Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Abattre le roi fou


Victime de la faiblesse des ventes, "Le dernier des templiers" n’a jamais dépassé en France le volume 1. Et c’est bien dommage. Car "The Mice Templar" est une belle série de fantasy, primée du Harvey Award en 2009 et 2010 dans diverses catégories, qu’il faut donc se procurer en VO pour espérer en voir la fin.

Monde de la nuit. Un peuple de souris anthropomorphes vit dans un monde médiéval fantastique. Secondé par une armée de rats et de belettes, le roi Icarus y règne en tyran, un tyran qui veut devenir immortel ; ses troupes de soudards raident les villages de paysans où elles font régner la terreur, tuant et réduisant en esclavage les bien impuissantes souris. Il y eut bien, dans ce monde, avant, un ordre de templiers, protecteurs du peuple, mais celui-ci a disparu dans une guerre intestine qui tua la plupart de ses membres et força les autres à l’exil ou à la dissimulation.

Karic, jeune souris rurale fascinée par les légendes concernant les templiers et leur fondateur mythique Kuhl-En, assiste au sac de son village par une troupe de rats. Parvenant à fuir après avoir sauvé les membres de sa famille, il est pris en charge par un ancien templier, Pilot, qui lui affirme qu’il est l’élu annoncé par une prophétie. Commence alors pour Karic une aventure longue, lointaine, dangereuse et riche en rebondissement, qui doit le mener à restaurer les équilibres rompus avant que le roi Icarus, dans sa sinistre capitale, ait franchi toutes les étapes qui doivent le conduire à l’immortalité et à un pouvoir absolu.

Avec "The Mice Templar", Bryan Glass réécrit les mythes classiques de la fantasy. Cosmogonie conflictuelle, dieux détournés des hommes, ordre de chevaliers brisé de l’intérieur et condamné à l’ombre, tyran cruel et corrompu, créatures monstrueuses, prophétie, relation maitre/disciple, apprentissage simultané de l’art de la guerre et de l’éthique du chevalier, passage à l’âge adulte, trahisons, dissimulations, brutalités, Glass n’oublie rien.
Il y a dans "The Mice Templar" un peu du Seigneur des Anneaux, un peu du Hobbit (forêt maudite, roi gobelin, etc.), un peu de Star Wars, mais plus largement il y a l’essence de la fantasy dans sa version la plus classique de la Belgariade à la Roue du Temps. Tout ceci se déroule dans un contexte principalement celtique, même si de nombreuses mythologies sont convoquées, malaxées, mixées, régurgitées par l’auteur, dans une réinvention qui lui est propre.

Le dessin n’est pas la qualité première de la série – mais j’ai cru comprendre que le dessinateur change à partir du volume 2.2. Les traits sont minimaux, ce qui pose certains problèmes d’identification des personnages (tous murins je le rappelle). Mais la mise en page est très dynamique, donnant l’impression d’un montage cut parfaitement adapté à la frénésie de ce qui se déroule. Et, collant à l'histoire, les dessins montrent abondamment la dureté de la guerre. Têtes et membres volent sous les coups d'épées ; on ne sort des combats que vainqueurs ou morts.

Je n’en dis pas plus car il y a tant de faux-semblants dans la série que je ne veux pas spoiler en démasquant ici les menteurs, les lâches, ou les traitres. Il faudra lire, et je vais pour cela me procurer la suite rapidement.

The Mice Templar, Le dernier des templiers, vol 1 et 2.1, Glass, Oeming, Santos

Commentaires

Escrocgriffe a dit…
C’est original ! Dommage que ça ne soit qu’en vo (désolé, j’ai l’impression de me répéter dans les commentaires, il faudrait peut-être que je commence à lire en anglais, ne serait-ce que pour découvrir "The clockwork rocket", soupir…).
Gromovar a dit…
Faut motiver les français à acheter plus de SF aussi.