Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

Ne pas voir, ne pas entendre...


N'intervenant que sporadiquement il me plaît de jouer l'ombre discrète qui de temps en temps fait remonter un ouvrage d'une pile dans l'ombre de LA pile. Or je viens de terminer The City and The City de China Miéville. Miéville est un auteur qui à l'issue de la lecture de Perdido Street Station s'est propulsé instantanément (enfin, pour autant que l'instantanéité puisse être ramenée à la longueur de ce roman) dans mon petit panthéon personnel, avec Dick, Borges, Herbert et quelques autres.
Son dernier roman tranche avec les univers punk-chaotiques qui l'ont fait connaître. Il s'agit d'une dystopie ou d'une uchronie (on ne le saura pas forcément, même jusqu'à la fin) contemporaine, se passant dans deux villes états de l'Est voisines. Tellement voisines d'ailleurs qu'elles sont superposées sur une grande partie de leur surface. Besźel et Ul Qoma, qui semblent être des contractions fantastiques de la Turquie et de la Syrie, adoptent alors un modus vivendi particulier : les frontières étant extrêmement strictes (ces deux états ont été en guerre plusieurs fois et les tensions sont vives), et les habitants de nationalité différentes habitant côtes à côtes, ceux-ci doivent apprendre très tôt à dévoir et désentendre la moitié de leur environnement (traduction à la volée, nous verrons si l'édition française me conforte - et oui ce n'est pas encore en VF).
Je ne vais pas plus déflorer le roman qui nous fait rentrer en douceur dans cette psychose et qui pas à pas, nous laisse croire que cela ne va pas tenir la route de la logique. Pour mieux nous montrer au détour d'une anecdote que si, il y a des raisons qui font que les véhicules ne se rentrent pas dedans, ou qu'il n'est pas possible de tricher et de voir en faisant semblant de dévoir... Cette dernière règle de l'univers de The City and The City étant jusqu'à la fin la plus mystérieuse et le ressort d'une bonne partie de l'intrigue. Quand je vous parlais de Borges...
Intrigue qui d'ailleurs est assez lapidaire, voire aride, avec un crime commis qui implique les deux villes, un inspecteur qui va devoir faire le "voyage" pour le résoudre, et des répercussions autour de la Brèche, cette mystérieuse force omnisciente qui emporte ceux qui voient alors qu'ils ne devraient pas.
Le livre est extrêmement plaisant une fois que ne l'on s'attend plus à l'univers baroque habituel de Miéville, et que l'on se fait aspirer par sa paranoïa. A lire a minima pour l'énorme plaisir de suspension de l'incrédulité qu'il provoque : si vous n'avez pas aimé Miéville jusqu'à présent, vous avez droit à une deuxième superbe facette de ses talents. A vous de jouer !
The city and The City, China Miéville

Commentaires

Munin a dit…
Gosh ! Je n'ai pas encore lu Un Lun Dun que voilà the City and the City ! Merci de ce billet, j'ai hâte de voir cet autre aspect de Miéville.
Gromovar a dit…
Je commande.
tiberix a dit…
Je dois dire que j'ai par contre passé mon tour sur Un Lun Dun... J'attendrai donc que quelqu'un d'autre m'en donne une revue. ^_^
Gdb a dit…
Idée génialissime et roman sympa mais j'suis déçu - Perdido street Station volait bien au dessus -
Trop de coquilles de traduction également... ou alors mon français est vraiment mauvais !!
Gromovar a dit…
Lu en anglais donc pas de problème de traduction. Pour Perdido, moi je n'ai pas aimé, alors...