Bangkok Déluge - Pitchaya Sudbanthad

« Krungthep mahanakhon amon rattanakosin mahintara ayuthaya mahadilok phop noppharat ratchathani burirom udomratchaniwet mahasathan amon piman awatan sathit sakkathattiya witsanukam prasit » : ville d'Asie, capitale de la Thaïlande. Aussi connue sous le nom de Bangkok . C'est dans la ville tentaculaire de ses origines que nous transporte Pitchaya Sudbanthad pour son premier roman, " Bangkok Déluge ". De la fin du XIX siècle au futur proche, Sudbanthad donne à voir, à entendre, à sentir, une ville monstre aussi fascinante qu'on cobra cracheur. Autour d'un site qui persiste d'un moment de la ville à l'autre, d'une maison qui fut mission chrétienne avant d'être une belle demeure et devint ensuite l'annexe d'un immeuble de grande hauteur, l'auteur déroule l'écheveau des vies qui en sont proches, au cœur d'une ville qui est le personnage principal du roman. Une ville que je n'avais pas lue aussi bien décrite depuis La fille a

All we ever wanted was everything


Parution récente d'un passionant petit livre sur le rock gothique. Agrémenté de belles photos, l'ouvrage traite du rock gothique groupe emblématique par groupe emblématique. Il commence par une introduction au mouvement gothique que devraient lire toutes les adolescentes prépubères qui mettent des t-shirts noirs décorés de cranes et qui disent avec un accent marseillais prononcé qu'elles sont gothiques (ce qui donne : "gotchiques"). Apprenant que ce mouvement post-punk à tous les sens du terme exprimait la désespérance fataliste d'une génération qui suivait celle dont la révolte avait capoté puis été récupérée, apprenant aussi que le mouvement prend ses racines dans le romantisme du XIXème siècle et plus précisément dans ce premier mouvement gothique qu'est la vogue des romans terrifiants anglais du début des années 1800, apprenant enfin qu'il est impossible de se dire gothique si on ne dépasse pas le musical pour toucher à tous les arts, toute ado prépubère "gotchique" devrait se dire qu'elle n'est pas à sa place et enlever bien vite ses obscurs oripeaux pour se tourner vers des tribus où les barrières à l'entrée sont plus basses.
Pour ceux qui restent après l'intro, ils ont entre les mains un guide touristique qui présente chaque groupe ou mouvement avec son histoire, ses évolutions, sa discographie. Les fiches sont courtes et le livre n'a pas vocation encyclopédique (il est d'ailleurs assez mal écrit) mais il permet de se remettre des choses en mémoire ou d'en apprendre qu'on ne connaissait pas sur tel ou tel line-up. On croisera en vrac : Siouxsie, Killing Joke, Bauhaus, The Cure, Joy Division, New Model Army, Virgin Prunes, Dead can Dance, Christian Death, Jad Wio, Nine Inch Nails, etc...et même Laibach (ça c'est pour Nébal).
Au final un ouvrage très plaisant à lire comme on feuillette un vieil album de photos.
Pour en savoir plus sur la culture gothique on pourra lire le "Goth" de Patrick Eudeline, et l'excellentissime "Carnet noirs" qui est une bible difficile à trouver.
Le rock gothique, Christian Eudeline

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