The Blacktongue Thief - Christopher Buehlman

Kinch Na Shannack appartient à la Takers Guild , nom officiel de la Guilde des Voleurs. Comme la plupart de ses confrères et consœurs, il est endetté envers l’organisation en contrepartie de la formation qu’il a reçue. Une dette qu’il doit payer, sous peine de mort à plus ou moins brève échéance. Voilà pourquoi, quand une mission lui est confiée, il s’exécute sans discuter – alors même qu’il ne connaît pas la nature exacte de la tâche qu’on attend de lui. Tout ce qu’on lui a ordonné, c’est d’accompagner une femme chevalier en route pour Oustrim, un royaume situé à l’autre bout de la carte, qui vient d’être envahi par une armée de géants. Compétent dans le crochetage, le combat au couteau, l’escalade de murs, l’art d’amortir ses chutes, le tissage de mensonges, la fabrication de pièges, et capable de lancer quelques petits sortilèges, Kinch est un voleur doué et efficace. La femme qu’il doit convaincre d’accepter sa compagnie se nomme Galva, et c’est une combattante redoutable. Si The B...

Dickens on dope


Directement de chez Smith, cette très délectable anthologie steampunk. Pour ceux qui ne connaitraient pas le terme, le steampunk c'est du cyberpunk à vapeur, c'est à dire un XIXème siècle victorien fantasmé dans lequel existent des robots à vapeur, des ordinateurs mécaniques (la fameuse machine de Babbage, incontournable), des machines volantes ou sous-marinantes utilisant des technologies improbables ; en résumé, du romantisme gothique matiné de SF cuivré. L'ouvrage steampunk le plus connu est certainement "The difference engine" de Gibson et Sterling, mais le genre est très prolifique.
12 nouvelles écrites par des auteurs plutôt connus et plutôt compétents, c'est un menu alléchant. Le plat répond aux attentes. Abordons les auteurs qui m'ont le plus convaincus.

James Lovegrove, auteur de l'inénarrable "Days", livre ici une merveille de nouvelle sur le monde de la "boxe", que Dickens n'aurait pas reniée pour son style gouailleur et cockney.

Kage Baker : une histoire à la James Bond sur la mise en place du cable télégraphique transatlantique et la crainte qu'elle a suscité. Drôle et cruelle.

Ian R. MacLeod : il prouve ici encore une fois qu'il écrit divinement bien et qu'il est un maitre pour décrire les changements sociaux et la nostalgie fataliste qui les accompagne. Il émeut comme peu d'auteurs savent le faire avec une histoire qui évoque son précédent roman "L'âge des lumières". Certainement la plus grande intensité émotionnelle du recueil.

Margo Lanagan : une nouvelle féministe de pétroleuse, drôle, méchante, immorale et innovante. Un petit bijou prenant place dans le bush australien (qui était encore plus isolé qu'il ne l'est aujourd'hui).

James Morrow : le bien nommé pour un récit à la "Ile du Dr Moreau". Féministe aussi mais d'un féminisme déjanté et extrême. Evolutionniste et scientiste comme ont pu l'être les romans de Mary Shelley par exemple. Parfaitement dans l'esprit du XIXème.

Keith Brooke : encore une histoire évoquant Mary Shelley et l'omnipotence rêvée des biologistes victoriens. On notera une fin ironique à la Réanimator.

Robert Reed : un récit situé aux Etats-Unis dans lequel un robot créé pour imiter Abraham Lincoln devient shérif dans une ville de western et vit une situation rappelant "Le train sifflera trois fois". Certainement le récit le plus original à l'intérieur de la veine steampunk par son contexte et ses personnages.

Le reste m'a un peu moins convaincu, sans être toutefois déplaisant à lire (en particulier "Static" de Marly Youmans est très plaisamment dickensien aussi, même si j'ai trouvé la fin un peu légère).
Au final, une belle collection représentative de la richesse du style.
Extraordinary engines, Anthologie

Commentaires

Anonyme a dit…
Une anthologie qui semble bien appétissante.
Gromovar a dit…
Elle l'est :-)