Alfie - Christopher Bouix

Alfie est le premier roman adultes de Christopher Bouix, et c'est une belle réussite. Drôle, intrigant, inquiétant parfois, Alfie  plonge son lecteur dans le quotidien d'une famille qui s'est placée volontairement sous le regard bienveillant d'une IA domotique. Mais trop de bienveillance tue la bienveillance, surtout quand l'IA commence à s'inquiéter de ce qui se passe. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 109, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Alfie est une lA de domotique dernière génération. Il filme tout, note tout, observe tout. Implanté depuis peu dans le foyer d’une famille moyenne, il aide au quotidien et propose sa gamme de service à haute valeur ajoutée tout en essayant de comprendre cette étrange espèce : les humains. Mais un soir, tout bascule. Que signifient ces mensonges, ce

La vérité était ailleurs

Tome 3 de la série "Notre mère la Guerre". Il est aussi réussi que les deux premiers, et prolonge les investigations sur la série de meurtres de femmes à l'arrière des tranchées. On a pu croire à l'issue du tome 2 qu'on savait qui étaient les assassins, il semble que c'était une fausse piste.
Au moment où commencent les mutineries de 17, Kris emmène le lecteur dans les premiers chars d'assaut, dans un hôpital militaire, dans un souterrain gazé. Il donne la parole à tous types d'acteurs de l'époque, et insiste sur le hiatus entre la vision romantique que beaucoup de soldats avaient de la guerre à ses débuts et la confrontation permanente à la réalité macabre et grotesque du front. Il met aussi en évidence la manière inhumaine et pleine de morgue avec laquelle les officiers traitent la troupe. On découvre aussi comment la République envoya au front des mineurs délinquants, dans une mascarade de réhabilitation dont aucun ne sortit vivant. On voit enfin un arrière qui n'imagine même pas les souffrances qu'endurent les hommes au front, et des poilus qui se sentent devenus parfaitement étrangers à tous ceux qui n'ont pas connu le feu. Le dessin de Maël illustre à merveille la confusion des sentiments et des situations.
PS : A noter un remerciement de Kris à mon vieil ami André Loez pour ses travaux au sein du Crid 14-18, celui-ci par exemple.
Notre mère la Guerre t3, Kris, Maël

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