Hyde Street t2 - Johns - Reis

Sortie du nouvel opus de la série Hyde Street , le comic EC-style de Johns et Reis publié chez Urban depuis quelques mois. Ce tome 2, intitulé Le Hachoir du passé , prolonge le récit entamé dans son prédécesseur , et permet de découvrir de nouveaux résidents de la démoniaque Hyde Street. Le lecteur a donc l’occasion d’approfondir sa connaissance du très dérangeant Pranky, mais aussi de rencontrer la voyante arnaqueuse Sœur Orité ou le chirurgien extrême Docteur Ego (avec ses deux assistantes) . Il fera surtout la connaissance du terrifiant Boucher de Hyde Street, que le Monstre mutique tenait enfermé depuis des décennies. Il en apprendra plus (plus encore s’il regarde attentivement les images) sur le mystérieux Compteur qui mène le jeu dans le purgatoire que constitue Hyde Street. Il croisera même une jeune Marilyn Monroe pleine de rêves et d’espérances. C’est toujours Mr X-Ray qui porte le récit, a fortiori ici quand sa fille – reniée et abandonnée dans une autre vie – tente d’entrer...

Ejaculation n'est pas orgasme


Petite nouvelle disponible seulement sur Amazon US de Margaret Atwood.
Elle y décrit une dystopie, qui me paraît difficilement viable d’un strict point de vue économique, dans laquelle une crise économique prolongée a conduit à régler les problèmes du chômage et de la surpopulation carcérale par l’organisation, dans des villes tests et sur la base du volontariat, d’une rotation mensuelle entre chômeurs et prisonniers, grosso modo. Les volontaires y vivent un mois dans un pavillon standardisé puis un mois à l’intérieur de la prison (dans les deux situations ils ont un emploi ou une activité), période durant laquelle ils sont remplacés dans la petite maison par leurs permutants sortis pour un mois de prison avant d'y retourner à leur tour. Il est impossible, théoriquement, et interdit de connaître ou de rencontrer ses permutants.
L’économie est totalement contrôlée, et les systèmes de surveillance et de contrôle social sont très développés. Il semble alors que les délinquants s’amendent progressivement au contact permanent des chômeurs non délinquants et que les ex-chômeurs trouvent avec un emploi une utilité sociale qui les sort de la pente glissante, car, comme chacun le sait bien, « Oisiveté est mère de tous les vices ». Pour les délinquants qui ne parviennent pas à abandonner leurs pratiques déviantes, reste la solution ultime de l’injection létale, précédée, « humanisme » oblige, par l’effet premier du cocktail chimique injecté : une sorte d’orgasme du siècle.
Dans ce nouveau Meilleur des mondes , c’est la frustration sexuelle et la jalousie qui gripperont (mais pas tant que ça) la belle machine totalitaire, comme dans "Brave New World", "1984", "Les monades urbaines", et j’en passe. Qui sont les permutants ? Quelle est leur vie ? Quelle est, surtout, leur sexualité ? Ces questions vont ronger un homme au point de l’amener à transgresser les normes, jusqu’à une conclusion surprenante sans être renversante.
On retrouve dans cette petite nouvelle, agréable à lire sans être indispensable, l’atmosphère inquiétante et paranoïaque de secret et de transmissions secrètes, ainsi que l’attention aux questions du sexe et de ses implications, qui existaient déjà par exemple dans La servante écarlate.
Un extrait du texte (pourquoi pensé-je à American Beauty ?) : « It's not that they don't have sex. It's not that she isn't willing ; but it's sex that she enacts, more or less like yoga, with careful breath control. What he wants is sex that can't be helped. He wants helplessness. »
I’m starved for you, Margaret Atwood

Commentaires

Efelle a dit…
Je passe et note de me méfier de cette auteur, le concept de base me laisse plus que dubitatif (et c'est un euphémisme).
N'est pas Orwell ou Huxley qui veut.
Céline a dit…
Ayant lu La servante écarlate de cette auteur (le meilleur roman de ce type qui me soit tombé entre les mains), je note ce titre !
Gromovar a dit…
Une amatrice de M Atwood appréciera sûrement cette nouvelle :)
arutha a dit…
Je rejoins totalement Efelle.