Fistful of Antimatter - Rich Larson

Fistful of Antimatter , de Rich Larson, une référence sans doute au A Fistful of Dollars de Sergio Leone pour ce western spatial situé sur la planète Qopa. Fistful of Antimatter est lisible dans Clarkesworld 240 . Entre nouvelle longue et courte novella, Larson emmène son lecteur sur une planète coloniale peuplée d’humains aussi inégaux que ceux de la planète Terre. Dans les pas de Nuja, bandite, voleuse, mère de sept enfants (dont trois ont grandis dans un exowomb) qui constituent sa bande, Larson nous entraîne dans le désert désolé d’une planète qui ressemble furieusement au Far West, pour des aventures hautes en couleurs. Au menu : « attaque de diligences », gardes armés à déjouer, ville prospère vers laquelle convergent de vulnérables moyens de transport omnibus qui passent d’outpost en outpost, banque remplie comme une caverne d’Ali Baba devenant, de fait, la cible de tous les malandrins des environs. Ajoutons-y un Homme Décapité au corps de polycartilage, pourvu d’une boul...

Superbe


Sortie récente du tome 4 de la superbe série "Le régulateur" de Corbeyran / Moréno.
Dans un univers steampunk art-déco superbement mis en image et en couleurs par Eric et Marc Moreno, le très prolifique Corbeyran installe un système politique dictatorial (issu du chaos provoqué par une grande catastrophe écologique) qui pratique le meurtre légal et contrôle la société en se dissimulant sous le masque d'une démocratie élective. Dans ce monde attirant et repoussant à la fois, comme une fleur vénéneuse, un complot visant à installer une dictature authentique révèle d'anciens secrets et bouleverse l'équilibre précaire des pouvoirs dans la Cité.
La société décrite par Corbeyran emprunte à l'Angleterre victorienne, non seulement dans son esthétique, mais également dans quantité de petits éléments politiques qui rappellent l'âge d'or d'une démocratie à laquelle le peuple croyait encore, et montrent l'intérêt que l'auteur porte à ces questions. Sur ces (infra/super)structures surannées, rouillées, parasitées par des insectes, des rongeurs, des ambitions indicibles, Corbeyran greffe une technologie très avancée dans ses possibilités et archaïque dans son design. Mise au service de l'ambition de quelques-uns et développée dans une amoralité absolue, la technologie est le moyen du contrôle social. Le monstre de Frankenstein croise la société ouvrière de Jack London et la domine. Et comme chez Mary Shelley, certaines des créatures finiront par se retourner contre leurs créateurs.
Intelligent, tortueux, fouillé, le scénario (et le contexte dans lequel il se déploie) illustre une fois encore la maestria du grand Corbeyran, soutenu ici par l'excellent travail graphique des Moreno. La réalisation de cette belle série a été longue (8 ans depuis le tome 1), alors quand 4 volumes sont enfin disponibles simultanément il faut sauter sur l'occasion.
Le régulateur t4, 666 I.A., Corbeyran, Eric Moréno, Marc Moréno

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