Aurora Rising - Alastair Reynolds

Alastair Reynolds est un auteur britannique de SF de grand renom. Il a créé le célèbre cycle des Inhibiteurs dont la revue Bifrost disait en 2023 qu’il constituait la partie « la plus renommée, at assurément la plus volumineuse » de son œuvre. Aurora Rising (titre original : The Prefect) est un roman qui se passe au XXVe siècle, environ cent ans avant l’intrigue principale du cycle. Il peut se lire (comme ses deux suites) indépendamment du cycle principal, et montre aux lecteurs qui le connaîtraient un univers qui n’a pas encore sombré dans la déréliction liée au désastre de la Pourriture fondante. Yellowstone est le monde humain le plus avancé. Un cauchemar atmosphérique constellé de villes sous dôme. Autour de Yellowstone gravitent environ dix mille habitats orbitaux qui forment le Glitter Band . 100 millions de personnes vivent dans ces habitats qui sont tous strictement souverains. Seule condition pour faire partie de l’ensemble : accepter et respecter un système qui place le ...

New brave new world


Parution de la version française de "Counting Heads". Ce roman a reçu d'excellentes critiques anglo-saxonnes et il était très attendu. Honnêtement, je suis un poil déçu.
Ca commençait pourtant très bien. Tellement autre, tellement innovant qu'il m'a rappelé le choc qu'avait été il y a 20 ans la lecture de "Neuromancien". David Marusek est un fantastique spéculateur, extrême, mais aucune de ses spéculations ne parait trop délirante pour être plausible à terme. Et il invente dans tous les azimuts. Qu'on me suive : nanotechnologies intégrées au corps (bien mieux qu'une prise neurale), nano extrusion d'objets (pas d'humain à la fab'), intelligences artificielles (de vraies personnages), classes de clones ad hoc (l'humain généraliste est sous-efficient), communautés égalitaires et classes antagonistes, développement du spam (700 millions de messages sur boite vocale), publicité constante de la vie privée (des abeilles aussi ennuyeuses que des journalistes), contrôle social fascisant (biométrie ADN permanente), emplois qui enculent (à tous les sens du terme), entreprises virtuelles et/ou nomades, proxys personnels, etc... Il y en a plein d'autres, c'est un feu d'artifice (notamment des nanobots combattants qui rappelent, l'intelligence en plus, "Les légions immortelles" de Scott Westerfeld). L'invention technique est foisonnante et l'imagination sociale encore plus, ce qui n'est pas peu dire. On visite un monde, et il est décrit dans des détails si nombreux qu'il semble que Marusek en revient.
Là où le bât blesse, c'est sur l'histoire. Il manque à ce roman une histoire principale qui file la métaphore. Certes il y a bien un récit principal, mais il est trop délayé et les multiples détours qu'il emprunte paraissent souvent bien cosmétiques. A la fin de ma lecture j'ai eu la même impression qu'après "Perdido Street Station", celle d'un background magnifiquement détaillé (parfait pour un jeu de rôle) mais où un scénario intéressant est encore à placer.
Un paradis d'enfer, David Marusek

Commentaires

Gromovar a dit…
J'ai dit du mal de Perdido Street Station. Pardon TiberiX je me couvre la tête de cendres.