De boue et de bois - Olivier Caruso in Bifrost 122

Dans le Bifrost 122, il y a aussi  une nouvelle absolument stupéfiante d'Olivier Caruso. « La chercheuse, surprise, observe le spécimen dans la cave : il mange un porte-bouteille » . C'est sur cet incipit digne des premières phrases du Vieil homme et la guerre , de John Scalzi, que s'ouvre  De boue et de bois , un texte de 24 pages d'une richesse insigne. Epoque victorienne. Angleterre. La chercheuse vit seule avec une domestique dans sa grande maison de famille. Près d'elle, dissimulé, le « spécimen » . Il se nourrit de bois et dit bientôt ses premiers mots !!! Qu'est-il ? D'où vient-il ? Qui sont ces gens ? Quelle est l'histoire de cette femme et de cette famille ? Comment tout cela s'insère-t-il dans l'histoire britannique ? Et en quoi la transforme-t-il ? Ce sont quelques questions, il y en a d'autres dans cette riche nouvelle. On y croise, dans ce qui semblait être une histoire intime – et l'est assurément –, la théorie de l'évol...

Un Wagner pour les inspirer tous

Le tome 4 du "Crépuscule des dieux", intitulé "Brunhilde" est sorti récemment. Il est aussi excellent que les trois premiers. Dans un style réaliste, détaillé, et coloré, Djief illustre la superbe légende de "L'anneau des Nibelungen". Je déplore simplement, une fois encore, des visages trop triangulaires. Pour ce qui est du scénario, Jarry adapte, fort justement et sans ajout de mauvais aloi, l'un des deux récits qui inspira la tétralogie de Wagner. La malédiction attachée à l'anneau des Nibelungen met en branle un cycle d'évènements qui conduiront inéluctablement à Ragnarök, le crépuscule des dieux, début de l'âge des hommes (nous n'y sommes pas encore à l'issue du tome 4) . Amoureux inconditionnel de la tétralogie wagnérienne, je suis émerveillé par la mise en image de cette immense saga.
Lecteur du "Seigneur des anneaux", tu remarqueras ici une vraie parenté, même si Tolkien ne l'a jamais vraiment validée. Il me semble en effet difficile de ne pas faire le lien entre ces deux anneaux, forgés magiquement, détenteurs de grands pouvoirs, corrompant ceux qui les possèdent, et inspirant chez eux une possessivité maladive et meurtrière qui conduit à la trahison et à la guerre. Rappelons aussi que les deux cycles se concluent par l'avènement de l'âge des hommes après la fin de celui des légendes.
"Le crépuscule des dieux" est beau comme sont beaux les grands mythes humains. Il bouleverse comme bouleverse le destin.

Deux détails :
Ce cycle de BD est à lire en écoutant la tétralogie, et en poussant le volume.
Le tome 4 est en ce moment vendu en pack avec le tome 0, par d'autres auteurs, qui raconte la forge de l'anneau par Alberic et son vol par Wotan. Ces évènements étaient, jusqu'à présent, seulement résumés en quelques planches au début du tome 1 original. Le crépuscule des dieux, t4 Brunhilde, Jarry, Djief, Héban

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