Cauchon - Dorison - Delahaye - Parnotte

Le 23 mai 1430, après un an de campagne militaire victorieuse, Jeanne d’Arc est capturée par les Bourguignons, alliés des Anglais, lors d’une sortie hasardeuse au siège de Compiègne. Vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg pour la somme de 10000 livres tournois, elle est conduite à Rouen afin d’y être jugée pour hérésie, entre autres chefs d’accusation dont le très scandaleux « port d’habits d’homme ». C’est l’évêque Pierre Cauchon qui a négocié cet achat pour le compte des Anglais, contre l’Inquisition qui voulait la juger elle-même. C’est Pierre Cauchon aussi qui présidera son procès, à Rouen, entre février et mai 1431 ; il s’agira, lors de ces audiences, de démontrer que l’inspiration de celle qu’on nommait « La pucelle » ne venait pas de Dieu et des saints mais bien plutôt du diable. C’est cette histoire que racontent Xavier Dorison, Louis-David Delahaye et Joël Parnotte dans l’imposant album Cauchon… ou l’homme qui tua Jeanne d’Arc . A la lecture du mag...

Hic sunt dracones


"Dragons et Chimères", de Pierre Dubois et Camille Renversade, est le récit de deux expéditions à la recherche d’animaux prétendument disparus. Carnet de voyage lointain ramené aux pauvres casaniers que nous sommes, il décrit en détail le voyage d’intrépides explorateurs en Afrique Occidental Française puis aux Indes.

"Dragons et Chimères" est d’abord un très beau livre. Illustrations lumineuses, jeu de caractères élégant, papier de qualité, tout est réussi. Mais ce qui en fait un objet unique, c’est le soin extrême apporté aux détails. Rien ne détonne, et chaque pièce (elles sont très nombreuses) complète ses voisines.
Renversade et ses associés partent donc à la recherche des dragons en AOF et des créatures chimériques (griffon, phénix, dodo, etc…) aux Indes. Cela se passe au tout début du XXème siècle. Epoque magique où les progrès de la science laissent penser que tout devient possible (jusqu’à ce que ce rêve prométhéen se brise sur un iceberg dans l’Atlantique Nord), où existent encore de nombreuses terra incognita (aujourd’hui Lovecraft ne pourrait pas écrire « Les montagnes hallucinées »), où des peuples étranges, aux coutumes qui le sont encore plus, commercent avec les européens, les attaquent parfois, les subissent souvent, où des officiers en short font la cour à des pucelles en capeline. Quelque chose comme la puberté de l’Europe.

Pour raconter ses voyages, à l'instar de Sir Richard Burton peu avant, Renversade ne s’épargne rien. Autour d’un texte écrit dans la langue surannée et précieuse de l’avant 14, on peut admire des croquis au crayon ou à l’encre, des illustrations peintes, des photographies sépia, des planches zoologiques ou botaniques d’époque, des échantillons, des cartes géographiques qui nous replongent dans un monde depuis longtemps disparu, des tickets de vapeur tamponnés, des lettres, des timbres. Tout nous ramène cent ans en arrière, à une époque où le désenchantement du monde n’était pas encore total.
"Dragons et Chimères" est un concept livre comme il y a des concepts album. C’est un bien beau livre qui a touché au plus profond ma fibre nostalgique. J’attends avec impatience Monstres marins et autres créatures des eaux sombres, le prochain récit de voyage du Club des Chasseurs de l'Etrange.
"Dragons et Chimères, Pierre Dubois et Camille Renversade"

Commentaires

Acr0 a dit…
J'ai offert ce livre à mon frère (fan de dragons) il a adoré... et moi aussi. Comme tu le dis, ce sont les détails, la minutie des éléments apporté et le travail soigné d'illustrations qui en font un livre superbe ;)
Gromovar a dit…
Heureux frère que tu as :)
Efelle a dit…
Joli, cela me fait penser au carnet sur La piste des dragons oubliés d'Elian Black'more que je n'ai jamais chroniqué.

http://www.bedetheque.com/serie-12806-BD-Sur-la-piste-des-dragons-oublies.html

Faudra que je m'en occupe et me procure cette oeuvre ci aussi.
Gromovar a dit…
Bien jolis les dragons oubliés. Je le note dans un coin de mon crane.