An Eye for Property - Tanya Fordwalker

« Le jeu n’en vaut pas la chandelle… mais empêcher qu’elle s’éteigne » R. E. Howard Dans un futur proche, la société Splice of Life offre à tout client proche de la mort et décidé à payer une forte somme (le Passenger) du temps de vie supplémentaire dans le corps d’un jeune bien vivant (le Driver) , qui lui servira de corps d’emprunt un certain temps par semaine ou par jour ; une version hi-tech des cavales de Damballa. Une puce insérée dans le cerveau du Driver contient la personnalité scannée du Passenger. A des jours et heures contractuellement décidés, la personnalité du Passenger est activée puis prend le contrôle du corps de son Driver dont la conscience s’éteint dans l’intervalle. A la fin de la période contractuellement convenue, la conscience du Passenger se remet en sommeil et c’est le Driver qui revient aux commandes. Mais que se passerait-il si quelque chose buguait dans la puce ? An Eye For Property est une nouvelle de Tanya Fordwalker lisible sur le site React...

When two worlds collide


Nouvelle série réussie d'Alain Ayroles, à côté de De Cape et de Crocs, ou de l'album Sept missionnaires.

Dans l'oeuvre gothique appelée simplement "D", Ayroles déploie des qualités de scénariste qui en font toujours l'un des tous meilleurs en BD. Il y réinvente le mythe de Dracula, en y mêlant un personnage directement inspiré du larger than life Sir Richard Francis Burton, guerrier, aventurier, ethnographe, diplomate, entre autres, qui fut l'un des premiers occidentaux à visiter La Mecque, et le découvreur du lac Tanganyika.

Ayroles maitrise les codes des histoires qu'il raconte et il en joue comme un virtuose. Son "D" évoque de manière très vive l'ambiance du Dracula de Bram Stoker, jusque dans l'approche parfois épistolaire du récit. On y visite un Londres de la haute société, frivole et corseté dans les convenances victoriennes. On y voit un prédateur surgit du fond des âges agir presque librement au milieu de cette trop naïve population anglaise, gavée de modernité et qui a oublié qu'il fallait avoir peur de la nuit.On y sent parfaitement la tension sexuelle réprimée sous-jacente qui faisait la force du roman de Stoker, qu'on sentait aussi dans le film de Coppola, et qui est absente de tant de récits de vampires, même situés à la même époque. On y suit un capitaine Drake (Burton plus vrai que nature, y compris dans son amitié avec le poète Algernon Swinburne, renommé ici Allistair Swindley, et son inimitié réciproque avec l'explorateur Speke, nommé Stanford par Ayroles) amoureux, fort en gueule, bagarreur et d'un courage immense, s'y engager dans une lutte à mort contre le vampire qui veut lui ravir sa Dulcinée ; tout le contraire des Harker and co sur le plan de la personnalité. On y apprend aussi, par flashbacks narratifs, des détails utiles sur la vie de Drake/Burton ainsi que sur une race vampirique (la contrepartie de Van Helsing dans la BD n'étant encore qu'un débutant qui se documente) dont la Transylvanie n'a pas l'exclusivité. On y fait enfin une virée dans la lande du Yorkshire qui n'est pas sans rappeler celle du manoir des Baskerville, avec même en easter egg un hommage au Loup-garou de Londres de Landis.

Le dessin, souvent anguleux, correct sans être exceptionnel, colle à l'ambiance. Il est efficacement soutenu par une colorisation (je serais tenté de dire un éclairage) très joliment faite.

D t1 Lord Faureston, et t2 Lady D'Angerès, Ayroles, Maïorana, Leprévost

Commentaires

Efelle a dit…
Vois qui semble en effet très alléchant.
Gromovar a dit…
Quand je chronique de la BD je pense toujours à toi :)
Anonyme a dit…
Je suis alléché mais...

Cette série n'a-t-elle que deux tomes ou faut-il en attendre d'autres ?
Gromovar a dit…
Il y en aura d'autres.