Cauchon - Dorison - Delahaye - Parnotte

Le 23 mai 1430, après un an de campagne militaire victorieuse, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, lors d’une sortie hasardeuse au siège de Compiègne. Vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10000 livres tournois, elle est conduite à Rouen afin d’y être jugée pour hérésie, entre autres chefs d’accusation dont le très scandaleux « port d’habits d’homme ». C’est l’évêque Pierre Cauchon qui a négocié cet achat pour le compte des Anglais, contre l’Inquisition qui voulait la juger elle-même. C’est Pierre Cauchon aussi qui présidera son procès, à Rouen, entre février et mai 1431 ; il s’agira, lors de ces audiences, de démontrer que l’inspiration de celle qu’on nommait « La pucelle » ne venait pas de Dieu et des saints mais bien plutôt du diable. C’est cette histoire que racontent Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte dans l’imposant album Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc . A la lecture du mag...

Histoire zéro, hélas


Dans le recueil "Utopiales 2013", édité par ActuSF, il y a 14 nouvelles, toutes écrites par des auteurs présents aux Utopiales (sauf Gibson, empêché au dernier moment par un problème de santé). Elle peut donc constituer pour l’acheteur un souvenir du festival ainsi qu’un support bienvenu à la recherche d’autographes. L’objet est finement pensé et rencontre en conséquence un succès mérité.
Mais le recueil Utopiales n’est pas qu’un objet, c’est aussi une collection de textes. Qu’en est-il donc de ceux-ci ? De qualités inégales, c’est l’inévitable loi du genre. Quelques textes se détachent néanmoins. Parlons-en ici :

Les fleurs de ma mère, d’Andréas Eschbach, est ce qu’on nommera un joli texte. Où un enfant handicapé mental ne parvient pas à comprendre qu’il n’est pas responsable de la catastrophe qui frappe le monde. Emouvant.

Le Trois futurs de Ian McDonald est, comme son nom l’indique, un assemblage de trois textes, dont l’un déjà chroniqué. Restent deux textes dans lesquels la technique porte l’espoir du progrès politique. D’abord un micro texte parfaitement explicite, puis une réinvention futée des printemps arabes dans laquelle le rôle des média sociaux est encore plus grand qu’il ne le fut dans la réalité (il y a un air de Little Brother dans ce texte que Cory Doctorow ne renierait pas). Déclinaisons intelligentes sur ses thèmes de prédilection, Ian McDonald y déploie la finesse dont il est capable.

La femme aux abeilles, de Thomas Day, est le seul texte de fantasy. Dur, âpre, violent, il est l’équivalent littéraire d’un bon western spaghetti. Son déroulement inattendu lui confère une originalité de bon aloi. Quoique… Pour qui connaît l’œuvre de Thomas Day…

Les autres textes sont d’intérêts variables. Juste trois remarques :

Je ne sais pas quoi penser du Vert dur, de Stéphane Beauverger, au background malin mais dont je pense qu’il pâtit du format court et promet de ce fait plus qu’il n’offre. Stéphane, si tu veux en faire un roman, n’hésite pas ! Il y aura de quoi raconter.

Le Nimbus de Peter Watts est vraiment trop abracadabrant, et c’est dommage. Il aurait mis des géants des tempêtes dans ses nuages, ça aurait fait une histoire mythologique très correcte.

Enfin, William Gibson, a écrit bien mieux, et souvent, que ce Dougal désincarné particulièrement décevant.

Commentaires

Tigger Lilly a dit…
J'ai bien aimé Dougal désincarné pour ma part. Sans plus pour la femme aux abeilles. Les fleurs de ma mère et Trois futurs sortent clairement du lot.
Gromovar a dit…
Les avis divergent toujours beaucoup sur les nouvelles.
Le format j'imagine.