X-Men Elsewhen : John Byrne pour Happy Few

Juste quelques mots (et là je vais tenir parole) pour annoncer l'arrivée du volume 1 de la continuité alternative Elsewhen des X-Men par John Byrne himself. Elle ne concerne que les Happy Few qui comprennent ce dont je vais parler et à qui ce genre d'information s'adresse. Avec la mort de Gwen Stacy , celle de Jean Grey , après la saga du Phénix Noir, est l'un des pires traumatismes de l'univers Marvel (pour les personnages comme pour les lecteurs) . En se sacrifiant pour sauver l'univers, à une époque où Marvel ne passait pas encore son temps à ressusciter les héros, Jean Grey brise l'équilibre de l'équipe originale ainsi que le cœur des lecteurs. John Byrne, qui dessinait, quitte peu après les X-Men, laissant pinceaux et idées à son partenaire Chris Claremont. Et l'événement réorienta complètement l'univers des X-Men, l'amenant progressivement dans un style de plus en plus character-driven sous la plume de Chris Claremont et les pinceaux...

Exhilarating


Ce petit opuscule de Jean-Pierre Andrevon narre avec ironie et détachement l'invasion du monde par des zombies revenus malencontreusement d'entre les morts. L'auteur réussit à faire tenir ensemble, sans raccord visible, deux parties assez différentes, d'une part l'arrivée des zombies, décrite sur un ton où l'angoisse et la stupeur sont mélées à la goguenardise, d'autre part les derniers efforts du héros pour survivre dans un monde devenu un cimetière à ciel ouvert. Andrevon, auteur, critique, musicien, et j'en passe, bien connu dans le milieu, place volontairement, et de manière plutôt judicieuse, ses réflexions sur l'environnement et sa destruction par l'humanité ; il décrit avec un réalisme désabusé les rapports d'un couple qui se connait depuis trop longtemps, et l'amour immodéré de deux filles pour leur deux mêres ; il explore quelques perversions humaines ; il illustre les rapports qu'entretiennent la mort et le sexe ; il utilise aussi parfois, et là c'est sûrement involontaire, un vocabulaire ou des images qui prouvent qu'il a plus de 70 ans, ce qui donne à son roman le charme désuet des livres écrits "avant". Le politiquement correct est brièvement tourné en dérision, ce qui est toujours agréable, avant de céder face aux contraintes de la réalité. Les autorités ne contrôlent la situation qu'un temps ridiculement court avant que leur contrôle, précisément, ne tourne court. Et surtout, il raconte l'histoire d'un héros un peu improbable que le lecteur trouve foncièrement sympathique, ce qui le pousse à tourner les pages à la vitesse grand V pour savoir s'il va s'en sortir et comment. Au fil de l'histoire, Jean-Pierre Andrevon fait des références quasi-explicites au "Je suis une légende" de Richard Matheson, et certaines scènes évoquent furieusement "Mad Max II", ainsi que tous les film de zombie de Romero. "Un horizon de cendres" est court, rythmé, haletant. C'est le parfait ouvrage pour un voyage en train (je n'ai pas dit roman de gare ;-) ou une ou deux soirées à remplir agréablement. Ce livre est excitant.
Un horizon de cendres, Jean-Pierre Andrevon

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