Sept Vues sur les gorges d'Olduvaï - Mike Resnick

Les gorges d’Olduvaï en Tanzanie sont l’un des plus importants complexes préhistoriques du monde. Elles sont situées dans la vallée du Grand Rift , un lieu longtemps présenté comme le berceau de l’espèce humaine, celui où une petite bande de primates primitifs aurait mutée sous la pression des changements climatiques et environnementaux induits par la formation de la faille. A l’ouest du Rift, dans un environnement resté humide et arboricole, les primates primitifs auraient évolués en gorilles, chimpanzés et bonobos, alors qu’à l’est, sur une terre transformée en savane sèche, les premiers hominidés, mieux adaptés du fait de leur bipédie, auraient prospéré. Ils seraient donc nos très lointain ancêtres, premiers chaînons d’un modèle monocentrique qui résonne fort avec le darwinisme. Sept vues sur les gorges d'Olduvaï est une novella de Mike Resnick. Multiprimée (Hugo 95, Nebula 95, SF Chronicle 95, Premio Ignitus 96, Ozone 99) , la nouvelle est originale en ceci qu’elle présente u...

The Weird anthology (note 10)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Portal, de J. Robert Lennon, est une nouvelle caustique, enlevée, très agréable à lire, et moins légère qu’il n’y paraît.

Un monde qui ressemble au notre, si ce n’est que la magie y paraît normale. Une maison à l’américaine dans laquelle aménage une famille à la Happy Days. Les enfants découvrent un téléporteur au fond du jardin, dans la végétation.

Ajoutant un portail magique à une maisonnée qui fut heureuse avant de ressembler à celle d’American Beauty, Lennon l’utilise comme métaphore de la magie qui existe dans une famille. Lieu de rassemblement, d’activités communes, le portail permet à ses propriétaires (père, mère, deux enfants) de partager des expériences excitantes et de prendre du plaisir ensemble. Mais le portail, bancal dès le début, devient de plus en plus dysfonctionnel et procure des expériences communes qui deviennent vraiment déplaisantes. Il sera dès lors, moins utilisé, parfois aussi de manière solitaire, et deviendra source de discorde quand les désirs des uns façonneront les voyages des autres.

La magie du portail finit par mourir, et Jerry, le narrateur, comprend alors qu’il a perdu, conjointement à la magie du portail, celle qui irriguait sa famille.

Le ver était dans le fruit dès l’origine, mais il fallut du temps pour le réaliser.

Portal, J. Robert Lennon

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