La Chanson du zombie - Harlan Ellison - Retour de Bifrost 117

Comme Hitler peignait des roses , La Chanson du zombie fait partie de la série de quatre recueils d'Ellison publiée à la fin des années 70 par Les Humanoïdes Associés. Avec une différence importante ici : dans ce recueil-ci ce sont grosso modo quatorze collaborations qui sont rassemblées, quatorze textes parmi les nombreux qu'Ellison écrivit à quatre mains avec un (plus ou moins) grand nom de l'Imaginaire de son temps. Comme il est de coutume chez Ellison, après une introduction générale chacun des textes est précédé d'une introduction particulière parfois assez longue qui décrit ses conditions de réalisation, autrement dit : comment deux auteurs se connurent et devinrent amis ou pas, comment ils décidèrent d'écrire ensemble, comment ils le firent, quelles difficultés ils rencontrèrent, quel délai sépara l'idée de la réalisation, selon quelle alternance (ici Ellison est précis à la phrase près) les passages furent-ils rédigés et par qui. Ces prolégomènes sont...

Coïtus interruptus


"Nord absolu" est un roman de littérature blanche qui louche un peu sur l'anticipation. Dans une République nordique dictatoriale, deux destins parallèles, ceux de Niels et de Paul. Paul est un citoyen lambda, progressiste sans conviction ; Niels est un héros du nouveau régime. Ces deux destins se rejoignent d'une manière inattendue. Dans un cadre qui évoque irrésistiblement la France post Algérie française, nous voyons comment une dictature peut s'installer paisiblement, sans révolution, avec l'assentiment tacite des "braves gens".
Par delà les nombreux thèmes abordés, racisme, post-colonialisme, hyper-terrorisme, culte d'une identité nationale primordiale et éternelle (avec des accents qui rappellent fortement les pratiques du IIIème Reich), c'est la manipulation politique qui est au coeur de ce roman machiavélien. Fabrice Lardreau mêle habilement quantité d'éléments légèrement décalés de notre réalité pour décrire un pays en voie de réaction nationaliste, ce qui donne une plausibilité inquiétante à son histoire. On mettra aussi à son crédit quelques trouvailles narratives intéressantes (notamment un Rewind de grande qualité) ainsi qu'un ton à mi-chemin entre le parlé et l'écrit, qui, en s'adressant au lecteur, donne l'impression d'un documentaire.
Reste le débit. Fabrice Lardreau est un auteur français et, comme je l'ai déjà écrit plusieurs fois, il manque aux auteurs de ce pays la folie et l'excès qui font les grandes oeuvres. Il manque aussi l'art de la description exhaustive."Nord absolu" est intéressant et agréable à lire mais il n'est ni "1984", ni "Le meilleur des mondes". Alors, pour conclure, détournons Sade et écrivons "Auteurs français, encore un effort pour être George Orwell".
Nord absolu, Fabrice Lardreau

Commentaires

Guillaume44 a dit…
Hello ! Je t'ai mis un tag sur mon dernier billet, c'est un petit jeu sans aucune obligation de le faire bien sûr :)
Gromovar a dit…
J'y cours j'y vole. enfin, demain plutôt ;-)