Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

BD : Du très bon et du pas fameux


Sortie du tome 4 de la très bonne série Sentinelles de Dorison et Breccia.

Les supersoldats français sont envoyés aider les Australiens à la boucherie - comment la nommer autrement ? - des Dardanelles, en Turquie. Ils y rencontrent un adversaire turc, Cimeterre, équipé par la science allemande qu'ils ne peuvent pas plus vaincre qu'ils n'arrivent à inverser le rapport de forces sur le terrain, et tentent, quand tout est perdu, d’au moins sauver un maximum de soldats alliés.

L’histoire est palpitante, l’évocation historique travaillée, les personnages développés. Les trois héros de l’album, qui en ont déjà tant vu et fait, vivent la bataille très différemment. Taillefer ne s’est pas encore remis des horreurs qu’il a vu à Ypres, Djibouti combat sans répit pour ne pas perdre sa positon sociale, Pégase est plus que jamais courageux mais stupidement nationaliste et « Vieille France ». Des personnages secondaires humanisent la conflagration et rappellent que la guerre est d’abord une affaire d’hommes ordinaires projetés dans des évènements extraordinaires. Le contact de ces humains de bases ramènent régulièrement les héros sur terre.

L’horreur de cette bataille absurde est montrée. Les troupes clouées sur les plages, les pertes énormes (au moins 400000 hommes en comptant pertes au combat et maladies), le manque d’eau, les épidémies dues aux monceaux de cadavres impossibles à enterrer, l’optimiste arrogant d’une partie du commandement qui considérait l’armée turque comme une armée de seconde zone. Le tout se termina par une évacuation périlleuse, sans gain stratégique. Une nullité militaire et un désastre humain. Et pendant ce temps, loin des plages, les Turcs exterminaient les Arméniens.

Dorison montre la bataille en y installant une histoire passionnante et grand format (64 pages), dans une veine pulp plus vraie que nature, avec action, rebondissements, dynamisme, sans jamais oublier de montrer les hommes, leurs relations, leurs doutes, leur folie, leurs luttes de pouvoir, offrant ainsi au lecteur l’énergie du pulp combinée à l’intelligence du récit. La conclusion est, bien sûr, ironique.

Le dessin sert parfaitement le propos. Il donne à voir l’horreur, la mort, la maladie. Quelques belles trouvailles parsèment l’album, comme le débarquement en planche large, ou le passage du temps évoqué par un cadavre qui pourrit. Des images d’archives ou typées « archive » (je n’ai pas pu trancher) complètent le tout et ramènent régulièrement la vérité dans l’imaginaire.

Un très bon album dans une très bonne série. A suivre.


Sinon, le Régulateur connaît enfin sa conclusion avec le tome 6, "Nyx". C’est toujours joliment dessiné mais l’impression que la qualité du récit – et la logique même de l’histoire - baisse avec chaque nouvel album trouve sa confirmation définitive ici. C’était de moins en moins bon, ça se termine par une sorte de délire moliéresque avec retour du frère prodigue mort, et discours gnangnan entre fantasme baba et mièvrerie manga – auquel le trait fait de plus en plus penser. J’ai eu plusieurs flashes du Prince d’Euphor ou d'Anthony, le « prince » de Candy. La couverture est claire.
MUHAHA ! On se serait arrêtés au tome 2 ou 3, ça aurait été bien.

Les sentinelles t4, Les Dardanelles, Dorison, Breccia
Le régulateur t6, Nyx, Corbeyran, Moreno (s)

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