Le froid va encore empirer - Rich Larson in Bifrost 122

Dans le Bifrost 122 il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, Scientifiction and so on. Il y a aussi, hélas, un édito d'Olivier Girard qui rend hommage à Philippe Boulier, son ami, un membre de l’équipe qui nous a quittés. Philippe Boulier n’était pas, de l’équipe, celui que je connaissais le mieux. Mais il était toujours là, dans mon champ de vision, assis à la Table-SF ou dînant à la Loco. Et puis, de ce champ de vision, il a disparu. Pas à cause d’un défaut de la rétine, mais bien plutôt à cause d’un défaut du réel. Dans le Bifrost 122 , il y a aussi un gros dossier sur les cent ans d’ Amazing Stories , qui entre en résonance avec les trente ans de Bifrost, et quatre nouvelles de Rich Larson, Robert Charles Wilson, Laurent Genefort et Olivier Caruso. Commençons par Rich Larson. Au cœur d’une forêt d’hiver survivent une mère enceinte et malade (d’une bien étrange maladie) et ses deux filles. C’est la nuit. Les soldats approchent. Leur simple présence est terri...

Bloody frogs


Je viens de passer un moment délicieux. Ce fut bref mais intense.
J'ai reçu ce matin le nouvel exemplaire de "Warren Ellis Crécy" que j'avais jeté à la poubelle par inadvertance, signant ainsi ma filiation cachée avec Nébal. Je me suis donc jeté dessus avec avidité, profitant de la journée libre que m'octroyait ma protestation contre la politique gouvernementale dans l'Education Nationale.
Il faut (j'ordonne) que tous les anglophones passent commande d'urgence. Le comic raconte la bataille de Crécy et son contexte par la bouche d'un archer anglais (l'un de ces "démons qui ont taillé en pièce la fine fleur de la chevalerie française"). C'est un superbe cours d'histoire qui change agréablement de la version épinalisée que nous avons tous appris à l'école (enfin, les pas trop jeunes) : les archers anglais, sous la pluie, exterminant la quasi totalité des chevaliers français, avec enluminures, salades et miséricordes (Caceres se paie le luxe d'inclure quelques-unes de ces images d'Epinal dans le strip). Plus de guerre courtoise, la fin se met à primer sur les moyens. Deuxième rupture, l'armée professionnelle du roi de France est vaincue par une armée "populaire". La trouvaille géniale de Warren Ellis est de faire raconter la bataille par un archer anglais méchant, xénophobe, odieux. Voici comment il commence son récit : "This is a story about the english and the french and why the english hate the french. Which is because they smell bad, they eat frogs, and they're twenty-five miles away". C'est d'autant plus savoureux quand le lecteur est français et que toute cette détestation lui est directement adressée. Rassurons quand même ! Il déteste aussi les gallois, les écossais, les anglo-normands, etc... Il nous explique également comment en anglais "cunt" est presque un signe de ponctuation. Je vous laisse découvrir le reste.
Le récit est très détaillé et historiquement exact. Le second degrè et l'humour pince sans rire sont permanents. Les graphismes au trait sont magnifiques et le mot est faible. Quand au prix, avec la chute du dollar il est tellement bas qu'il s'apparente plus à une participation aux frais.
Il en reste un en stock sur Amazon pour ceux qui ne voudraient pas attendre.
Warren Ellis Crécy, Ellis et Caceres

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