une très bonne série. A suivre.


Sinon, le Régulateur connaît enfin sa conclusion avec le tome 6, "Nyx". C’est toujours joliment dessiné mais l’impression que la qualité du récit – et la logique même de l’histoire - baisse avec chaque nouvel album trouve sa confirmation définitive ici. C’était de moins en moins bon, ça se termine par une sorte de délire moliéresque avec retour du frère prodigue mort, et discours gnangnan entre fantasme baba et mièvrerie manga – auquel le trait fait de plus en plus penser. J’ai eu plusieurs flashes du Prince d’Euphor ou d'Anthony, le « prince » de Candy. La couverture est claire.
MUHAHA ! On se serait arrêtés au tome 2 ou 3, ça aurait été bien.

Les sentinelles t4, Les Dardanelles, Dorison, Breccia
Le régulateur t6, Nyx, Corbeyran, Moreno (s)

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