De boue et de bois - Olivier Caruso in Bifrost 122

Dans le Bifrost 122, il y a aussi  une nouvelle absolument stupéfiante d'Olivier Caruso. « La chercheuse, surprise, observe le spécimen dans la cave : il mange un porte-bouteille » . C'est sur cet incipit digne des premières phrases du Vieil homme et la guerre , de John Scalzi, que s'ouvre  De boue et de bois , un texte de 24 pages d'une richesse insigne. Epoque victorienne. Angleterre. La chercheuse vit seule avec une domestique dans sa grande maison de famille. Près d'elle, dissimulé, le « spécimen » . Il se nourrit de bois et dit bientôt ses premiers mots !!! Qu'est-il ? D'où vient-il ? Qui sont ces gens ? Quelle est l'histoire de cette femme et de cette famille ? Comment tout cela s'insère-t-il dans l'histoire britannique ? Et en quoi la transforme-t-il ? Ce sont quelques questions, il y en a d'autres dans cette riche nouvelle. On y croise, dans ce qui semblait être une histoire intime – et l'est assurément –, la théorie de l'évol...

Loin des yeux, loin du coeur

Si on achète la petite BD à l'italienne "Nankin" ce n'est pas pour le dessin. Traits fins et impersonnels, aplats de couleur, ombrage à l'encre de Chine, le graphisme de Nankin est oubliable.
Non, ce qui fait l'intérêt de cet album c'est l'histoire qu'il raconte. L'histoire du massacre de Nankin, perpétré par les Japonais entre 1937 et 1938. Une histoire peu connue en Occident, une histoire que des historiens japonais révisionnistes tentent régulièrement de remettre en cause.
En 1937, durant la guerre sino-japonaise, l'armée nationaliste chinoise est vaincue à Nankin. L'armée japonaise entre dans la ville, et pendant un mois environ, elle va se livrer à des exactions rarement observées ailleurs. Exécution de prisonniers de guerre en violation de toutes les conventions internationales, massacre de civils, destruction des cadavres par le feu, concours de décapitation, viols de masse (femmes de réconfort), et tant d'autres choses qu'il faudrait des pages pour les raconter. 300000 tués selon les estimations, et au moins 20000 violées, y compris de très jeunes filles. Nul ne put protéger la population de Nankin, malgré les tentatives de quelques occidentaux dont John Rabe, membre du parti nazi qui tenta d'utiliser l'alliance de son pays avec le Japon pour sauver le plus possible de chinois.
Ici, nous nous souvenons d'Oradour, qui prouve que les nazis étaient très méchants, de Coventry, qui montre qu'ils ne respectaient rien, de Dresde ou d'Hiroshima, qui prouvent que les alliés aussi ont été des salauds, et ça nous fait du bien d'en être sûrs, tant les occidentaux aiment s'auto flageller. Mais le massacre de Nankin est peu connu en Occident, d'abord parce que les Japonais c'est des amis, ensuite parce que les Chinois, ben, c'est des chinois. Voici l'occasion de réparer cette insultante erreur.
Nankin, Nicolas Meylaender, Zong Kai

Commentaires

Efelle a dit…
Mauméjean l'évoque bien dans Rosée de Feu.
Gromovar a dit…
Xavier Mauméjean est un homme instruit et sage :)