Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise

L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit. Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille. Tout ce q...

Pochette surprise


Well, well...
Les anthologies, c'est toujours comme les pochettes surprise qu'on trouvait avant chez les boulangers. Il y avait parfois dedans de bien beaux jouets, et parfois de grosses merdes, souvent un peu des deux. Cette anthologie ne déroge pas à la tradition.
J'ai toujours beaucoup de mal à chroniquer les anthologies multi-auteurs car il y manque l'élément de synthèse, l'idée force, qu'on peut trouver dans un ouvrage plus monolithique. Alors je vais, comme le font les autres, procéder à un inventaire. A la différence de la plupart des autres, qui chroniquent nouvelle par nouvelle, je mettrai tout ce qui ne m'a pas plu (une bonne moitié) dans un paquet unique sans autre forme de procès.
Qu'y a-t-il de beau et bon dans cette anthologie Solaris ? Que peut-on sans crainte tenter de retrouver dans d'autres recueils ou sur le net ?

The Bowdler strain de James Lovegrove est une nouvelle drôle et absurde sur les armes de guerre non conventionnelles, caractéristique d'une forme de nonsense britannique. Rien d'étonnant de la part de l'auteur du très décalé "Days" et d'une excellente nouvelle dans ce recueil Steampunk. Il y a du Monty Python chez ce Lovegrove, même s'il a aussi écrit le plus contestable "Royaume désuni".

Personal Jesus de Paul di Filippo est très agréable à lire. L'humanité, en contact direct avec la divinité, apprend la sérénité. Le concept est original, la réalisation aussi. On y apprend comment le sexe sauve.

If at first de Peter F. Hamilton est une très bonne histoire. Il s'agit ici d'une construction de carrière comme seule la SF permet d'en imaginer pourvu qu'un grand auteur la serve. Hamilton qui, je le rappelle pour les distraits, est l'auteur entre autres de "L'étoile de Pandore" et de la trilogie "L'aube de la nuit" (que je n'ai jamais chroniquée j'ignore pourquoi), prouve une fois encore qu'il a une imagination débordante, et ici son utilisation du voyage temporel est des plus inédites.

Last contact de Stephen Baxter est un émouvant récit de la fin du monde. Introspectif, intérieur, intime, il touche profondément par la sérénité qui s'en dégage. L'auteur de "Titan" ne pouvait qu'écrire une histoire dans laquelle les humains savent qu'il est inutile de gacher leur énergie à tenter de s'élever contre l'Univers.

Zora and the Land Ethic Nomads de Mary A. Turzillo est une sorte d'enquête policière sur une Mars non terraformée qui devient rapidement très angoissante. Difficile de mettre mieux en évidence à quel point Mars n'est pas adaptée à la vie humaine et combien elle y est fragile et potentiellement éphémère.

The wedding party de Simon Ings est plus un pamphlet qu'une nouvelle. On sait (ou pas) comme l'art engagé me gonfle. La nouvelle vaut surtout par un final étonnant qui rappellera à certains un (mauvais) film de Jennyfer Lynch (la fifille de David, comme quoi...) avec Julian Sands et l'adorable Sherilyn Fenn.

Third person de Tony Ballantyne est peut-être la meilleure nouvelle du recueil. Intéressant traitement du thème du Point de vue en littérature, il décrit une guerre moderne cynique et cruelle, et métaphorise la conscription dans ce qu'elle a de profondément esclavagiste. Uen belle réussite. Je vais garder Tony Ballantyne à l'oeil.

The farewell party de Eric Brown a le défaut d'être un peu trop prévisible. Néanmoins elle suit un rythme narratif parfaitement maîtrisé. C'est une nouvelle agréable à lire, dont le décor cosy donne au lecteur l'impression d'être lui aussi en train de siroter une bière dans un chalereux pub de la campagne anglaise.

Pour le reste : poubelle.

The Solaris book of new science-fiction, Anthologie éditée par Georges Mann

Commentaires

El Jc a dit…
Oui je confirme Sherilyn Fenn est adorable ;o))
Bonne chronique que celle ci. Le fait de mettre en avant des textes de Peter F. Hamilton et de Stephen Baxter donne tout de suite le ton. Quand a Tony Ballantyne, son "Recursion" est depuis un petit moment dans ma liste, et je garde également un oeil ouvert sur ce monsieur. Merci pour cette petite présentation qui me fera très certainement vite ajouter cet ouvrage à ma liste.
Aigo a dit…
Le titre "Solaris" doit être un hommage au roman de Stanislas Lem, j'imagine. Rien à voir avec la revue québécoise du même nom, exception faite que le nom en fut également choisi en hommage au Polonais...?
Gromovar a dit…
@ El Jc : RDV pour la prochaine chronique de Tony Ballantyne.

@ Aigo : Non, Solaris est un éditeur anglais.