Eight Billion Genies - Soule - Browne

Beaucoup de boulot de lecture en ce moment donc peu de temps de lecture (comprenne qui voudra) . Juste un mot donc pour signaler ce comic complet intitulé Eight Billion Genies . C'est rythmé, dynamique, agréable à lire, et ça incite (un peu) à réfléchir. La fin est juste un peu trop mellow à mon goût mais c'est une opinion ouverte à débat qui de surcroit ne change rien au fun/plaisir global ressenti à la lecture. Pour donner un peu de chair à cette chronique étique qui n'ira pas dans mon Top10, ci-dessous le pitch éditeur et, juste au bout d'un clic,  l'intéressante chronique cérébrale de Weirdaholic . Enjoy ! Huit milliards d'êtres humains peuplent la Terre. Puis soudainement, huit milliards de génies font leur apparition et proposent à chaque individu de réaliser le voeu de son choix. Entre ceux qui se précipitent, ceux qui souhaitent le pire et ceux qui vont soupeser leurs options, c'est tout l'équilibre de notre planète qui va être bouleversé en que

Panache blanc


Jusqu’à présent, quand on voulait des informations détaillées sur les supplices appliqués en France aux condamnés, on devait lire Surveiller et Punir de Foucault. Passionnant mais ardu. Maintenant, on peut lire "Récits cruels et sanglants" de Jean d’Aillon, qui joint l’utile à l’agréable d’une manière qu’on peut qualifier de très graphique.
"Récits cruels et sanglants" rassemble trois longues nouvelles prenant place dans la France des guerres de Religion, autour de 1585. Henri III, « le roi bougre », est contesté de partout, Henri IV, déjà roi de Navarre, tente d’asseoir sa légitimité d’héritier réformé face aux manœuvres d’Henri de Guise et de ses Ligueurs catholiques. Comme dans l’Angleterre d’Henri VIII, catholiques et protestants s’affrontent dans une lutte à mort pour la suprématie politique ; contrairement à ce qui se passe en Angleterre, les Guerres de Religion françaises sont de vraies et longues guerres avec batailles et faits d’armes. On sait comment l’histoire se terminera, avec la conversion d’Henri IV, son règne, mythifié par l’historiographie, puis son assassinat par François Ravaillac, après de nombreuses tentatives organisées par des ultras catholiques qui avaient trop lu Saint Thomas d’Aquin. On pourra d’ailleurs retourner à « Surveiller et Punir » pour savoir ce qu’il advint de Ravaillac, coupable du crime le plus atroce qui se puisse imaginer à l’époque.
Dans "Récits cruels et sanglants", Jean d’Aillon, après ses écrits médiévaux, décrit une période charnière où la Renaissance n’a pas encore mis le Moyen-Age sous l’éteignoir. On porte épée et mousquet, armure et fraise. On croise un escroc et un assassin dans la première histoire, un machiavélique faussaire dans la seconde, et un bandit de grand chemin qui s’en prend aux pèlerins de Compostelle dans la troisième. D’Aillon est toujours aussi précis et documenté dans ses descriptions. Sans oublier de fournir un whodunit au lecteur avide d’intrigue policière, il brosse en quelques pages l’état de l’industrie textile confrontée aux désordres de la guerre civile ainsi que la situation des marchés et foires médiévaux, ou il décrit le marché des attestations de pèlerinage et le métier de quéreur de pardons, entre autres. Il le fait de manière détaillée, sans craindre la crasse, le sang, la gangrène, et la cruauté, caractéristiques de l’époque.
Après avoir guidé les lecteurs à travers le début du bas Moyen-Age dans ses trois romans sur Guillem d’Ussel, l’auteur les emmène dans ce qui en est la fin, avec ce recueil et les trois romans (sur la guerre des trois Henri) qui y sont associés. Alliant toujours plaisir et apport culturel, "Récits cruels et sanglants" ne peut que satisfaire l’amateur de policiers historiques.
Récits cruels et sanglants, Jean d'Aillon

Commentaires

Efelle a dit…
Ce n'ai pas la première fois que tu attire mon attention sur cet auteur, j'y viendrai, un jour. :)
Gromovar a dit…
Si tu décides d'y venir un jour, commence par les romans.
Ankya a dit…
Il se trouve dans ma PAL, acheté tout récemment.
Gromovar a dit…
Rapide et plaisant à lire.