Membre fantôme - Brian Evenson - Retour de Bifrost 119

En 2003, Brian Evenson frappait un grand coup littéraire avec sa novella The Brotherhood of Mutilation . Six ans plus tard, il donnait de ce texte une version longue avec le roman Last Days (sorti en français sous le titre La Confrérie des mutilés) . On y suivait les traces de Kline, un détective amputé du bras à la suite d'une affaire qui avait mal tourné, engagé pour trouver le coupable du meurtre du fondateur d'une secte inconnue jusqu'alors : La Confrérie des mutilés. D'investigations en interrogatoires (soumis à des contraintes aussi absurdes qu'invincibles) , Kline finissait par découvrir l'identité du meurtrier. Surtout, il se trouvait contraint de plonger dans un univers délirant et fanatique, un monde dans lequel les croyants amputent volontairement des parties de leur corps – le plus de parties étant le mieux, signe de foi et donc d'influence supérieures. Le monde clos des mutilés est religieux, paranoïaque, violent, organisé suivant une logique a...

Angle mort 3


Le numéro 3 d'Angle Mort est disponible, toujours au prix imbattable de 2,99 €.

On y trouvera, outre un très juste édito et une interview par auteur :

"Le jardin des silences" de Mélanie Fazi. Un style superbe, une description émouvante et vraie de la révolte adolescente, de ses conséquences parfois terribles, et de l'amour fou qui fait faire des folies. Mélanie Fazi prouve encore qu'elle sait décrire le mal-être et la déraison de la jeunesse. Dommage que l'aspect fantastique ici soit presque inutile ; le texte aurait eu la même force en étant une confession.

"Comme les femmes se battent" de Sara Genje est une intelligente, et distrayante, réflexion sur les rôles sociaux et les distinctions de genre. Elle y choisit de faire du sexe féminin le sexe valorisé, pourquoi pas, même si je regrette profondément qu'elle sombre dans la banalité aliénante qui consiste à assimiler la féminité à la maternité. Qu'on en juge : "...ils ont la chance d'ignorer ce qu'ils ratent : le ventre qui s'arrondit dans la plénitude de la grossesse, la sensation du lait tiré de la mamelle...". Glurp !

"Œuvre vécu d’Athanase Stedelijk" de Léo Henry, fantastique parce qu'étrange, mais pas assez fantastique à mon goût, même si c'est une bel exercice de style. On me laissera préférer Lautréamont.

"Mêlée" de Kijn Johnson est un texte inutile, pourtant primé, dans lequel une humaine et un extra-terrestre ne font que baiser sans parvenir à communiquer. On aurait pu faire le même avec une humaine et un sextoy ou une humaine et un abat-jour. De fait, rien ne m'a été communiqué.

Commentaires

Unknown a dit…
merci pour l'info !
Gromovar a dit…
You welcome :)