Roger Zelazny - Le temps d'un souffle, je m'attarde

Ressortie aujourd'hui dans la toujours pertinente collection Dyschroniques du "Destination fin du monde" de Robert Silverberg qui n'était plus disponible en français depuis longtemps. Rappelons que la maison d’édition indépendante Le passager clandestin est une toute petite maison radicale, engagée et militante contre une certaine forme insatisfaisante du monde. Au milieu des non fictions, on y trouve la collection Dyschroniques qui remet à l’honneur des textes anciens de grands noms de la SF.  Nouvelles ou novellas posant en leur temps les questions environnementales, politiques, sociales, ou économiques, ces textes livrent la perception du monde qu’avaient ces auteurs d’un temps aujourd’hui révolu. On notera que chaque ouvrage à fait l’objet d’un joli travail d’édition, chaque texte étant suivi d’une biographie/bibliographie de l’auteur, d’un bref historique des parutions VO/VF, d’éléments de contexte, ainsi que de

Faux roman


Le début de "Holy fire" (70 à 80 pages) est passionnant. Bruce Sterling décrit une société gérontocratique et hygiéniste à l'extrême dans laquelle le contrôle social lié à la santé est permanent (sans doute la société vers laquelle nous nous acheminons à mon grand regret). Cette partie foisonne d'idées, de concepts. Puis l'héroïne part en Europe y vivre vraiment, loin de toute contrainte. Et là il ne se passe plus rien d'intéressant à part les tribulations d'une vieille femme rajeunie par un traitement d'avant-garde qui découvre à presque 100 ans qu'on peut vivre très longtemps une vie qui n'apporte rien, et que le "feu sacré" consiste à vivre pleinement pour le temps qu'on a.
Un quart du livre vaut la peine d'être lu. Il aurait mieux valu en faire un essai.
PS : Décidément "Le feu sacré" est un titre à éviter, je me souviens d'un très mauvais roman d'Isi Beller qui s'intitulait aussi comme ça.
Holy fire, Bruce Sterling

Commentaires

Aigo a dit…
Par contre, une très bonne nouvelle d'Éric Gauthier s'intitule également "Feux sacré". Elle se situe dans un futur où les compagnies musicales créent des religions autour des rock-stars, avec des écritures saintes, des effets spéciaux en guise de miracles... et la formation progressive d'une inquisition.
Le héros est un "évangéliste" rémunéré.

Quant à "mieux aurait fallu en faire un essai", c'est sensiblement ce que j'ai dit de biens d'autres "romans", parmi lesquels 1984 et Le meilleur des mondes, dont la qualité littéraire m'a laissé de marbre. J'ai toujours eu le sentiment que si c'était des romans, c'était davantage pour toucher un plus large public que pour autre chose.
Gromovar a dit…
Elle se trouve où cette nouvelle ?

Pas totalement d'accord pour ce qui concerne 1984 et Brave new world :-)
Aigo a dit…
Malheureusement, elle risque d'être difficile à trouver. Elle a remporté le Prix Solaris 2002 et a donc été publiée l'été suivant dans la revue Solaris, numéro 142. On peut peut-être la commander.
http://www.revue-solaris.com/index/fictions.htm