Corum t1 - Chauvel - Merli

Corum – ou, pour être précis, le prince Corum Jhaelen Irsei – est l’une des incarnations du Champion Eternel , dont la plus célèbre est Elric de Melniboné . Créés par Michael Moorcock entre les années 60 et 70, ces Champions participent tous, sous leurs différentes manifestations et parfois à leur corps défendant, à la lutte permanente qui oppose la Loi (ordonnatrice) au Chaos (créateur) . Corum est un Vadagh, membre d'un peuple civilisé et paisible. Etrangers à la violence, ces esthètes ignorent l’art du combat et consacrent leur vie à des activités pacifiques telles que la création artistique, la quête du beau, l’exploration des divers plans qui constituent le Multivers. Mélancoliques, en déclin lent, ennemis de personne, les Vadaghs sont en voie d’extermination par les Mabdens (des nouveaux-venus humains, querelleurs et cruels là où les Vadaghs ressemblent à des elfes qui auraient abandonné la guerre) . Hélas pour eux, les Vadaghs avaient oublié, ou n’avaient jamais su, qu’on n...

Trois, quatre, remonte chez toi quatre à quatre


Le second recueil de Gudule, après "Le club des petites filles mortes", vient de sortir. Huit novellas d'une centaine de pages environ.
J'évacue les défauts : un premier texte où tout le monde se connait et se reconnnait, qui rappelle un peu ces pièces de Molière où on s'aperçoit à la fin qu'ils étaient tous parents ; quelques facilités scénaristiques ; des climax parfois décevants après une montée en tension très efficace.
Ceci posé, reste le bon.
Au fil de ces huit contes pour adultes, on rencontre des enfants assassins, des enfants martyrisés, des liaisons incestueuses, de l'amour, du sexe. On oscille en permanence entre réalité, souvenirs, rêve, fantasmes, hallucinations, manifestations fantastiques, avec des transitions tellement douces qu'il est difficile de trouver la frontière entre deux états. Chez Gudule le subconscient se donne à voir en pleine lumière et le visible ne permet jamais de présager de l'invisible.
La progression narrative est rythmée à merveille car Gudule fait très bien deux choses : elle sait doser la montée en tension pour rendre son histoire progressivement de plus en plus inquiétante, et elle excelle à détourner l'attention du lecteur de la vraie direction vers laquelle se dirige la novella (Gudule invente le twist final de milieu de récit ;-) ce qui fait que chaque histoire est surprenante.
Elle décrit parfaitement les enfants ou les adolescents. Ils sont crédibles dans leur élocution particulière, crédibles dans leurs sentiments excessifs et incontrôlés, ou leur incapacité à percevoir ce qui est impossible.
Elle décrit les nombreuses sexes de sexe ou de désir sans utiliser toutes les métaphores convenues qu'emploient les auteurs masculins, et c'est reposant.
Elle sait créer une connivence avec le lecteur en écrivant le plus souvent à la première personne. La connivence personnage/lecteur est un art délicat qui avance entre deux écueils, l'œillade rigolarde et la trop grande distance. Gudule place ses personnages à la distance idéale, elle les rend par là même attachants. Elle fait aussi montre d'une ironie pince sans rire, drôle et perçante dans son cynisme et son mépris des conventions sur ce qui est dicible, qui la place à des années lumière de la prose des spécialistes français du gros pastiche qui tache. Quantité des phrases placées par Gudule dans l'esprit de ses personnages pourraient être utilisées comme aphorismes.
Aucun texte n'est mauvais, mais dans les limites de ce que j'ai écrit plus haut. Certains sont vraiment bons avec une mention spéciale personnelle pour les deux derniers textes, l'un doté d'une "Mary Higgins Clark" perverse, l'autre écrit avec un style qui rappelle fortement les nouvelles de Boris Vian. Au final un recueil en dessous du précédent mais qui ne déçoit jamais vraiment.
Les filles mortes se ramassent au scalpel, Gudule

Commentaires

Efelle a dit…
J'ai bien aimé le volume précédent mais finalement le genre horrifique ne m'attire pas plus que ça.
Je passerai donc mon chemin vu que c'est apparemment inférieur au premier.
Aigo a dit…
J'adore les histoires qui évitent d'idéaliser les enfants, qui savent montrer leur côté sombre. Ça semble entrer dans cette catégorie...
Gromovar a dit…
De ce point de vue, tu seras servi.