Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

C'est ça l'Ordre Noir ?


Pour son dernier roman, "Ordre Noir", Johan Heliot, dont le "Question de mort" m'avait fortement distrait, n'a pas fait dans la demi-mesure. 440 pages de texte mêlant uchronie, univers parallèles, géopolitique, Dieu ? Héliot nous emmène, sur 2000 ans et plusieurs univers, à la rencontre d'un conflit éternel entre le "bien" et le "mal". De Jérusalem à Washington, en passant par Berlin et Séoul, l'histoire humaine se joue dans des coulisses surnaturelles que l'auteur nous propose de découvrir. Avec de tels ingrédients, le plat s'annonçait savoureux, pour peu que le cuisinier ne gâche pas la sauce.

Or, disons-le tout de suite, "Ordre Noir", son nouveau roman adulte (contrairement à ses romans jeunesse, on y meurt beaucoup, et de manière peu ragoutante) est truffé de défauts, comme autant de grumeaux. Listons les :
Une héroïne insignifiante dont le rôle consiste à se faire trimballer d'un point à un autre par des gens qui en savent plus qu'elle et qui rappelle furieusement les scream queen des films d'horreur
Un Ordre Noir manquant singulièrement de charisme. Pour effrayer, il aurait du être plus structuré, plus mystérieux, et surtout plus ubiquitaire, l'Empire des premiers Star Wars, ce n'est pas le cas ici
Des explications, techniques notamment, demandant un effort de suspension d'incrédulité au-delà de ce qui est habituel
Une propension un peu trop marquée au deus ex machina
Une fin trop rapide (baclée ?) qui aurait nécessité une bonne trentaine de pages supplémentaires
Un point Godwin mérité ?

Nonobstant j'ai pris beaucoup de plaisir à lire "Ordre Noir". En effet, Héliot construit un système d'univers parallèles et d'uchronies cohérent. Il construit sa narration, en plusieurs fils parallèles, de telle manière que les explications se succèdent à un rythme modéré, ce qui permet au lecteur de goûter au plaisir du mystère, sans sombrer dans la frustration de l'incompréhension. Guidé d'une question inquiétante à une réponse jamais trop éloignée, le lecteur tourne les pages à toute vitesse pour progresser dans la découverte de la vérité cachée de l'ouvrage. Les chapitres courts l'y incitent aussi fortement. L'aventure contemporaine, qui est le moteur du livre, est entrelardée par les éléments de l'intrigue bimillénaire, apportant des explications ainsi qu'une trame narrative passionnante elle aussi. Certains des personnages sont très intéressants, en particulier Meyer et Avri, justement parce qu'ils gardent longtemps un certain mystère. Enfin, Johan Héliot ne craint pas de salir ses pages d'un sang abondant ; étant donné ce qui se joue, c'est bien le moins.
J'ai donc lu "Ordre Noir" en deux jours, attiré par la conclusion comme une phalène par la lumière, et j'y ai pris du plaisir. Le plat n'est pas parfait, mais il a quand même bon goût.
Johan Héliot, Ordre Noir

Commentaires

El Jc a dit…
Beau coup de clavier ;o) Si l'occasion se présente pourquoi pas ?
Gromovar a dit…
C'est un très bon roman de vacances.