W0rldtr33 vol 3 - Tynion - Blanco - Bellaire

Encore deux mots (c’est fréquent ces jours-ci, les « deux mots », mais les habitués savent que je n’aime guère commenter les tomes n car la présentation du monde et des personnages est déjà faite, qu’elle est largement entamée pour les enjeux, et qu’il importe de ne pas spoiler pour les lecteurs qui n’auraient pas encore attaqué les tomes précédents ; le tout crée un système de contraintes qui limite très fortement ma loquacité) pour signaler la sortie du tome 3 du W0rldtr33 de Tynion IV , assisté de Blanco et Bellaire. Après cette (trop) longue intro, voici les quelques mots promis : Ce tome est le premier qui se passe principalement dans le futur, après l’apocalypse provoquée par l’Undernet. La Terre est un champ de ruines qui ressemble assez à la vision de l’avenir que donne les films Terminator . Ellison, déjà vu dans les tomes précédents, est l’un des survivants des décennies noires écoulées. Il tente toujours de documenter ce qui peut l’être. Pour qui ? Pour quoi ? Po...

Mieux vaut tard que jamais


Depuis les philosophes grecs il est admis que l'art est une transcription de l'univers des idées dans le monde sensible. De ce point de vue "District 9", que je viens enfin de voir, est incontestablement une œuvre d'art. Réalisé comme un documentaire au moins dans son excellente première partie (et évoquant dans la forme le "World War Z" de Max Brooks), "District 9" est une allégorie ultra réaliste sur les réfugiés et l'apartheid. Intelligent et subtil le film aborde sans didactisme, par touches pointillistes, des questions aussi diverses que le racisme violent (sans oublier sa version ordinaire et paisible), la différence et les problèmes qu'elle entraine, la gestion des populations réfugiées, la criminalité endémique dans les zones de confinement, les trafics dans les deux sens, l'exploitation des incompréhensions culturelles. On y voit un monde dans lequel des Etats arrivés au bout de leur déliquescence laissent multinationales et mafias face à face, dans un no man's land qui rappelle furieusement le Mogadiscio du "Black hawk down" de Ridley Scott (le film est d'ailleurs truffé de références que je vous laisse le soin de découvrir). On finit par y prendre partie pour un alien vraiment peu ragoutant, et par soutenir un héros humain qui n'avait à priori ni la carrure physique ni la grandeur morale, un bon beauf écœuré par le traitement inhumain que l'organisation réserve à ceux qu'elle considère comme expendable, et qui va se découvrir une capacité de sacrifice inattendue. La deuxième partie, plus classique dans son traitement d'actionner SF, offre moins au spectateur sans gâcher l'ensemble.
Au final ça donne un très bon film, émouvant, intelligent, et foutrement efficace.
District 9, Neill Blomkamp

L'avis d'El JC

Commentaires

El Jc a dit…
comme toi je m'y suis pris un peu tard, mais cela valait largement le déplacement.
Gromovar a dit…
Ça aurait été dommage de le rater.
Guillaume44 a dit…
J'ai vraiment aimé aller voir ce film, j'ai beaucoup traité sur mon blog de la métaphore de l'apartheid et du traitement des crevettes, c'est vrai que la démission de l'état au profit des firmes privés et de la mafia est un abord intéressant de ce film !
Gromovar a dit…
Dans la petite blogosphère que je fréquente, tout le monde a aimé. Il faut croire que "Qui se ressemble s'assemble" :-)