An Eye for Property - Tanya Fordwalker

« Le jeu n’en vaut pas la chandelle… mais empêcher qu’elle s’éteigne » R. E. Howard Dans un futur proche, la société Splice of Life offre à tout client proche de la mort et décidé à payer une forte somme (le Passenger) du temps de vie supplémentaire dans le corps d’un jeune bien vivant (le Driver) , qui lui servira de corps d’emprunt un certain temps par semaine ou par jour ; une version hi-tech des cavales de Damballa. Une puce insérée dans le cerveau du Driver contient la personnalité scannée du Passenger. A des jours et heures contractuellement décidés, la personnalité du Passenger est activée puis prend le contrôle du corps de son Driver dont la conscience s’éteint dans l’intervalle. A la fin de la période contractuellement convenue, la conscience du Passenger se remet en sommeil et c’est le Driver qui revient aux commandes. Mais que se passerait-il si quelque chose buguait dans la puce ? An Eye For Property est une nouvelle de Tanya Fordwalker lisible sur le site React...

Projet Renaissance


"Block 109" est la dernière production de la jeune maison Akiléos. Cette imposante (200 pages) bande dessinée, réalisée par les deux auteurs français Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat, est appelée à devenir un must have.
Le scénario de "Block 109" plonge le lecteur au coeur d'une uchronie dans laquelle Hitler a été assassiné en 1941 sans que le régime qu'il avait créé disparaisse. Ses successeurs continuent la guerre, rasent nucléairement leurs adversaires américains et anglais, puis, ne craignant plus rien à l'Ouest, se lancent dans une opération Barbarossa en retard dont l'issue est toujours incertaine en 1953, date du récit. Tout ceci est raconté en quelques planches "voix-off" au début de l'ouvrage. On entre ensuite dans le vif du sujet.
En 1953 donc, une nouvelle arme ultime, un virus biologique, est mise au point. Selon son mode d'utilisation, elle change des combattants ennemis en zombies cannibales ou des amis en super-soldats. Dans les deux cas, l'issue est fatale à court terme pour le porteur. L'éventualité d'une utilisation opérationnelle de cette arme entretient les rivalités, meurtrières (tant nous sommes entre gens que la morale n'étouffe pas), à la tête du pouvoir nazi, entre les diverses factions qui veulent contrôler le régime. Et sur le terrain, les derniers soldats allemands souffrent et meurent pour la plus grande gloire du Reich. Je n'en dis pas plus pour ne pas déflorer le suspense mais qu'on sache que le scénario est une merveille d'ingéniosité ; il y a bien plus de vérités cachées dans "Block 109" que le peu que j'ai dévoilé ci-dessus.
Au fil de nombreux rebondissements, il pose, intelligemment, de passionnantes questions sur le devoir, la responsabilité, la morale. Jusqu'où peut-on aller par conviction ? Tous les moyens sont-ils bons s'ils sont efficaces ? Y a-t-il des génocides justes ? La lecture de "Block 109" amène alors d'innombrables réminiscences. Le prince de Machiavel, Le savant et le politique de Max Weber, Par delà le bien et le mal de Nietzsche, ainsi que l'excellente série de BD Le pouvoir des innocents ; toutes ces oeuvres viennent à l'esprit en lisant ce beau récit de guerre, de fureur, de trahison, de complot, et de rédemption.
Les graphismes, crayonnés et colorisés dans des tons ocres pastels qui rappellent l'aquarelle, sont beaux et singuliers. Ils expriment fluidité, vitesse, et incertitude, collant ainsi parfaitement au récit.
Difficile d'être déçu par cet album, épuisé dès sa sortie et maintenant réimprimé, alors autant se le procurer.
Block 109, Brugeas, Toulhoat

L'avis de Néault

L'avis de Pitivier

L'avis d'Efelle

Commentaires

Efelle a dit…
Beaucoup de buzz autour de cette album mais je n'avais pas encore lu de chronique. La tienne donne envie comme souvent...
Guillmot a dit…
C'est le genre d'uchronie qui me botte en ce moment, je vais regarder ça de plus près.
Gromovar a dit…
C'est très, très futé comme histoire.