Green City Wars - Adrian Tchaikovsky

Futur peut-être pas si lointain. Le désastre environnemental en cours a continué. En réaction, des firmes construisirent quelques Cités Vertes (Green Cities) , à savoir de grandes villes autonomes, environnementalement neutres, autosuffisantes en énergie et en nourriture (grâce à leurs fermes extérieures liées) . Neuwien est l’une de celles-ci, et c’est dans ses murs que se déroule l’action de Green City Wars . Pour comprendre le monde imaginé par Adrian Tchaikovsky, il faut savoir que les Villes vertes (et singulièrement Neuwien) ne sont pas juste des cités écoresponsables. Elles sont aussi des lieux d’où a été rendu invisible tout le travail de service qui permet à une ville de fonctionner et à ses habitants de vivre une vie agréable consacrée à des activités à forte valeur ajoutée. Une ville sans prolétariat donc, peuplée seulement de CSP+ vaquant à leurs occupations intellectuelles. Problème : ce prolétariat que les CSP+ ne veulent pas voir (comme en Grande-Bretagne au XIXe siècle...

Marseille avant l'OM


1198. Philippe Auguste règne sur la France (une partie tout au moins) ; Richard Coeur de Lion est roi d'Angleterre et de quelques morceaux de France ; ils se battent évidemment bien un peu entre deux réconciliations. Innocent III devient pape. C'est un homme autoritaire qui interdira la lecture de la Bible au peuple, créera le concept de croisade politique, ordonnera la 4ème croisade qui mènera à la prise de Constantinople, ainsi que la croisade des Albigeois de sinistre mémoire. Un bien brave homme.
Marseille est un grand port par lequel transite beaucoup des hommes partant ou revenant des croisades. C'est une ville largement autonome, divisée entre juridiction civile et juridiction ecclésiastique, qui entretient des liens laches avec les grands comtés du Sud. Beaucoup de forces voudraient prendre le contrôle de cette ville. Une affaire de meurtre et d'enlèvement s'y épanouira en complot politique. Hugues de Fer, viguier de la ville, plus tard excommunié, tente de retrouver l'important disparu.
Jean d'Aillon, universitaire reconverti dans l'écriture de romans historiques, fait ici un impressionnant travail de reconstitution. Une grande érudition et de longues recherches lui permettent de présenter tous les enjeux de la possession de Marseille à la fin du XIIème siècle. Il convie aussi le lecteur à une visite de la ville et de ses environs, reprenant les noms originaux, et utilisant au mieux les véritables localisations. Le cosmopolitisme de la cité phocéenne, ainsi que sa passion de l'indépendance (Marseille "possède" deux forts, construits sous Louis XIV dans le but explicite de menacer la ville) sont visibles à chaque page. L'esclavage, encore présent dans la chrétienté à cette époque, est montré dans sa réalité, ce qui est très rare dans les romans historiques. L'écriture de Jean d'Aillon est très classique, d'aucuns pourraient dire pépère, mais elle est parfaitement efficace dans le cadre d'un whodunit politique. Les célébrités convoquées (Richard Coeur de Lion, Averroès) n'ajoutent rien, mais n'enlèvent rien non plus. Elles témoignent simplement du statut de carrefour du monde qui est celui de la ville à cette époque.
L'auteur offre une agréable promenade dans la Provence médiévale, à poursuivre dans "Paris, 1199", qui se passe autour du siège de Châlus, où Richard mourra de la gangrène, ce qui amènera Jean Sans Terre au pouvoir.
Marseille, 1198, Jean d'Aillon

Commentaires

Efelle a dit…
Je n'avais point vue cette chronique pour cause de trêve estivale...
Ca me botte bien.

Tiens je vois le capcha alors qu'il y a deux minutes... Tant pis pour le doublon !
Gromovar a dit…
No problemo :-) J'aime les visites.