Membre fantôme - Brian Evenson - Retour de Bifrost 119

En 2003, Brian Evenson frappait un grand coup littéraire avec sa novella The Brotherhood of Mutilation . Six ans plus tard, il donnait de ce texte une version longue avec le roman Last Days (sorti en français sous le titre La Confrérie des mutilés) . On y suivait les traces de Kline, un détective amputé du bras à la suite d'une affaire qui avait mal tourné, engagé pour trouver le coupable du meurtre du fondateur d'une secte inconnue jusqu'alors : La Confrérie des mutilés. D'investigations en interrogatoires (soumis à des contraintes aussi absurdes qu'invincibles) , Kline finissait par découvrir l'identité du meurtrier. Surtout, il se trouvait contraint de plonger dans un univers délirant et fanatique, un monde dans lequel les croyants amputent volontairement des parties de leur corps – le plus de parties étant le mieux, signe de foi et donc d'influence supérieures. Le monde clos des mutilés est religieux, paranoïaque, violent, organisé suivant une logique a...

Mogwai


Petite nouvelle plaisante et finaude d'Ugo Bellagamba à télécharger sur le site du Bélial, "Chimères" est d'une lecture agréable tout en donnant (un peu) à réfléchir.
Trois générations de femmes, fortes et volontaires, éclairent pour le lecteur la terraformation progressive d'une planète hostile, et la domestication de ce qui était sauvage, dans une histoire de SF d'un commerce agréable. Bellagamba en profite pour livrer quelques pistes de réflexion sur la vie éprouvante de colons en milieu hostile (colonie perdue nous voici), le statut du vivant artificiel (ce problème nous l'aurons un jour), la mission prométhéenne de l'humanité (sur laquelle notre morgue a beaucoup diminué), l'aveuglement naïf des environnementalistes qui ne comprennent pas qu'il faut une conscience morale pour être tolérant et interculturel et que la Nature n'en a pas (les grizzlys ne sont pas de gentils Teddy Bears qui bougent), les bons et mauvais alibis de la recherche scientifique (tant il est rare d'avoir assez d'éthique pour séparer dans sa pratique le savant du politique, les valeurs de la finalité). Pour un si petit prix, je trouve que c'est vraiment pas mal, même s'il me semble que l'exécration finale envers les métas n'est pas expliquée de manière satisfaisante.
Chimères, Ugo Bellagamba

Commentaires

Lhisbei a dit…
les grizzlis seraient donc des bisounours en fait ?

(ok je suis déjà dehors)