La Grande Guerre de Charlie - Mills - Colquhoun

Charley's War – " La Grande Guerre de Charlie " – est une BD de Pat Mills dessinée par Joe Colquhoun et publiée sous forme de courts strips de trois puis quatre pages dans la revue Battle Picture Weekly entre 1979 et 1988. Le label français Delirium en a publié une intégrale en dix volumes ; pour fêter ses dix ans d'existence il sort aujourd’hui une ouvrage de belle taille contenant l'intégralité des épisodes consacrés à la Bataille de la Somme assortis d'interviews des auteurs et de reproductions de certaines couvertures. Il fallait bien que je m'y plonge. Décidé à montrer les horreurs et la cruauté sans nom d'une Grande Guerre dont on pensait bêtement qu'elle serait la Der des Ders, Mills le fait à travers le personnage de Charlie, un jeune Anglais de 16 ans guère futé mais très patriote qui s'engagea en mentant sur son âge quand on lui dit que son roi avait besoin de lui. Arrivé en France au milieu des  Pals Batallion , Charlie se retrouve

The Weird anthology (note 10)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Portal, de J. Robert Lennon, est une nouvelle caustique, enlevée, très agréable à lire, et moins légère qu’il n’y paraît.

Un monde qui ressemble au notre, si ce n’est que la magie y paraît normale. Une maison à l’américaine dans laquelle aménage une famille à la Happy Days. Les enfants découvrent un téléporteur au fond du jardin, dans la végétation.

Ajoutant un portail magique à une maisonnée qui fut heureuse avant de ressembler à celle d’American Beauty, Lennon l’utilise comme métaphore de la magie qui existe dans une famille. Lieu de rassemblement, d’activités communes, le portail permet à ses propriétaires (père, mère, deux enfants) de partager des expériences excitantes et de prendre du plaisir ensemble. Mais le portail, bancal dès le début, devient de plus en plus dysfonctionnel et procure des expériences communes qui deviennent vraiment déplaisantes. Il sera dès lors, moins utilisé, parfois aussi de manière solitaire, et deviendra source de discorde quand les désirs des uns façonneront les voyages des autres.

La magie du portail finit par mourir, et Jerry, le narrateur, comprend alors qu’il a perdu, conjointement à la magie du portail, celle qui irriguait sa famille.

Le ver était dans le fruit dès l’origine, mais il fallut du temps pour le réaliser.

Portal, J. Robert Lennon

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