Wolf Worm - T. Kingfisher

1899, Caroline du Nord. Sonia Wilson arrive à la gare de Siler - « le pays du mondialement célèbre Lapin de Chatham » . Après la mort de son père, avec qui elle vivait, cette femme célibataire vient prendre un emploi chez le Dr Halder, un naturaliste comme son défunt père. Différence notable entre les deux : le père Wilson inventoriait les végétaux quand le Dr Halder s’occupe, lui, d’insectes. Dans la maison isolée où elle va dorénavant vivre et travailler, elle découvre un tout petit monde composé d’une gouvernante, de son mari, d’une jeune domestique, et surtout du très désagréable Dr Halder. Autour, quelques rares voisins (dont un paraît cinglé) , et quelques paroissiens côtoyés à l’office du dimanche. C’est tout. C’est peu. Et comme si ça ne suffisait pas, Sonia réalise vite que quelque chose (quoi au juste ?) n’est pas normal. Wolf Worm est le dernier roman de T. Kingfisher . C’est un Southern Gothic  réussi, à condition d’atteindre une assez forte suspension d’inc...

New brave new world


Parution de la version française de "Counting Heads". Ce roman a reçu d'excellentes critiques anglo-saxonnes et il était très attendu. Honnêtement, je suis un poil déçu.
Ca commençait pourtant très bien. Tellement autre, tellement innovant qu'il m'a rappelé le choc qu'avait été il y a 20 ans la lecture de "Neuromancien". David Marusek est un fantastique spéculateur, extrême, mais aucune de ses spéculations ne parait trop délirante pour être plausible à terme. Et il invente dans tous les azimuts. Qu'on me suive : nanotechnologies intégrées au corps (bien mieux qu'une prise neurale), nano extrusion d'objets (pas d'humain à la fab'), intelligences artificielles (de vraies personnages), classes de clones ad hoc (l'humain généraliste est sous-efficient), communautés égalitaires et classes antagonistes, développement du spam (700 millions de messages sur boite vocale), publicité constante de la vie privée (des abeilles aussi ennuyeuses que des journalistes), contrôle social fascisant (biométrie ADN permanente), emplois qui enculent (à tous les sens du terme), entreprises virtuelles et/ou nomades, proxys personnels, etc... Il y en a plein d'autres, c'est un feu d'artifice (notamment des nanobots combattants qui rappelent, l'intelligence en plus, "Les légions immortelles" de Scott Westerfeld). L'invention technique est foisonnante et l'imagination sociale encore plus, ce qui n'est pas peu dire. On visite un monde, et il est décrit dans des détails si nombreux qu'il semble que Marusek en revient.
Là où le bât blesse, c'est sur l'histoire. Il manque à ce roman une histoire principale qui file la métaphore. Certes il y a bien un récit principal, mais il est trop délayé et les multiples détours qu'il emprunte paraissent souvent bien cosmétiques. A la fin de ma lecture j'ai eu la même impression qu'après "Perdido Street Station", celle d'un background magnifiquement détaillé (parfait pour un jeu de rôle) mais où un scénario intéressant est encore à placer.
Un paradis d'enfer, David Marusek

Commentaires

Gromovar a dit…
J'ai dit du mal de Perdido Street Station. Pardon TiberiX je me couvre la tête de cendres.