No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

L'Ordinateur est ton ami


"Asylum" est le tome 7 de la série Delcourt La Grande Evasion. Ecrit par le Serge Lehman de La Brigade Chimérique ou de Metropolis, il met en lumière la prison d’Asylum, qui était pourtant destinée à rester dans l’ombre.

Asylum, une prison de haute sécurité enterrée loin de la vue du ciel. Dans ses locaux vieillissants s’entassent environ 2000 prisonniers, catalogués par groupes de couleur en fonction des prédispositions qu’indique leur ADN. Les rouges sont organisés, les jaunes psychotiques, les bleus politiques. Et puis il y a les hybrides, rares, dont on ne sait pas vraiment s’il faut les reclasser dans leur couleur dominante ou les éliminer.

Ceux d’entre vous qui ont joué à Paranoïa auront, avec "Asylum", l’impression d’y être. Société fermée et totalitaire, stratification sociale colorée, peine de mort rapide et sans appel déclenchant un nouveau clonage de l’individu exécuté. Le tout sous le contrôle omniprésent de Pastor, dictateur paternaliste quelque part entre l’Ordinateur de Paranoïa et le Big Brother de 1984, assisté d’androïdes qui en sont les bras armés et impitoyables.

Les hommes et les femmes qui peuplent Asylum, n’y ont pas été enfermés. Ils y sont nés et y ont été élevés en fonction de leur génotype – l’acquis devant compléter l’inné. Ils y meurent aussi, tôt ou tard, avant d’être reconstitués à partir de leur ADN pour que l’expérience continue.
Mais laquelle ? Pourquoi ? Et depuis quand ? C’est ce que va découvrir Mark 11, un vert en quête d’identité et de liberté. La révolte d’un de ses amis verts contre son reclassement en jaune et la vengeance qu’elle engendrera ouvriront à Mark 11, par un heureux hasard, la voie vers la vérité sur la situation d’Asylum et une chance d’échapper à la prison dans laquelle il a toujours vécu.

Sur les traces de Mark, le lecteur sera le témoin d’une aventure - une tentative d’évasion puisque c’est le thème de la série - rapide et prenante, pleine de dangers et de rebondissements, qui lui apportera les réponses aux questions que pose le complexe. C’est bien mené, agréable à lire, joliment dessiné et colorisé. On peut seulement regretter l’absence d’un cruel rebondissement final qui aurait prouvé que Pastor avait raison lorsqu’il s’adressait à Mark pour le décourager. Il semble que la série impose un happy end. Dommage. Ça aurait pu être brillant ; c'est seulement bien.

La Grande Evasion t7, Asylum, Lehman, Teague, Saint Blancat

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