X-Men Elsewhen : John Byrne pour Happy Few

Juste quelques mots (et là je vais tenir parole) pour annoncer l'arrivée du volume 1 de la continuité alternative Elsewhen des X-Men par John Byrne himself. Elle ne concerne que les Happy Few qui comprennent ce dont je vais parler et à qui ce genre d'information s'adresse. Avec la mort de Gwen Stacy , celle de Jean Grey , après la saga du Phénix Noir, est l'un des pires traumatismes de l'univers Marvel (pour les personnages comme pour les lecteurs) . En se sacrifiant pour sauver l'univers, à une époque où Marvel ne passait pas encore son temps à ressusciter les héros, Jean Grey brise l'équilibre de l'équipe originale ainsi que le cœur des lecteurs. John Byrne, qui dessinait, quitte peu après les X-Men, laissant pinceaux et idées à son partenaire Chris Claremont. Et l'événement réorienta complètement l'univers des X-Men, l'amenant progressivement dans un style de plus en plus character-driven sous la plume de Chris Claremont et les pinceaux...

A la merci de la pieuvre


Sortie du tome 2, intitulé "3 témoignages", de la série Car l’enfer est ici, trois ans après le tome 1. La BD…

Six mois après la mort de Steven Providence et de tous les enfants de Jessica, Joshua Logan, accusé du meurtre de masse, s'est rendu à la police. Homme le plus haï de New-York, il clame son innocence et veut dire ce qu’il sait de la vérité. Défendu par un avocat noir et gay qui le fait au péril de sa vie, Logan livre un témoignage qui éclaire d’un jour sinistre les évènements qui ont conduit à l’élection de Jessica Ruppert. Un témoignage qui a les accents de la sincérité, même si, parallèlement, l’instruction met à jour des éléments troubles du passé de Logan et amène de nouvelles questions sur ses rapports avec la petite Amy.
Le tout alors que la campagne électorale pour la fonction de gouverneur bat son plein et qu’elle tourne à l’aigre pour le « poulain » libéral de Ruppert, opposé à une républicaine bien peu catholique.

Omniprésence de la pieuvre mafieuse, sort peu enviable d’immigrés clandestins traités comme des non-personnes, collusion entre milieux criminels et politiques, corruption policière, impitoyable brutalité des criminels, mœurs douteuses satisfaites à contrario des images publiques, cet album livre une vision très noire des milieux politiques et de leurs pratiques. Brunschwig charge la mule sans doute, mais rien de ce qu’il décrit n’est invraisemblable ni inédit. Il combine tous ces éléments pour bâtir un polar efficace dans lequel l’innocence d’un homme et donc sa vie sont en balance, le courage d’un autre est récompensé par une agression qui manque de le tuer, le civisme d’un troisième lui vaut de devenir SDF. Dans le même temps, et en dépit des velléités humanistes de Jessica Ruppert, chefs mafieux et leaders politiques, au sommet du monde, organisent la réalité en éliminant ceux qui les gênent, sans jamais cesser de se garder à l’œil mutuellement.

Les diverses intrigues, toutes liées, progressent en parallèle à un rythme satisfaisant. Les enjeux exposés agrippent le lecteur pour ne plus le lâcher ; la dureté des faits ne peuvent le laisser indifférent. La qualité de la narration fait le reste, secondée par des dessins de très belle facture et une colorisation impeccable.

Le pouvoir des innocents était une série d’excellente qualité. Il semble que cette suite soit du même niveau. Tant mieux. J’attends encore un mauvais Brunschwig.

Car l’enfer est ici t2, 3 témoignages, Brunschwig, Hirn, Nouhaud

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