L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Guerre à mort contre l'espoir


Suite des aventures épiques de Karic le templier dans ce tome 3, intitulé "A Midwinter’s Night Dream".
Avec ce tome, c’est la guerre à outrance qui commence. Les évènements du tome 2 ont bousculé l’équilibre de la terreur. Icarus, le roi fou, a raté son ascension à la divinité et s’est cloitré dans sa tour où nul ne peut le voir. Les prisonniers des basses fosses de la capitale ont été libérés, et si beaucoup ont été tués durant leur fuite d’autres se cachent dans les villages alentour ou la capitale même. Karic enfin, très gravement blessé à l’issue de son action héroïque, a été emporté, inconscient, par Cassius, vers une hypothétique guérison.
Plus rien ne sera donc comme avant.

Dans la forteresse, l’armée des rats et la garde fouine sont, littéralement, à couteaux tirés ; les deux favorites du roi intriguent pour obtenir son attention ; les druides rats intriguent plus que jamais pour accaparer le pouvoir. Hors du palais, la population se divise entre collaborateurs et résistants. Dissimulation de fuyards, réunions secrètes, actions militantes, les plus courageuses et dignes des souris se dressent enfin contre le régime illégitime ; le nom Karic devient le cri de ralliement de la révolte contre l’oppression d’Icarus et des rats. Mais la répression est violente. Icarus est encore loin de tomber, d’autant qu’il semble encore plus fou qu’auparavant, et moins prompt à se laisser manipuler par les druides.
Dans le reste du pays, les groupes épars de templiers ennemis comprennent progressivement qu’ils doivent se ranger sous la bannière d’un Karic, toujours agonisant mais devenu symbole de liberté. Les quelques prêtres du blé non corrompus l’aideront aussi dans sa lutte ésotérique, au prix de leur vie, alors que, dans les villages, l’armée des rats applique une poigne de fer pour éliminer tout velléité de révolte.
Si le corps de Karic est souffrant, son nom est puissant. Il répand l'espoir comme une trainée de poudre.

Quand à Pilot, le traitre, il joue toujours un jeu trouble et meurtrier. Impossible de savoir pour le moment s’il vise ses propres desseins obscurs ou s’il poursuit en solitaire de plus grands objectifs, inscrits dans la quête de Karic.

C’est de la très grande aventure qui se donne à voir ici, de l’étoffe dont on fait les chansons de geste. Le dessin sert maintenant à merveille l’histoire. Dynamique, expressif, il offre de grandes planches (parfois pleine page) où les combats explosent. On lutte, on frappe, on saigne, on meurt, d’une manière très graphique qui ne laisse aucune violence dans l’ombre. C’est passionnant, intrigant, émouvant. C’est un très bel album de fantasy épique que découvre le lecteur de ce "Midwinter Night’s Dream".

The Mice Templar, vol 3, A Midwinter Night’s Dream, Glass, Oeming, Santos, Gandini

Commentaires

Xapur a dit…
Hum, faut que je regarde ça, alors...
Gromovar a dit…
C'est une bonne idée je crois :)