Mickey7 - Edward Ashton - Retour de Bifrost 119

Mickey7 est le roman SF de Edward Ashton qui a inspiré le film Mickey17 de Bong Joon-ho. Il raconte l'histoire de Mickey Barnes et de ses clones successifs lors d'une mission de colonisation sans retour de la planète Niflheim. Clones successifs car Mickey Barnes est un Consommable, volontaire pour effectuer les missions suicides exigées par les imprévus de la colonisation. Un drôle de job certes, mais un job rendu possible par la certitude qu'après sa(ses) mort(s) presque certaine(s) il sera reconstitué, souvenirs intacts ou presque, à partir du stock de protéines de la colonie ; et s'il a demandé ce misérable emploi c'est qu'il doit fuir d’urgence son monde d'origine à cause d'une énorme dette impayée. Outre le caractère douloureux et un peu dégradant de la fonction, Mickey a de nombreux autres problèmes : d'abord la planète Niflheim se révèle bien moins hospitalière que prévu, ensuite la mission comprend un pourcentage non négligeable de « natali...

Revue de BD (Fail/Win)

Revue de BD conséquente aujourd’hui. La qualité n’est malheureusement pas à la hauteur de la quantité.
Commençons pas ce qui fâche !



"Le retour de Dorian Gray", tome 2 et final. Le tome 1 n’augurait rien de bon, le 2 confirme. Ce mélange improbable d’un Dorian Gray survivant avec l’Homme invisible de Wells, agrémenté d’une version délirante des révoltes de l’East End, et du destin d’une suffragette qui finira à la Freaks est toujours confus, parfois grotesque, et laidement dessiné, ce qui n’ajoute rien à un pot dejà décidément bien plein. A éviter !



Le Régulateur tome 5, "Cordélia". On retrouve ici les qualités d’écriture et de world building de Corbeyran, avec un tome qui en apprend beaucoup plus au lecteur sur les bouleversements climatiques, sociaux, et politiques, qui ont conduit à la société de la Régulation. Le dessin de Moreno et sa colorisation très riche sont toujours aussi beaux. Néanmoins, on referme le tome avec l’impression qu’ici Corbeyran a un peu tiré à la ligne, et c’est malheureusement une impression qu’on a de plus en plus souvent avec ce pourtant talentueux scénariste. Qui trop embrasse mal étreint.



L’Assassin Royal, tome 6, "Œil de Nuit". L’adaptation du roman de Robin Hobb se poursuit (nous sommes ici après la « mort » de Fitz, lorsqu’il doit réapprendre à être un homme). Elle est toujours aussi fidèle, et c’est un plaisir, pour un amateur du roman, de retrouver les personnages et l’intrigue du chef d’œuvre de Robin Hobb. Le dessin vaut…ce qu’il vaut. Jamais laid, il est d’une qualité que je qualifierais de très moyenne la plupart du temps. Qu’importe, le plaisir de l’histoire de Hobbs est là et titille la nostalgie du lecteur.

Arrive le bon, voire le très bon.



Notre Mère la Guerre, tome 4, "Requiem". La guerre est toujours montrée dans son atroce crudité. Les personnages, transformés par le conflit, n’en sortiront, quoi qu’il en soit, pas indemnes. Et l’enquête impossible du lieutenant Vialatte arrive à sa fin. Reprenant l’enquête au début, l’ex gendarme finit par découvrir la vérité, étonnante, sur le tueur en série des tranchées.

Usant de nombreux flashbacks, Kris creuse le mécanisme de loyauté étrange qui a conduit aux meurtres de femmes à l’arrière du front. Il déterre, au propre comme un figuré, les preuves qui expliquent ce qui s’et produit, entre fait de guerre, drame passionnel, et révolte sociale. Tout se tient, tout est cohérent, une vraie réussite d’histoire policière, et un plaidoyer de plus contre l’horreur d’une guerre qui détruisit les hommes dans leur corps mais aussi dans leur esprit tant elle mit en exergue l’injustice atroce vécue par des soldats utilisés comme chair à canon, et souvent oubliés par un arrière qui néanmoins chantait leurs louanges en toute occasion.

