An Eye for Property - Tanya Fordwalker

« Le jeu n’en vaut pas la chandelle… mais empêcher qu’elle s’éteigne » R. E. Howard Dans un futur proche, la société Splice of Life offre à tout client proche de la mort et décidé à payer une forte somme (le Passenger) du temps de vie supplémentaire dans le corps d’un jeune bien vivant (le Driver) , qui lui servira de corps d’emprunt un certain temps par semaine ou par jour ; une version hi-tech des cavales de Damballa. Une puce insérée dans le cerveau du Driver contient la personnalité scannée du Passenger. A des jours et heures contractuellement décidés, la personnalité du Passenger est activée puis prend le contrôle du corps de son Driver dont la conscience s’éteint dans l’intervalle. A la fin de la période contractuellement convenue, la conscience du Passenger se remet en sommeil et c’est le Driver qui revient aux commandes. Mais que se passerait-il si quelque chose buguait dans la puce ? An Eye For Property est une nouvelle de Tanya Fordwalker lisible sur le site React...

Moorcock über alles


Après "Nec Deleatur" encore un ouvrage en tirage très limité. Publié par les éditions ActuSF et tiré à 400 exemplaires, "London Bone" est un recueil de quatre nouvelles de Moorcock, l'immense créateur du Héros Eternel et du Multivers. Passé la première qui est dispensable, les trois suivantes sont excellentes, chacune à sa manière propre.
"London Bone" est un récit à la première personne, désabusé et traversé d'ineluctabilité comme ceux que Salinger écrivait par exemple. C'est une critique caustique et savoureuse du monde de l'art et du spectacle, des phénomènes de mode, de la versatilité de la société moderne et de ses tentations religio-rogoristes. Tout ça en quarante petites pages, c'est quand même de la belle ouvrage.
"Un samedi soir tranquille..." est un récit complètement surréaliste (Monty pythonesque) dans lequel les personnages ont une entrevue avec un Dieu complètement amoral, ultra libéral et wasp, une véritable ordure. Nous y apprenons plusieurs choses essentielles : quel est l'avenir du monde, si une rédemption de l'humanité est possible, et qui seront les élus lors du Jugement Dernier (accessoirement nous apprenons aussi la vérité sur le naufrage du Titanic). Mettre Dieu en scène est délicat et casse-gueule ; le Dieu de Moorcock est convaincant et détestable.
"Le jardin d'agrément de Felipe Sagittarius" est une nouvelle écrite en 1966 comme on ne pourrait plus en écrire aujourd'hui. Enquête uchronique mettant en scène des personnages historiques, dont un Hitler capitaine de la police, elle est une sorte de résumé, condensé, extrait, de la Seconde Guerre Mondiale en 17 petites pages. Elle illustre la théorie de W. Reich dans "La psychologie de masse du fascisme" selon laquelle l'énergie sexuelle non correctement épanchée se résoud dans la violence. Aujourd'hui, le politiquement correct, l'hystérie mémorielle,l'auto-censure des médias soumis à la pression de la bien pensance empècherait la publication d'une nouvelle qui prend le partie de ne pas prendre l'air consterné de circonstance.
Au final un véritable plaisir de lecture, rapide et vif, et un petit opuscule numéroté à ajouter dans sa bibliothèque (le mien c'est le 78).
London Bone, Michaël Moorcock

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