Cullen Bunn - Bones of our stars, Blood of our world

Scénariste de comics et romancier, ce n'est apparemment pas le même set de compétences. C'est la conclusion qu'on doit tirer de la lecture de Bones of our stars, Blood of our world , le premier roman du scénariste Cullen Bunn . Là où un comic peut se permettre d'être frénétique, ici trop de personnages se succèdent trop vite dans une histoire convenue qui ne parvient même pas à être gore alors que c'est cette direction qu'elle vise. Ajoutons-y, pour faire bonne mesure, une écriture sans éclat, une enfilade de narrations à la troisième personne qui empêche tout investissement émotionnel, et l'éternelle petite ville insulaire en décrépitude dans laquelle on s'emmerde grave. Nihil novi sub sole , ça a été déjà fait, et beaucoup mieux. Passe ton chemin, lecteur !

Coïtus interruptus


"Nord absolu" est un roman de littérature blanche qui louche un peu sur l'anticipation. Dans une République nordique dictatoriale, deux destins parallèles, ceux de Niels et de Paul. Paul est un citoyen lambda, progressiste sans conviction ; Niels est un héros du nouveau régime. Ces deux destins se rejoignent d'une manière inattendue. Dans un cadre qui évoque irrésistiblement la France post Algérie française, nous voyons comment une dictature peut s'installer paisiblement, sans révolution, avec l'assentiment tacite des "braves gens".
Par delà les nombreux thèmes abordés, racisme, post-colonialisme, hyper-terrorisme, culte d'une identité nationale primordiale et éternelle (avec des accents qui rappellent fortement les pratiques du IIIème Reich), c'est la manipulation politique qui est au coeur de ce roman machiavélien. Fabrice Lardreau mêle habilement quantité d'éléments légèrement décalés de notre réalité pour décrire un pays en voie de réaction nationaliste, ce qui donne une plausibilité inquiétante à son histoire. On mettra aussi à son crédit quelques trouvailles narratives intéressantes (notamment un Rewind de grande qualité) ainsi qu'un ton à mi-chemin entre le parlé et l'écrit, qui, en s'adressant au lecteur, donne l'impression d'un documentaire.
Reste le débit. Fabrice Lardreau est un auteur français et, comme je l'ai déjà écrit plusieurs fois, il manque aux auteurs de ce pays la folie et l'excès qui font les grandes oeuvres. Il manque aussi l'art de la description exhaustive."Nord absolu" est intéressant et agréable à lire mais il n'est ni "1984", ni "Le meilleur des mondes". Alors, pour conclure, détournons Sade et écrivons "Auteurs français, encore un effort pour être George Orwell".
Nord absolu, Fabrice Lardreau

Commentaires

Guillaume44 a dit…
Hello ! Je t'ai mis un tag sur mon dernier billet, c'est un petit jeu sans aucune obligation de le faire bien sûr :)
Gromovar a dit…
J'y cours j'y vole. enfin, demain plutôt ;-)