Imago - Octavia Butler

Cent ans après l’irruption des Oankalis dans le destin de l’espèce humaine , Jodhas est un enfant hybride de Lilith, l’héroïne de la saga. Enfant certes, mais il vient d’atteindre l’âge de la métamorphose qui fera de lui un adulte capable d’utiliser tous ses pouvoirs et de se reproduire. Problème : pour la première fois depuis qu’existent sur Terre ces hybrides qui abritent dans leur corps gênes humains et gênes oankalis, la métamorphose de Jodhas, destinée à le faire passer à l’état d’adulte, fera de lui un Ooloi, membre du troisième sexe Oankali et pilier de leur société. Et tu t’en souviens, lecteur, ces Oolois sont des génies génétiques capables de toutes les recombinaisons dans les organismes qu’ils touchent. Ils sont donc tout à la fois les intermédiaires entre les Oankalis et le monde vivant, les porteurs éternels de la mémoire millénaire de toutes les espèces vivantes rencontrées, et les intermédiaires obligés de la reproduction. Problème 2 : Jodhas sera le premier Ooloi issu d

Back in Red Hook


"The Courtyard" est un court comics d’Alan Moore (qu’on ne présente plus), dessiné par Jacen Burrows, responsable entre autres du graphisme des Transmetropolitan ou encore du très gore et trash Crossed (là, avec Garth Ennis à la plume).

Très référencé, "The Courtyard" raconte l’histoire d’un agent fédéral infiltré qui enquête sur une série de quinze meurtres atroces et en partie inexpliqués. La narration, simple et linéaire (sans doute trop, c'est sa faiblesse), permet à Moore de rendre un hommage appuyé au maître de Providence, en citant extensivement des noms de personnages et de lieux lovecraftiens.

Mais surtout, Moore parvient ici à rendre, dans les pensées de son personnage principal, la misanthropie et le pessimisme radical de Lovecraft. Son récit est noir, asexué, désespérément cynique ; il se termine, bien sûr, tragiquement. C’est en cela que "The Courtyard" est juste, bien plus que dans la reprise des noms de Charles Dexter Ward, d’Ulthar, ou d’Erich Zann, entre autres.

Signalons enfin, et c’est je pense encore plus significatif, que Moore situe l’action dans les taudis de Red Hook, quartier pauvre de New York qui écœura le HPL W.A.S.P. et lui inspira certaines de ses lettres les plus controversées, mais aussi l’une de ses plus célèbres nouvelles « The Horror at Red Hook » (Robert Suydam, l’un des protagonistes du texte, est d’ailleurs cité dans le comics).

On sait que ce genre de choses (Lovecraft raciste and so on) m’indiffère. Si tu peux aussi le supporter, lecteur, lis The Horror at Red Hook, au moins tu sauras de quoi ça parle.

The Courtyard, Moore, Borrows

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