L'infini vu d'avion - Philippe Cousin

L'infini vu d'avion  est un recueil de nouvelles de Philippe Cousin. Pas totalement SFFF, il est néanmoins agréable à lire dans sa forme de testament intellectuel et biographique. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le  Bifrost  n° 122, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : À leur manière, les personnages de Philippe Cousin tentent tous de forcer le destin, qui le leur rend bien en leur jouant un tour à sa façon. Il sera question dans L’infini vu d’avion de la redécouverte de Dieu par un instituteur agnostique, de l’amitié à vie d’un petit garçon pour un géant noir, du coup de foudre entre un veuf alcoolique et sa passagère clandestine, de la libido psychotique d’un adolescent fasciné par les Kennedy, de la course folle d’un boomerang égaré dans l’espace et le temps, de l’intelligence approximative d’un robot chinois à lacer et ...

Loin des yeux, loin du coeur

Si on achète la petite BD à l'italienne "Nankin" ce n'est pas pour le dessin. Traits fins et impersonnels, aplats de couleur, ombrage à l'encre de Chine, le graphisme de Nankin est oubliable.
Non, ce qui fait l'intérêt de cet album c'est l'histoire qu'il raconte. L'histoire du massacre de Nankin, perpétré par les Japonais entre 1937 et 1938. Une histoire peu connue en Occident, une histoire que des historiens japonais révisionnistes tentent régulièrement de remettre en cause.
En 1937, durant la guerre sino-japonaise, l'armée nationaliste chinoise est vaincue à Nankin. L'armée japonaise entre dans la ville, et pendant un mois environ, elle va se livrer à des exactions rarement observées ailleurs. Exécution de prisonniers de guerre en violation de toutes les conventions internationales, massacre de civils, destruction des cadavres par le feu, concours de décapitation, viols de masse (femmes de réconfort), et tant d'autres choses qu'il faudrait des pages pour les raconter. 300000 tués selon les estimations, et au moins 20000 violées, y compris de très jeunes filles. Nul ne put protéger la population de Nankin, malgré les tentatives de quelques occidentaux dont John Rabe, membre du parti nazi qui tenta d'utiliser l'alliance de son pays avec le Japon pour sauver le plus possible de chinois.
Ici, nous nous souvenons d'Oradour, qui prouve que les nazis étaient très méchants, de Coventry, qui montre qu'ils ne respectaient rien, de Dresde ou d'Hiroshima, qui prouvent que les alliés aussi ont été des salauds, et ça nous fait du bien d'en être sûrs, tant les occidentaux aiment s'auto flageller. Mais le massacre de Nankin est peu connu en Occident, d'abord parce que les Japonais c'est des amis, ensuite parce que les Chinois, ben, c'est des chinois. Voici l'occasion de réparer cette insultante erreur.
Nankin, Nicolas Meylaender, Zong Kai

Commentaires

Efelle a dit…
Mauméjean l'évoque bien dans Rosée de Feu.
Gromovar a dit…
Xavier Mauméjean est un homme instruit et sage :)