Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

A la merci de la pieuvre


Sortie du tome 2, intitulé "3 témoignages", de la série Car l’enfer est ici, trois ans après le tome 1. La BD…

Six mois après la mort de Steven Providence et de tous les enfants de Jessica, Joshua Logan, accusé du meurtre de masse, s'est rendu à la police. Homme le plus haï de New-York, il clame son innocence et veut dire ce qu’il sait de la vérité. Défendu par un avocat noir et gay qui le fait au péril de sa vie, Logan livre un témoignage qui éclaire d’un jour sinistre les évènements qui ont conduit à l’élection de Jessica Ruppert. Un témoignage qui a les accents de la sincérité, même si, parallèlement, l’instruction met à jour des éléments troubles du passé de Logan et amène de nouvelles questions sur ses rapports avec la petite Amy.
Le tout alors que la campagne électorale pour la fonction de gouverneur bat son plein et qu’elle tourne à l’aigre pour le « poulain » libéral de Ruppert, opposé à une républicaine bien peu catholique.

Omniprésence de la pieuvre mafieuse, sort peu enviable d’immigrés clandestins traités comme des non-personnes, collusion entre milieux criminels et politiques, corruption policière, impitoyable brutalité des criminels, mœurs douteuses satisfaites à contrario des images publiques, cet album livre une vision très noire des milieux politiques et de leurs pratiques. Brunschwig charge la mule sans doute, mais rien de ce qu’il décrit n’est invraisemblable ni inédit. Il combine tous ces éléments pour bâtir un polar efficace dans lequel l’innocence d’un homme et donc sa vie sont en balance, le courage d’un autre est récompensé par une agression qui manque de le tuer, le civisme d’un troisième lui vaut de devenir SDF. Dans le même temps, et en dépit des velléités humanistes de Jessica Ruppert, chefs mafieux et leaders politiques, au sommet du monde, organisent la réalité en éliminant ceux qui les gênent, sans jamais cesser de se garder à l’œil mutuellement.

Les diverses intrigues, toutes liées, progressent en parallèle à un rythme satisfaisant. Les enjeux exposés agrippent le lecteur pour ne plus le lâcher ; la dureté des faits ne peuvent le laisser indifférent. La qualité de la narration fait le reste, secondée par des dessins de très belle facture et une colorisation impeccable.

Le pouvoir des innocents était une série d’excellente qualité. Il semble que cette suite soit du même niveau. Tant mieux. J’attends encore un mauvais Brunschwig.

Car l’enfer est ici t2, 3 témoignages, Brunschwig, Hirn, Nouhaud

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