La Seconde vie de Sander - Stepan Razorënov

Sander est mort. Et Sander « renaît », dans un au-delà qui est peut-être l’Enfer, ou pas. Un Diable y règne en tout cas, mais il ne contrôle qu’un palais, une salle de torture, et quelques troupes, chasseurs, gardes et tortionnaires. Le reste est un no man’s land dans lequel errent les bannis tels que lui, anciens humains que leur trépas puis leur renaissance ont revêtu de formes monstrueuses. Contrairement à certains égarés, Sander ne se suicide pas dès sa renaissance. Contrairement à tous, il ne se satisfait pas d’une existence stérile et oisive dans un monde vide où rien d’autre n’arrive que les attaques périodiques des chasseurs du Diable qui enlèvent les born-again et les emmènent vers un avenir de torture. Non. Sander est différent. Sander a une idée et un projet. Fédérer autour de lui les énergies et les compétences de tous les born-again pour bâtir une ville dans laquelle tous (les déjà présents comme les nouveaux arrivants) seront accueillis, tous vivront mieux, t...

Superbe


Sortie récente du tome 4 de la superbe série "Le régulateur" de Corbeyran / Moréno.
Dans un univers steampunk art-déco superbement mis en image et en couleurs par Eric et Marc Moreno, le très prolifique Corbeyran installe un système politique dictatorial (issu du chaos provoqué par une grande catastrophe écologique) qui pratique le meurtre légal et contrôle la société en se dissimulant sous le masque d'une démocratie élective. Dans ce monde attirant et repoussant à la fois, comme une fleur vénéneuse, un complot visant à installer une dictature authentique révèle d'anciens secrets et bouleverse l'équilibre précaire des pouvoirs dans la Cité.
La société décrite par Corbeyran emprunte à l'Angleterre victorienne, non seulement dans son esthétique, mais également dans quantité de petits éléments politiques qui rappellent l'âge d'or d'une démocratie à laquelle le peuple croyait encore, et montrent l'intérêt que l'auteur porte à ces questions. Sur ces (infra/super)structures surannées, rouillées, parasitées par des insectes, des rongeurs, des ambitions indicibles, Corbeyran greffe une technologie très avancée dans ses possibilités et archaïque dans son design. Mise au service de l'ambition de quelques-uns et développée dans une amoralité absolue, la technologie est le moyen du contrôle social. Le monstre de Frankenstein croise la société ouvrière de Jack London et la domine. Et comme chez Mary Shelley, certaines des créatures finiront par se retourner contre leurs créateurs.
Intelligent, tortueux, fouillé, le scénario (et le contexte dans lequel il se déploie) illustre une fois encore la maestria du grand Corbeyran, soutenu ici par l'excellent travail graphique des Moreno. La réalisation de cette belle série a été longue (8 ans depuis le tome 1), alors quand 4 volumes sont enfin disponibles simultanément il faut sauter sur l'occasion.
Le régulateur t4, 666 I.A., Corbeyran, Eric Moréno, Marc Moréno

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