No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Ahnenerbe


"Le grand jeu" est une histoire publiée dans l'excellente collection "Série B" de Delcourt. Cette collection se spécialise dans des récits efficaces, accrocheurs, pimentés de fantastique, comparables à ce que sont les séries B au cinéma. Je parlerai un autre jour de deux autres superbes représentants de cette collection : "Le testament du docteur M" et "Le céleste noir".
"Le grand jeu", surnom donné à l'espionnage dans les romans dédiés, est situé dans une réalité uchronique. La paix a été signée en 1941 entre l'Allemagne et les Alliés. Seule l'Union Soviétique est toujours en guerre.
Cela aurait pu suffire à placer un récit prospectif. Mais ce monde alternatif, et par certains côtés steamsomething, superbement dessiné par Léo Pilicovic, est doublement alternatif; il est aussi le berceau de forces occultes, qui ont participé à la guerre. Le crash inexpliqué d'un zeppelin de ligne au-dessus du pôle mettra tous les services secrets du monde en ébullition. Et là, Pécau, le scénariste, se déchaine en puisant son inspiration dans "Le matin des magiciens" de Jacques Bergiér et Louis Pauwels. Cet ouvrage cultissime décrit, entre autres délires, ce qui seraient les origines occultes du nazisme. Ce thême a été souvent traité dans la littérature ou le cinéma (penser à Indiana Jones I) car il s'avère que nombre de membres importants de la SS appartenaient à des sociétés secrètes et que certain adhéraient à des théories farfelues, telles que celle de la "Terre creuse" (pour ceux que ça intéresse il y a un article pas mal fait ici).
Pour savoir ce qui s'est passé au pôle, des expéditions partent, alors que les services luttent les uns contre les autres pour être les premiers sur zone. Entre réalité alternative, science alternative, politique alternative, ce récit est un vrai moment de plaisir jubilatoire. C'est outré comme une vrai série B, et on y prend le même plaisir régressif à éprouver des émotions brute de fonderie. Vont aimer cet album ceux qui aiment les uchronies, ceux qui aiment les théories occultes à la Hellboy, ceux qui ont pris du plaisir en visionnant le "Planet terror" de Robert Rodriguez (d'ailleurs l'une des fausses bandes-annonces, réalisée par l'immense Rob Zombie, pour être diffusée avec le film s'intitule Werewolf women of the SS, on est exactement dasn le ton). Je ne déflore pas mais on va de rebondissement en rebondissement. C'est du grand spectacle.
Le grand jeu, t1 Ultima Thulé,
Le grand jeu, t2 Les dieux noirs, Pécau, Pilipovic

Commentaires

Aigo a dit…
"La paix a été signée en 1941 entre la France et les Alliés"

Ce ne serait pas entre l'Allemagne et les Alliés, par hasard?
Gromovar a dit…
Tout à fait. C'est corrigé maintenant.
Munin a dit…
Tiens, j'étais passé à côté de cette collection de Delcourt. Mais vu que je suis largué, aujourd'hui, en BD, c'est pas très étonnant. Ton article me donne envie de réessayer du Pécau.
Gromovar a dit…
Ca devrait te plaire.