Hitler peignait des roses - Harlan Ellison - Retour de Bifrost 117

Hitler peignait des roses est l'un des quatre recueils de Harlan Ellison parus en français aux Humanoïdes Associés à la fin des années 70. Y sont rassemblés quinze nouvelles précédées d'une introduction de l'auteur lui-même. Dans celle-ci, intitulée Enfin révélé ce qui a tué les dinosaures ! Et ça n'a pas l'air d'aller très fort pour vous non plus , Ellison développe longuement, sur un ton amusant et agressif et disons même amusant car agressif, la consternation que lui inspire la pratique excessive de la télévision par ses contemporains. Dans des termes qui évoqueront aux lecteurs d'aujourd'hui ce qui s'écrit sur les réseaux sociaux, Ellison accable un média hypnotique et abrutissant responsable selon lui d'une vive dégradation de la capacité à distinguer entre réalité et illusion. Une inquiétude visionnaire, validée par l'ère de post-vérité dans laquelle nous vivons dorénavant ; que n'avons-nous écouté Ellison ! Pour lui, c'est dan...

Back in Red Hook


"The Courtyard" est un court comics d’Alan Moore (qu’on ne présente plus), dessiné par Jacen Burrows, responsable entre autres du graphisme des Transmetropolitan ou encore du très gore et trash Crossed (là, avec Garth Ennis à la plume).

Très référencé, "The Courtyard" raconte l’histoire d’un agent fédéral infiltré qui enquête sur une série de quinze meurtres atroces et en partie inexpliqués. La narration, simple et linéaire (sans doute trop, c'est sa faiblesse), permet à Moore de rendre un hommage appuyé au maître de Providence, en citant extensivement des noms de personnages et de lieux lovecraftiens.

Mais surtout, Moore parvient ici à rendre, dans les pensées de son personnage principal, la misanthropie et le pessimisme radical de Lovecraft. Son récit est noir, asexué, désespérément cynique ; il se termine, bien sûr, tragiquement. C’est en cela que "The Courtyard" est juste, bien plus que dans la reprise des noms de Charles Dexter Ward, d’Ulthar, ou d’Erich Zann, entre autres.

Signalons enfin, et c’est je pense encore plus significatif, que Moore situe l’action dans les taudis de Red Hook, quartier pauvre de New York qui écœura le HPL W.A.S.P. et lui inspira certaines de ses lettres les plus controversées, mais aussi l’une de ses plus célèbres nouvelles « The Horror at Red Hook » (Robert Suydam, l’un des protagonistes du texte, est d’ailleurs cité dans le comics).

On sait que ce genre de choses (Lovecraft raciste and so on) m’indiffère. Si tu peux aussi le supporter, lecteur, lis The Horror at Red Hook, au moins tu sauras de quoi ça parle.

The Courtyard, Moore, Borrows

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