De la très belle ouvrage.



Tome 1 de la bio du Capitaine Sir Richard Francis Burton, intitulé "Vers les sources du Nil". Homme à la volonté de fer, personnage extraordinaire, Burton, aventurier, explorateur, guerrier, fort en gueule, polyglotte, fut le premier à approcher les mythiques sources du Nil, lors d’un expédition organisée par la Royal Geographic Society. Le scénario plonge le lecteur dans cette aventure incroyable, traversée à pied d’une bonne partie de l’Afrique de l’Est, au milieu des peuples hostiles et des trafiquants d’esclaves, entre guerriers locaux, maladie tropicales, « rois » brigands et racketteurs.

Les auteurs décrivent en détail les difficultés d’un tel voyage, et mettent parfaitement en évidence la rivalité entre les deux meneurs de l’expédition, Burton et Speke. L’irlandais Burton se fond dans la population locale, parle la langue des autochtones, connaît leur culture et sait donc comment se comporter, négocier, quand combattre et quand abandonner. L’anglais Speke, hautain et puéril, traverse l’Afrique avec le regard dédaigneux de bien des occidentaux à l’époque, y joue au chasseur, et provoque de nombreuses catastrophes dues autant à sa méconnaissance des cultures locales qu'à une confiance absurde dans des capacités qu’il surestime. Cerise sur le gâteau, Specke trahira Burton à la fin de l’aventure, détruisant à jamais leur « amitié ».

Très documenté (et disposant d’un dossier historique à la fin du volume), le tome est une belle leçon d’histoire doublée d’un récit d’aventure décoiffant. C'est un hommage réussi à ces explorateurs téméraires et un peu fous qui, au XIXème siècle, partirent aux quatre coins de la planète pour voir, cartographier, raconter. Exhaustif, les auteurs n’oublient pas d'illustrer longuement le rôle important joué par Sidi Bombay, peut-être le guide le plus brillant et le plus connu de l’époque, médaillé par la Royal Geographic Society après qu’il eut participé à de nombreuses expéditions (même s’il ne fut jamais invité en Angleterre, l’ouverture d’esprit avait ses limites).

Graphiquement, les dessins, à l’aquarelle, sont très beaux (la couverture donne le ton), ouvrant grand les perspectives des étendues immenses que visite l’expédition Burton, et donnant à voir caravanes, guerriers africains, et faune sauvage comme dans un numéro de L’illustration.

"Vers les sources du Nil", c’est la BD dans ce qu’elle a de meilleur (aidée, il est vrai, par un personnage hors du commun). Le tome 2 racontera la première aventure de Burton, sa visite de La Mecque, déguisé en bédouin, faite au péril de sa vie. J'attends avec impatience.

Le retour de Dorian Gray, t2, Noir animal, Betbeder, Vukic
Le Régulateur, t5, Cordelia, Corbeyran, Moreno
L'assassin royal, t6, Oeil de Nuit, Gaudin, Clerjeaud, Picaud
Notre Mère la Guerre, t4, Requiem, Kris, Maël
Captain Sir Richard Francis Burton, t1, Vers les sources du Nil, Clot, Nikolavitch, Dim-D

Commentaires

Guillmot a dit…
L'assassin royal me dit quelque chose, je crois avoir lu le tome 1.
Gromovar a dit…
J'aime toujours bien le concept d'adapter un roman en BD, surtout quand l'adaptation est fidèle.
Acr0 a dit…
Oh crotte, je pensais justement lire le diptyque de Dorian Gray. Si je persiste, je les emprunterai alors.
Ah je suis contente de lire de si bons échos par rapport à la BD en relation avec les livres de Hobb car là aussi j'avais envie de découvrir :)
Par contre, je ne suis pas sûre que les deux BD "très bonnes" m'attirent.
Gromovar a dit…
Ce ne sont que des indications. Suis ton idée.