L'Homme invisible - Tynion IV - Dani

Après un premier album déjà consacré à ressusciter un Universal Monster, en l’occurrence Dracula , James Tynion IV revient à l’exercice avec cet Homme invisible , réalisé avec Dani aux pinceaux. Mais ici c’est une sorte de préquel au film de 1933 que propose Tynion, contrairement à ce qu’il avait fait pour son adaptation précédente. Début du XXe siècle. Jack Griffin est un obscur chimiste. Il travaille comme assistant dans le laboratoire du docteur Cranley où il mène aussi, secrètement, ses propres expériences. Grâce à une substance appelée monocaïne, Griffin parvient à transformer profondément la physiologie de ses cobayes, les rendant plus intelligents et plus agressifs qu’ils ne l’étaient auparavant, et surtout invisibles. Testant ses dosages sur des mammifères de plus en plus gros et proches de l’humain, Griffin avance à grands pas dans ses recherches, au prix d’arrangements de plus en plus grands avec la morale. Au début du film de 1933, Griffin est déjà devenu invisible. Le séru...

Fire and brimstone


Avec "The sixth gun", Urban Comics traduit une bonne série US pour le public français. L’éditeur a livré, il y a peu, les deux premiers TPB, ce qui permet de se faire une bonne idée de l’identité de la série et de l’envie qu’on peut avoir de la suivre en tant que lecteur.

Ouest américain, fin XIXème. Le fameux Wild Wild West. Plus mythique qu’historique. Avec ici, en plus, une approche à la Deadlands (western + fantastique, et le fantastique ici c’est du lourd).

La Guerre de Sécession est finie depuis peu. Le brillant mais très dépravé Général Hume s’y était illustré, tant par ses coups d’éclat que par les atrocités dont il se rendait coupable. Allant toujours plus loin dans l’abjection, il avait fini par rassembler autour de lui une horde sauvage d’hommes sans foi ni loi, coterie de l’enfer soudée par un pacte maléfique. En échange d’une terrifiante promesse, cette bande d’ennemis du genre humain obtint de mystérieuses puissances six revolvers aux pouvoirs magiques. Ils finirent, heureusement, par être neutralisés.
Quelques années plus tard, un aventurier de l’occulte, Drake Sinclair, se lance sur la trace des revolvers, censés le mettre sur la piste du trésor de Hume. Il ignore qu’au même moment la « veuve » du Général a engagé les Pinkerton pour retrouver son mari non-mort, lui rendre son pouvoir, et payer enfin la dette contractée, projet funeste qui peut conduire à la perte de l’Humanité.

L'histoire imaginée par Bunn, comme le rythme de progression du récit et des révélations, sont très satisfaisants. Le monde que décrit l’auteur est celui des western spaghettis, empreint de « réalisme » outrancier, plus proche de La horde sauvage de Peckinpah que de Deadwood. Le surnaturel ajoute un élément de folie à la vraie dureté de l’histoire.

En cowboy du fantastique, Sinclair est efficace, bien aidé pour briller par l’adversaire larger than life qui lui sert de Némésis. Sa psychologie en revanche n’est guère développée, mais nous sommes ici dans une série B, action et suspense priment. Les personnages secondaires, pour certains seulement esquissés, se font progressivement une place.

Après un premier volume qui faisait la part belle aux légendes indiennes et à un mystère qu’on peut qualifier de lovecraftien, le second introduit le vaudou dans l’équation surnaturelle. Il est possible d'imaginer que nombre d’aspects du fantastique seront abordés au fil des épisodes.

Le graphisme est très classique, presque franco-belge par moments, soutenu par une colorisation vivace et spectaculaire.

"The sixth gun" est donc un comic de série B agréable qui traite le genre western-fantastique bien mieux que ne le fait Manifest Destiny.

The sixth gun, t 1 et 2, Bunn, Hurtt, Crabtree

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