Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Marseille avant l'OM


1198. Philippe Auguste règne sur la France (une partie tout au moins) ; Richard Coeur de Lion est roi d'Angleterre et de quelques morceaux de France ; ils se battent évidemment bien un peu entre deux réconciliations. Innocent III devient pape. C'est un homme autoritaire qui interdira la lecture de la Bible au peuple, créera le concept de croisade politique, ordonnera la 4ème croisade qui mènera à la prise de Constantinople, ainsi que la croisade des Albigeois de sinistre mémoire. Un bien brave homme.
Marseille est un grand port par lequel transite beaucoup des hommes partant ou revenant des croisades. C'est une ville largement autonome, divisée entre juridiction civile et juridiction ecclésiastique, qui entretient des liens laches avec les grands comtés du Sud. Beaucoup de forces voudraient prendre le contrôle de cette ville. Une affaire de meurtre et d'enlèvement s'y épanouira en complot politique. Hugues de Fer, viguier de la ville, plus tard excommunié, tente de retrouver l'important disparu.
Jean d'Aillon, universitaire reconverti dans l'écriture de romans historiques, fait ici un impressionnant travail de reconstitution. Une grande érudition et de longues recherches lui permettent de présenter tous les enjeux de la possession de Marseille à la fin du XIIème siècle. Il convie aussi le lecteur à une visite de la ville et de ses environs, reprenant les noms originaux, et utilisant au mieux les véritables localisations. Le cosmopolitisme de la cité phocéenne, ainsi que sa passion de l'indépendance (Marseille "possède" deux forts, construits sous Louis XIV dans le but explicite de menacer la ville) sont visibles à chaque page. L'esclavage, encore présent dans la chrétienté à cette époque, est montré dans sa réalité, ce qui est très rare dans les romans historiques. L'écriture de Jean d'Aillon est très classique, d'aucuns pourraient dire pépère, mais elle est parfaitement efficace dans le cadre d'un whodunit politique. Les célébrités convoquées (Richard Coeur de Lion, Averroès) n'ajoutent rien, mais n'enlèvent rien non plus. Elles témoignent simplement du statut de carrefour du monde qui est celui de la ville à cette époque.
L'auteur offre une agréable promenade dans la Provence médiévale, à poursuivre dans "Paris, 1199", qui se passe autour du siège de Châlus, où Richard mourra de la gangrène, ce qui amènera Jean Sans Terre au pouvoir.
Marseille, 1198, Jean d'Aillon

Commentaires

Efelle a dit…
Je n'avais point vue cette chronique pour cause de trêve estivale...
Ca me botte bien.

Tiens je vois le capcha alors qu'il y a deux minutes... Tant pis pour le doublon !
Gromovar a dit…
No problemo :-) J'aime les visites.