La Migration annuelle des nuages - Premee Mohamed - Retour de Bifrost 118

Futur trop proche, à quatre générations de nous environ. Prédation, effondrement de la biodiversité, changement climatique et pandémies émergentes, le monde (le nôtre) s'est effondré, pas sur un boom mais sur un murmure. Bien des humains sont morts dans les années de tribulation qui ont signé l’effondrement. Quelques-uns restent néanmoins. D'abord dans les lointains dômes, où les plus riches se sont apparemment réfugiés et où subsisteraient les merveilles de l'Ancien Monde (Cf. Exodes , de Jean-Marc Ligny) . Ensuite, plus nombreux, dans les ruines des villes, non loin d’une nature endommagée redevenue sauvage et donc dangereuse. Reid vit avec sa mère au sein d'une communauté qui tente de survivre dans ce qu'il reste d'Edmonton, précisément dans le campus de la ville. La jeune femme, comme sa mère, est porteuse du Cadastrulamyces , abrégé cad, un champignon parasite (Cf. The Last of Us ) qui se transmet de parent à enfant et finit par tuer son hôte non sans l’a...

Hidden in plain sight


"Le scarabée d'or" est la magnifique adaptation BD d'une excellente nouvelle d'Edgar Poe. Delcourt Ex-Libris pour la collection (qui avait déjà fournie entre autre une vison graphique de La colonie pénitentiaire de Kafka), Corbeyran au scénario et Marcel aux crayons. Le duo qui avait fait merveille avec Le Malvoulant revient pour une nouvelle réussite.
L'adaptation fidèle du récit que livre Corbeyran fait la part belle au texte précieux du XIXème siècle ; c'est superbement narré, dans le style de l'époque, jamais surpassé depuis. L'histoire, inquiétante à souhait, mêle sans vergogne un scarabée mystérieux, sans doute magique, des pirates du bayou, un bourgeois déchu, un qui ne l'est pas, et un vieil esclave noir. La fortune, et le retour dans le monde qui l'accompagne, sera-t-elle au bout de l'aventure ? Il faudra lire pour le savoir. Comme dans "Double assassinat dans la Rue Morgue", Poe brouille les pistes et embrouille son lecteur, comme dans "La lettre volée", il cache ce qu'il veut dissimuler en pleine vue, non seulement du héros berné de la nouvelle, mais ici même du lecteur (heureux celui qui lira la BD sans avoir jamais lu la nouvelle). Il donne aussi un cours magistral de cryptographie, science intrigante entre toutes, qu'il fit connaitre au grand public, à l'époque, par l'entremise de cette nouvelle.
Le dessin de Marcel illustre parfaitement le récit. D'un réalisme déformé qui évoque le fantastique comme déformation subtile de la réalité, il met le lecteur dans l'émotion de l'histoire étrange racontée par le narrateur. Bayou brumeux, forêt inextricable, cartes et parchemins se donnent à voir dans leur étrangeté. Les couleurs (du même) apportent la touche manquante d'immersion, et on admire le halo des lanternes, la chaleur d'une pièce faiblement éclairée par un feu, la couleur glauque du marais, ou le brillant irrésistible de l'or.
Une belle réussite.
Le scarabée d'or, Corbeyran, Marcel

Commentaires

arutha a dit…
Les histoires extraordinaires de Poe sont un de mes souvenirs les plus forts de mes lectures de jeunesse (traduits par Baudelaire qui plus est) Cette BD m'intéresse.
Gromovar a dit…
Je te la conseille vivement.
Anonyme a dit…
Merci Gromovar pour cette fort sympathique chronique :))
Paul.
Anonyme a dit…
Bigre, je viens de voir que j'ai mis pour ainsi dire le même commentaire sur ta chronique du Malvoulant :))).
Peu importe, l'essentiel étant dit.
Amitiés.
Paul.
Gromovar a dit…
C'est toujours agréable d'avoir un retour. Ne te censure pas ;-)

Dans l'attente d'une nouvelle occasion d'écrire une nouvelle chronique. J'ai une vraie affection pour ton graphisme.
Anonyme a dit…
ça me va droit au coeur!
Au plaisir de te croiser, qui sait un jour ,sur un festi ou en librairie :)).
Paul.