Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Ejaculation n'est pas orgasme


Petite nouvelle disponible seulement sur Amazon US de Margaret Atwood.
Elle y décrit une dystopie, qui me paraît difficilement viable d’un strict point de vue économique, dans laquelle une crise économique prolongée a conduit à régler les problèmes du chômage et de la surpopulation carcérale par l’organisation, dans des villes tests et sur la base du volontariat, d’une rotation mensuelle entre chômeurs et prisonniers, grosso modo. Les volontaires y vivent un mois dans un pavillon standardisé puis un mois à l’intérieur de la prison (dans les deux situations ils ont un emploi ou une activité), période durant laquelle ils sont remplacés dans la petite maison par leurs permutants sortis pour un mois de prison avant d'y retourner à leur tour. Il est impossible, théoriquement, et interdit de connaître ou de rencontrer ses permutants.
L’économie est totalement contrôlée, et les systèmes de surveillance et de contrôle social sont très développés. Il semble alors que les délinquants s’amendent progressivement au contact permanent des chômeurs non délinquants et que les ex-chômeurs trouvent avec un emploi une utilité sociale qui les sort de la pente glissante, car, comme chacun le sait bien, « Oisiveté est mère de tous les vices ». Pour les délinquants qui ne parviennent pas à abandonner leurs pratiques déviantes, reste la solution ultime de l’injection létale, précédée, « humanisme » oblige, par l’effet premier du cocktail chimique injecté : une sorte d’orgasme du siècle.
Dans ce nouveau Meilleur des mondes , c’est la frustration sexuelle et la jalousie qui gripperont (mais pas tant que ça) la belle machine totalitaire, comme dans "Brave New World", "1984", "Les monades urbaines", et j’en passe. Qui sont les permutants ? Quelle est leur vie ? Quelle est, surtout, leur sexualité ? Ces questions vont ronger un homme au point de l’amener à transgresser les normes, jusqu’à une conclusion surprenante sans être renversante.
On retrouve dans cette petite nouvelle, agréable à lire sans être indispensable, l’atmosphère inquiétante et paranoïaque de secret et de transmissions secrètes, ainsi que l’attention aux questions du sexe et de ses implications, qui existaient déjà par exemple dans La servante écarlate.
Un extrait du texte (pourquoi pensé-je à American Beauty ?) : « It's not that they don't have sex. It's not that she isn't willing ; but it's sex that she enacts, more or less like yoga, with careful breath control. What he wants is sex that can't be helped. He wants helplessness. »
I’m starved for you, Margaret Atwood

Commentaires

Efelle a dit…
Je passe et note de me méfier de cette auteur, le concept de base me laisse plus que dubitatif (et c'est un euphémisme).
N'est pas Orwell ou Huxley qui veut.
Céline a dit…
Ayant lu La servante écarlate de cette auteur (le meilleur roman de ce type qui me soit tombé entre les mains), je note ce titre !
Gromovar a dit…
Une amatrice de M Atwood appréciera sûrement cette nouvelle :)
arutha a dit…
Je rejoins totalement Efelle.