Cyber Mage - Saad Z. Hossain

" Cyber Mage " est le troisième roman – et quatrième texte – de Saad Z. Hossain. Il se situe dans le même univers que ses écrits précédents. Il se place, dans la chronologie de cet univers, après Bagdad, la grande évasion ! , quelque part vers un siècle après Djinn City (tous les deux publiés  par les éditions Agullo , les bienfaits du Très Miséricordieux soient sur leurs têtes !) et immédiatement avant le toujours non traduit (Agullo ! Que la peau des yeux leur pèle !) The Gurkha and the Lord of Tuesday . Dahka, Bangladesh. Une ville divisée entre des habitants/actionnaires – qui ont des droits, de vote notamment – et une foule énorme de sans titre qui vivent à sa bordure, dans les trafics, la violence, la maladie et la privation de tout droit. Une ville parmi d'autres dans un monde que changement climatique, déplacements de population et nanites incontrôlés ont rendu en partie inhabitable après avoir provoqué la chute des Etats et l'inévitable repli, pour ceux q

A lire absolument


Le nouvel ouvrage de Daniel Cohen est le livre d'honnête homme par excellence. Tous les français devraient le lire pour avoir, enfin, une vision claire de l'économie en général, de l'histoire économique du monde en particulier, et des questions qui se posent à notre civilisation à l'aube du XXIème siècle.
En une succession de courts chapitres, Daniel Cohen brosse l'histoire du monde vue sous l'angle économique.
Partant de l'Antiquité et de son système basé sur l'esclavage, il décrit la stagnation de long terme qui est la règle dans les sociétés anciennes, et le mur malthusien de la pauvreté auxquelles toutes se heurtent dès qu'elles acquièrent un semblant de prospérité. Il décrit ensuite la Révolution Industrielle et explique pour quelles raisons c'est l'Europe qui l'a faite, sous l'impulsion du progrès technique, et pas la Chine ou le monde arabe, qui étaient pourtant des candidats crédibles au rôle de moteur de l'économie mondiale. Il présente les controverses qui agitent les théoriciens, dès le début du XIXème siècle, sur l'interprétation positive ou négative à donner de la croissance perpétuelle qui s'annonce et du développement de la société capitaliste. Il montre comment la crise de 1929, dont les causes donnent lieu à des divergences d'analyse qu'il présente, marquera l'avènement de la régulation fordiste, à l'origine de la société de consommation de masse. Il explique comment la crise de 1973 marque la fin de la domination des keynésiens et le retour en force des libéraux, monétaristes et nouveaux néo-classiques, puis comment ceux-ci imposent progressivement une libéralisation du système économique qui affaiblit les solidarités institutionnelles, alors même que celles-ci avaient mis à mal les solidarités communautaires, laissant les individus seuls face à l'adversité économique. Il montre enfin comment l'équilibre de l'économie mondiale et le monde tel que nous le connaissons sont transformés par les développements chinois et indien, par les menaces qui pèsent sur l'environnement, par l'autonomisation hors de tout contrôle réel de la sphère financière, et par l'irruption d'une économie de l'immatériel dans laquelle la conception est tout et la production rien.
Dans ce contexte, et à contrario d'Huntington et de Fukuyama, Cohen pointe le risque du retour de la guerre pour l'accès aux ressources, guerre financée par la nouvelle prospérité des pays émergents, car on sait aujourd'hui que prospérité et commerce sont des facilitateurs de guerre et non des facteurs de paix perpétuelle comme le supposait Kant. Comme Jared Diamond, dans son livre "Effondrement" (qu'il faudrait enfin que j'extraie de ma pile pour le lire) il n'exclue pas la possibilité d'un effondrement de la civilisation occidentale sous la pression environnementale ou militaire.
C'est un excellent ouvrage de vulgarisation que Daniel Cohen livre au lecteur avide de culture. Plus accessible pour l'amateur que le très bon "27 questions d'économie contemporaine", "La prospérité du vice" devrait se trouver dans toute bonne bibliothèque.
La prospérité du vice, Daniel Cohen

Commentaires

arutha a dit…
Ca à l'air très tentant. Il me semble avoir vu Daniel Cohen au journal de 13h00 de France 2. Ce qu'il disait me semblait compréhensible et pertinent. Est-il possible pour un gros nullard en économie de lire (bon ça oui) et comprendre ce livre ?
Tout ce que je sais de l'économie c'est que, quand j'ai 10 euros en poche, je ne peux pas en dépenser 11. Et encore, je ne suis même pas sûr que ce soit vrai.
Je n'ai suivi aucun cours, n'ai lu aucun livre jusqu'à présent.
Gromovar a dit…
C'est précisément l'intérêt de ce livre : il est lisible par tout un chacun, et si tu ne dois en lire qu'un pour te faire une idée des mécanismes économiques, c'est celui-ci.
papa fredo a dit…
Merci pour avoir attiré l'attention sur ce livre qui a l'air effectivement assez intéressant. Et comme on m'a dit qu'il faudrait que je lise des trucs sérieux...
Gromovar a dit…
Je lis un livre adulte entre deux livres de gros bébé.
Aigo a dit…
Je vais attendre qu'il sorte en format poche... histoire d'économiser.
Gromovar a dit…
Ça parait approprié ;-)