Les Frères Rubinstein 7 - Pour Klara - Brunscwhig - Le Roux

Voici qu’est arrivé Pour Klara , le tome 7 de la série des Frères Rubinstein (et que, contrairement à ce que je croyais, il ne conclura pas la série) . L’album suit, comme toujours depuis six ans , les destins croisés des frères Rubinstein, Moïse et Salomon. Nés dans le Nord de la France, au sein d’une famille modeste, les deux garçons connurent dès leur jeunesse les affres d’un antisémitisme qui, à l’époque, était vu comme presque acceptable tant il était banal. Deux frères dont les vies sont emportées par les courants d’un temps mauvais contre lesquels ils n’auront cessé de lutter. Deux frères vite séparés, projetés dans des destins si divergents, mais si semblables aussi, tant ils portent conjointement le poids d’un antisémitisme qui, après avoir couvé à bas bruit pendant les premières décennies du vingtième siècle, s’embrase et détruit tout sur son passage, tel un maléfique feu grégeois (On attribue à Hitler cette harangue : « Oui, nous sommes des barbares, et nous voulons être de...

Back in Red Hook


"The Courtyard" est un court comics d’Alan Moore (qu’on ne présente plus), dessiné par Jacen Burrows, responsable entre autres du graphisme des Transmetropolitan ou encore du très gore et trash Crossed (là, avec Garth Ennis à la plume).

Très référencé, "The Courtyard" raconte l’histoire d’un agent fédéral infiltré qui enquête sur une série de quinze meurtres atroces et en partie inexpliqués. La narration, simple et linéaire (sans doute trop, c'est sa faiblesse), permet à Moore de rendre un hommage appuyé au maître de Providence, en citant extensivement des noms de personnages et de lieux lovecraftiens.

Mais surtout, Moore parvient ici à rendre, dans les pensées de son personnage principal, la misanthropie et le pessimisme radical de Lovecraft. Son récit est noir, asexué, désespérément cynique ; il se termine, bien sûr, tragiquement. C’est en cela que "The Courtyard" est juste, bien plus que dans la reprise des noms de Charles Dexter Ward, d’Ulthar, ou d’Erich Zann, entre autres.

Signalons enfin, et c’est je pense encore plus significatif, que Moore situe l’action dans les taudis de Red Hook, quartier pauvre de New York qui écœura le HPL W.A.S.P. et lui inspira certaines de ses lettres les plus controversées, mais aussi l’une de ses plus célèbres nouvelles « The Horror at Red Hook » (Robert Suydam, l’un des protagonistes du texte, est d’ailleurs cité dans le comics).

On sait que ce genre de choses (Lovecraft raciste and so on) m’indiffère. Si tu peux aussi le supporter, lecteur, lis The Horror at Red Hook, au moins tu sauras de quoi ça parle.

The Courtyard, Moore, Borrows

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