Gromovar, coach lecture de l'été

L’été approche (je sais, ce n’est pas évident à l’œil nu) . Que lire cet été quand tu auras un peu plus de temps que d’habitude, lecteur ? Tu as plus de temps, c’est le moment alors de lire ce  Guerre et Paix que tu gardes toujours pour quand tu seras moins pris. Dans le cas improbable où tu aurais déjà lu Guerre et Paix , je peux te donner quelques conseils de secours, quelques lectures d’urgence pour tenir le temps d’aller à la bibliothèque chercher l’ Ulysse de James Joyce. First things first , si tu n’as que peu de temps et veux lire une bien belle histoire SF, une de celles avec lesquelles, normalement, on entre en SF comme en religion pour ne plus jamais en sortir, je te conseille La Marche funèbre des marionnettes d’Adam-Troy Castro. Tu as peut-être un peu plus de temps. Penche-toi alors sur Délivrez-nous du bien , un révoltant thriller de Joan Samson qui enflammera ton sens de l’injustice. Assez court encore mais plus propice à assombrir un été qui s’annonce radieux entre tr

The Weird anthology (note 10)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Portal, de J. Robert Lennon, est une nouvelle caustique, enlevée, très agréable à lire, et moins légère qu’il n’y paraît.

Un monde qui ressemble au notre, si ce n’est que la magie y paraît normale. Une maison à l’américaine dans laquelle aménage une famille à la Happy Days. Les enfants découvrent un téléporteur au fond du jardin, dans la végétation.

Ajoutant un portail magique à une maisonnée qui fut heureuse avant de ressembler à celle d’American Beauty, Lennon l’utilise comme métaphore de la magie qui existe dans une famille. Lieu de rassemblement, d’activités communes, le portail permet à ses propriétaires (père, mère, deux enfants) de partager des expériences excitantes et de prendre du plaisir ensemble. Mais le portail, bancal dès le début, devient de plus en plus dysfonctionnel et procure des expériences communes qui deviennent vraiment déplaisantes. Il sera dès lors, moins utilisé, parfois aussi de manière solitaire, et deviendra source de discorde quand les désirs des uns façonneront les voyages des autres.

La magie du portail finit par mourir, et Jerry, le narrateur, comprend alors qu’il a perdu, conjointement à la magie du portail, celle qui irriguait sa famille.

Le ver était dans le fruit dès l’origine, mais il fallut du temps pour le réaliser.

Portal, J. Robert Lennon

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