The Old Axolotl - Jacek Dukaj

Futur proche. Pour commencer. La Terre a été balayée par une vague de neutrons d'origine inconnue qui a éliminé toute vie biologique. Ne reste de la seule oasis de vie connue dans l'univers qu'une boule inerte, stérilisée comme un intestin après un traitement antibiotique surdosé. Difficile alors d'y placer une histoire, sauf à savoir rendre romanesque le mouvement des plaques tectoniques. Une histoire est néanmoins possible dans le court roman The Old Axolotl , de l'auteur polonais Jacek Dukaj, nominé pour le Janusz A. Zajdel Award 2016 . Car, dans le monde imaginé par Dukaj, alors que la vague neutronique passait de méridien en méridien, quelques poignées d'humains (aucun Asiatique, premiers touchés et premiers morts avant même de comprendre ce qui se passait) ont réussi à s'uploader en catastrophe à l'intérieur de divers serveurs informatique en utilisant des versions (bien ou mal) patchées d'un jeu online censé utiliser des bots modelés à parti

The Weird anthology (note 10)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Portal, de J. Robert Lennon, est une nouvelle caustique, enlevée, très agréable à lire, et moins légère qu’il n’y paraît.

Un monde qui ressemble au notre, si ce n’est que la magie y paraît normale. Une maison à l’américaine dans laquelle aménage une famille à la Happy Days. Les enfants découvrent un téléporteur au fond du jardin, dans la végétation.

Ajoutant un portail magique à une maisonnée qui fut heureuse avant de ressembler à celle d’American Beauty, Lennon l’utilise comme métaphore de la magie qui existe dans une famille. Lieu de rassemblement, d’activités communes, le portail permet à ses propriétaires (père, mère, deux enfants) de partager des expériences excitantes et de prendre du plaisir ensemble. Mais le portail, bancal dès le début, devient de plus en plus dysfonctionnel et procure des expériences communes qui deviennent vraiment déplaisantes. Il sera dès lors, moins utilisé, parfois aussi de manière solitaire, et deviendra source de discorde quand les désirs des uns façonneront les voyages des autres.

La magie du portail finit par mourir, et Jerry, le narrateur, comprend alors qu’il a perdu, conjointement à la magie du portail, celle qui irriguait sa famille.

Le ver était dans le fruit dès l’origine, mais il fallut du temps pour le réaliser.

Portal, J. Robert Lennon

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