Women in Chains 2026 - Thomas Day

En 2012, je chroniquai positivement le recueil Women in Chains, de Thomas Day, qui venait de sortir chez ActuSF . Voilà qu’il revient aujourd’hui au Bélial, dans une édition revue et corrigée avec couv' et illustrations intérieures d'Anouck Faure. Exit la préface, bienvenue à un amuse-gueule (qui évoque sans le dire l’affaire French Bukkake ) et à une coda. Exit aussi la nouvelle Poings de suture . Arrivée de l’inédite El Fantasma et réécriture de Tu ne laisseras point vivre , retitrée Toute la vérité sur la sorcière de l’est . Brève revue. Eros-Center , La ville féminicide et Nous sommes les violeurs restent identiques à la version originale. Trois textes forts et percutants. Deux mots donc sur ce qui bouge. Un mot bref d’abord sur Toute la vérité sur la sorcière de l’est . Réécrite, cette histoire de femme affligée d’une malédiction qui lui fait voir la grande mort pendant la petite, est devenue plus efficace, plus cohérente que dans sa version précédente. Un mot plus lon...

Bloody frogs


Je viens de passer un moment délicieux. Ce fut bref mais intense.
J'ai reçu ce matin le nouvel exemplaire de "Warren Ellis Crécy" que j'avais jeté à la poubelle par inadvertance, signant ainsi ma filiation cachée avec Nébal. Je me suis donc jeté dessus avec avidité, profitant de la journée libre que m'octroyait ma protestation contre la politique gouvernementale dans l'Education Nationale.
Il faut (j'ordonne) que tous les anglophones passent commande d'urgence. Le comic raconte la bataille de Crécy et son contexte par la bouche d'un archer anglais (l'un de ces "démons qui ont taillé en pièce la fine fleur de la chevalerie française"). C'est un superbe cours d'histoire qui change agréablement de la version épinalisée que nous avons tous appris à l'école (enfin, les pas trop jeunes) : les archers anglais, sous la pluie, exterminant la quasi totalité des chevaliers français, avec enluminures, salades et miséricordes (Caceres se paie le luxe d'inclure quelques-unes de ces images d'Epinal dans le strip). Plus de guerre courtoise, la fin se met à primer sur les moyens. Deuxième rupture, l'armée professionnelle du roi de France est vaincue par une armée "populaire". La trouvaille géniale de Warren Ellis est de faire raconter la bataille par un archer anglais méchant, xénophobe, odieux. Voici comment il commence son récit : "This is a story about the english and the french and why the english hate the french. Which is because they smell bad, they eat frogs, and they're twenty-five miles away". C'est d'autant plus savoureux quand le lecteur est français et que toute cette détestation lui est directement adressée. Rassurons quand même ! Il déteste aussi les gallois, les écossais, les anglo-normands, etc... Il nous explique également comment en anglais "cunt" est presque un signe de ponctuation. Je vous laisse découvrir le reste.
Le récit est très détaillé et historiquement exact. Le second degrè et l'humour pince sans rire sont permanents. Les graphismes au trait sont magnifiques et le mot est faible. Quand au prix, avec la chute du dollar il est tellement bas qu'il s'apparente plus à une participation aux frais.
Il en reste un en stock sur Amazon pour ceux qui ne voudraient pas attendre.
Warren Ellis Crécy, Ellis et Caceres

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