Exquisite Corpses t3 - Tynion - Walsh - Bellaire

Suite et fin de la série Exquisite Corpses (avant une saison 2 déjà annoncée) . La fin du jeu approche. Les morts se multiplient, tant parmi les civils piégés d'Oak Valley que parmi les tueurs en compétition. Ils ne sont plus que cinq au début du TPB et, tu le sais, lecteur, il ne peut en rester qu'un. Tu te prépares donc à une conclusion attendu dans laquelle se vérifiera le caractère inhumain du jeu et de ses organisateurs (l'élimination du garde-chasse est significative) . Mais Tynion, aussi brillant que d'habitude, nous réserve deux nouveaux rebondissements (si ce n'est plus, tout dépend comment on compte) , après celui qui concluait déjà le volume précédent et surprenait par l'identité du concurrent éliminé. C'est donc à un roller-coaster épique, tant émotionnel que polémologique, que l'auteur et ses dessinateurs (!) convient ses lecteurs pour un final en feu d'artifice. Viens, lecteur ! Ne rate pas ce grand spectacle. Exquisite Corpses TPB3, Ty...

Moorcock über alles


Après "Nec Deleatur" encore un ouvrage en tirage très limité. Publié par les éditions ActuSF et tiré à 400 exemplaires, "London Bone" est un recueil de quatre nouvelles de Moorcock, l'immense créateur du Héros Eternel et du Multivers. Passé la première qui est dispensable, les trois suivantes sont excellentes, chacune à sa manière propre.
"London Bone" est un récit à la première personne, désabusé et traversé d'ineluctabilité comme ceux que Salinger écrivait par exemple. C'est une critique caustique et savoureuse du monde de l'art et du spectacle, des phénomènes de mode, de la versatilité de la société moderne et de ses tentations religio-rogoristes. Tout ça en quarante petites pages, c'est quand même de la belle ouvrage.
"Un samedi soir tranquille..." est un récit complètement surréaliste (Monty pythonesque) dans lequel les personnages ont une entrevue avec un Dieu complètement amoral, ultra libéral et wasp, une véritable ordure. Nous y apprenons plusieurs choses essentielles : quel est l'avenir du monde, si une rédemption de l'humanité est possible, et qui seront les élus lors du Jugement Dernier (accessoirement nous apprenons aussi la vérité sur le naufrage du Titanic). Mettre Dieu en scène est délicat et casse-gueule ; le Dieu de Moorcock est convaincant et détestable.
"Le jardin d'agrément de Felipe Sagittarius" est une nouvelle écrite en 1966 comme on ne pourrait plus en écrire aujourd'hui. Enquête uchronique mettant en scène des personnages historiques, dont un Hitler capitaine de la police, elle est une sorte de résumé, condensé, extrait, de la Seconde Guerre Mondiale en 17 petites pages. Elle illustre la théorie de W. Reich dans "La psychologie de masse du fascisme" selon laquelle l'énergie sexuelle non correctement épanchée se résoud dans la violence. Aujourd'hui, le politiquement correct, l'hystérie mémorielle,l'auto-censure des médias soumis à la pression de la bien pensance empècherait la publication d'une nouvelle qui prend le partie de ne pas prendre l'air consterné de circonstance.
Au final un véritable plaisir de lecture, rapide et vif, et un petit opuscule numéroté à ajouter dans sa bibliothèque (le mien c'est le 78).
London Bone, Michaël Moorcock

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