Joiner and Rust - Lavie Tidhar

Un robot rend visite à un autre robot. Ils se connaissent depuis longtemps. Ils ont vécu quantité d'aventures ensemble. Chacun est pour l'autre ce qui ressemble le plus à un ami. Lavie Tidhar place son récit dans un monde où humains normaux, humains modifiés (volontairement ou à leur corps défendant) et robots, entres autres, cohabitent et vivent, semble-t-il, en aussi bonne intelligence que possible dans un système solaire qui connut de longues et cruelles guerres auxquelles les deux compères participèrent. Nihil novi sub sole.  Mais, pour l'instant, la paix règne, seuls subsistent les vestiges des conflits. Et un vieil ami peut aller voir son vieil ami pour se souvenir du bon vieux temps. Solarpunk sans doute (ce genre a des fans dont je ne suis pas) , fiction panier, salvaging SF, Joiner and Rust ( de Lavie Tidhar et lisible ici ) est tout cela et donc autant dire qu'il ne m'a guère captivé. Mais le monde est si plein de belles personnes que je ne doute pas qu...

Bloody frogs


Je viens de passer un moment délicieux. Ce fut bref mais intense.
J'ai reçu ce matin le nouvel exemplaire de "Warren Ellis Crécy" que j'avais jeté à la poubelle par inadvertance, signant ainsi ma filiation cachée avec Nébal. Je me suis donc jeté dessus avec avidité, profitant de la journée libre que m'octroyait ma protestation contre la politique gouvernementale dans l'Education Nationale.
Il faut (j'ordonne) que tous les anglophones passent commande d'urgence. Le comic raconte la bataille de Crécy et son contexte par la bouche d'un archer anglais (l'un de ces "démons qui ont taillé en pièce la fine fleur de la chevalerie française"). C'est un superbe cours d'histoire qui change agréablement de la version épinalisée que nous avons tous appris à l'école (enfin, les pas trop jeunes) : les archers anglais, sous la pluie, exterminant la quasi totalité des chevaliers français, avec enluminures, salades et miséricordes (Caceres se paie le luxe d'inclure quelques-unes de ces images d'Epinal dans le strip). Plus de guerre courtoise, la fin se met à primer sur les moyens. Deuxième rupture, l'armée professionnelle du roi de France est vaincue par une armée "populaire". La trouvaille géniale de Warren Ellis est de faire raconter la bataille par un archer anglais méchant, xénophobe, odieux. Voici comment il commence son récit : "This is a story about the english and the french and why the english hate the french. Which is because they smell bad, they eat frogs, and they're twenty-five miles away". C'est d'autant plus savoureux quand le lecteur est français et que toute cette détestation lui est directement adressée. Rassurons quand même ! Il déteste aussi les gallois, les écossais, les anglo-normands, etc... Il nous explique également comment en anglais "cunt" est presque un signe de ponctuation. Je vous laisse découvrir le reste.
Le récit est très détaillé et historiquement exact. Le second degrè et l'humour pince sans rire sont permanents. Les graphismes au trait sont magnifiques et le mot est faible. Quand au prix, avec la chute du dollar il est tellement bas qu'il s'apparente plus à une participation aux frais.
Il en reste un en stock sur Amazon pour ceux qui ne voudraient pas attendre.
Warren Ellis Crécy, Ellis et Caceres

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