Perdido Street Station - China Miéville

Perdido Street Station , de China Miéville, ressort la semaine prochaine dans une édition Deluxe limitée à 2500 exemplaires, toujours au Diable Vauvert et toujours traduit par Nathalie Mège . Prix British Fantasy de la British Fantasy Society 2000, Prix Arthur C Clarke 2001, Prix Ignotus 2002, Prix Kurd-Lasswitz 2003 et Grand Prix de l'Imaginaire du roman étranger 2005, sans oublier un Prix Jacques Chambon de la traduction 2005, ce roman est un classique lu avant le début du blog. Je vous propose néanmoins la chronique enthousiaste de tiberix qui vous donnera sûrement envie de lire ce bel ouvrage.

Superbe


Sortie récente du tome 4 de la superbe série "Le régulateur" de Corbeyran / Moréno.
Dans un univers steampunk art-déco superbement mis en image et en couleurs par Eric et Marc Moreno, le très prolifique Corbeyran installe un système politique dictatorial (issu du chaos provoqué par une grande catastrophe écologique) qui pratique le meurtre légal et contrôle la société en se dissimulant sous le masque d'une démocratie élective. Dans ce monde attirant et repoussant à la fois, comme une fleur vénéneuse, un complot visant à installer une dictature authentique révèle d'anciens secrets et bouleverse l'équilibre précaire des pouvoirs dans la Cité.
La société décrite par Corbeyran emprunte à l'Angleterre victorienne, non seulement dans son esthétique, mais également dans quantité de petits éléments politiques qui rappellent l'âge d'or d'une démocratie à laquelle le peuple croyait encore, et montrent l'intérêt que l'auteur porte à ces questions. Sur ces (infra/super)structures surannées, rouillées, parasitées par des insectes, des rongeurs, des ambitions indicibles, Corbeyran greffe une technologie très avancée dans ses possibilités et archaïque dans son design. Mise au service de l'ambition de quelques-uns et développée dans une amoralité absolue, la technologie est le moyen du contrôle social. Le monstre de Frankenstein croise la société ouvrière de Jack London et la domine. Et comme chez Mary Shelley, certaines des créatures finiront par se retourner contre leurs créateurs.
Intelligent, tortueux, fouillé, le scénario (et le contexte dans lequel il se déploie) illustre une fois encore la maestria du grand Corbeyran, soutenu ici par l'excellent travail graphique des Moreno. La réalisation de cette belle série a été longue (8 ans depuis le tome 1), alors quand 4 volumes sont enfin disponibles simultanément il faut sauter sur l'occasion.
Le régulateur t4, 666 I.A., Corbeyran, Eric Moréno, Marc Moréno

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