Phantom Road t3 - Lemire - Walta - Bellaire

Nouvel article court, consacré cette fois au TPB 3 du Phantom Road de Lemire, Walta et Bellaire. Contrairement au TPB 6 de Department of Truth qui ne faisait que bien peu avancer l’intrigue, ce volume 3 de la série fantastique de Lemire laisse son lecteur bien plus au fait de ce qui se passe dans le très étrange monde de la Phantom Road . Ambiance Twin Peaks toujours, avec ce que ça comporte de zones d’ombre et d’étrangeté, mais, enfin, on commence à y voir un peu plus clair sur les enjeux du récit, sur les rapports entre les personnages, sur l’historicité de l’objet que doivent transporter vers un mystérieux Golgotha les héros malheureux de la série, à savoir Dom et Birdie. On comprend, en lisant ce tome 3, comment l’agente Weaver est liée familialement à la Phantom Road . On découvre quel est le rôle des relais routiers Billy Bear . On apprend que le père de l’agente Weaver fut le deuxième à enquêter sur les mystères de la Phantom Road et qu’il eut un prédécesseur, l’homme en che...

Bois bandé


Une tour de banlieue se retrouve noyée, un matin, dans une mystérieuse brume. Plus d’électricité. Peu de nourriture en stock. Impossible de fuir. Que va-t-il advenir des résidents bloqués dans le monolithe de béton ?
"La maison qui glissait" de Jean-Pierre Andrevon est un gros roman qui tache un peu. Pour utiliser son champ lexical : Comme une petite allumeuse, il promet plus qu’il n’offre.

Positif :
"La maison qui glissait" est un real page turner. On est intrigué, on veut comprendre, on tourne frénétiquement page après page. Andrevon utilise même quelques trouvailles qui amplifie cet effet, comme le décompte macabre des victimes.
Le principe de départ selon lequel la brume abrite les secrets et les remords des résidents est une bonne idée. De plus il n’hésite pas à aller toujours plus loin, et les destins de la centaine de personnes coincées dans la tour sont tragiques et terrifiants.
Enfin j’ai trouvé le ton de l’auteur plutôt juste, souvent pince sans rire, pour décrire cette France en miniature qui vit dans le grand bâtiment, et certains personnages sont même moins unidimensionnels qu’il n’y paraît.

Négatif :
Dans sa seconde moitié, le roman change son fusil d’épaule, et l’immeuble se met à glisser à travers les dimensions ou les époques géologiques. Même si ça donne lieu à la scène drolatique du poulet, la tension baisse et on se retrouve dans Les Robinsons suisses meets Jurassic Park.
Il n’y a quasiment pas de dynamique sociale dans l’immeuble, mis à part chez Solange. J’en reparlerai.
L’acceptation des faits par les protagonistes est quasi automatique.
Beaucoup de choses ne s’expliquent pas ou mal, spécialement dans les intrigues secondaires.
Quant à l’explication finale, tant attendue, elle est bâclée et très décevante. Qui plus est, elle est narrée ; comme ça la coupe est pleine. J’ai eu l’impression d’avoir été floué.
Enfin, last but not least, le roman se vautre dans la boue sexuelle, comme la France dénoncée par Minos dans Peur sur la ville. Comme tout amoureux de Silverberg, je ne peux être qualifié de prude, mais il est presque impossible de compter dans le roman les gros lolos, sillon entre les seins, beaux culs, petites raies, etc… Une des seules réactions organisées face à l’inconcevable est d’ailleurs l’organisation d’une partouze géante chez Solange. Partouze qui se termine en fusion, comme dans l’inénarrable Society de Brian Yuzna. Là, deux options : Andrevon a voulu rendre hommage à la nouvelle L’amour est aveugle écrite par Boris Vian en 1949 ou il s’est fait fourguer du Cialis frelaté. Quoi qu’il en soit, cette explosion hormonale qui culmine avec le gros monstre amoureux et éjaculateur donne l’impression que l’auteur à besoin de faire savoir qu’il est un encore vert galant.

Au final, "La maison qui glissait" ressemble à ces films qu’on prend plaisir à regarder au drive-in un paquet de pop-corn à la main, puis qu’on regrette d’avoir vu une fois rentré à la maison.

Spécialement pour vous, petits veinards, une photo de Society :



La maison qui glissait, Jean-Pierre Andrevon

Commentaires

Efelle a dit…
J'avais hésité à le pendre à sa sortie et renoncé pour des questions de budget.
J'attendrai d'avoir une envie de série B.
Gromovar a dit…
Attends le poche.