Ce qui réveille les morts - T. Kingfisher

Ce qui réveille les morts est un roman court de T. Kingfisher, l'autrice remarquable de Nettle and Bone . Il est aussi brillant que son devancier, peut-être même plus. A toi de voir, lecteur. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 124, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Lorsqu’Alex Easton, arme lige à la retraite, apprend que son amie d’enfance Madeline Usher est mourante, ka se précipite vers la demeure ancestrale des Usher, perdue dans la campagne reculée de Ruravia. Sur place, Alex découvre un véritable cauchemar : des excroissances fongiques envahissent les environs, la faune est possédée et un sombre étang pulse d’une vie inquiétante. La nuit, Madeline erre dans son sommeil et parle d’une voix qui n’est pas la sienne, tandis que son frère Roderick dépérit, rongé par un mystérieux mal. Avec l’aide d’une brill...

Vers la Kaaba


Voici le tome 2 de l’adaptation BD de la vie du Capitaine Sir Richard Francis Burton, intitulé "Le voyage à la Mecque". Je renvoie le lecteur à ma chronique du premier volume pour des éléments sur la biographie du grand explorateur ; l’épisode narré ici fait suite à la recherche des sources du Nil.

Rentré à Londres et trahi par son collègue et ami John Speke (lui-même poussé par le journaliste polémiste Laurence Oliphant), Burton doit défendre son honneur devant la Société royale de Géographie et prouver qu’il est bien celui qui a découvert les légendaires sources, contrairement aux dires du duo Speke – Oliphant. La confrontation entre les deux hommes n’aura jamais lieu ; Speke se suicide, l’annonce en est faite juste avant le débat. Face à une assemblée dont une bonne partie lui était déjà hostile et dont une autre le devient au vu des évènements, Burton réagit en défendant son travail et sa probité, non seulement à propos des sources du Nil mais également en ce qui concerne son voyage à la Mecque, qu’il raconte donc ici.

Déguisé en musulman, poussant le perfectionnisme jusqu’à se circoncire, Burton fut l’un des tous premiers occidentaux non musulmans à se rendre à la Mecque, intrusion qui aurait pu lui coûter la vie s’il avait été découvert. Partant en compagnie de nombreux autres candidats au Hajj, il connaîtra voyage en bateau surchargé, caravane de pèlerins traversant une terre aride, bandits du désert pillards et assassins, exploiteurs vendant à prix prohibitifs l’eau ou les chameaux. Démasqué par l’un de ses compagnons de route, il l’abattra pour sauver son secret et sa vie. Il atteindra enfin la Mecque où il réalisera, comme lors de ses étapes précédentes (Médine, etc.), cartes, dessins, et prise de coordonnées géographiques. Courage, ruse, intelligence, force, Burton parviendra à rentrer en Angleterre et à y ramener le riche fruit de ses pérégrinations.

L’album est aussi documenté que son prédécesseur. Il comprend aussi un dossier historique à la fin de l’ouvrage. Le scénario est un peu moins prenant que celui du premier tome car Burton est seul dans cette expédition, ce qui fait que les moteurs de la rivalité entre lui et Speke et de la complicité entre lui et Sidi Bombay sont absents.

La déception concerne les dessins. Changement de dessinateur, donc changement de style. Les personnages sont laids, les décors trop souvent étiques. Je pense que, pour partager quelques moments de la vie palpitante de Burton, il est raisonnable de supporter la vue de ces vilaines figures, mais je comprendrai qu’on ne veuille pas s’y astreindre.

Captain Sir Richard Francis Burton, t2, Le voyage à la Mecque, Clot, Nikolavitch, Marty

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