Perdido Street Station - China Miéville

Perdido Street Station , de China Miéville, ressort la semaine prochaine dans une édition Deluxe limitée à 2500 exemplaires, toujours au Diable Vauvert et toujours traduit par Nathalie Mège . Prix British Fantasy de la British Fantasy Society 2000, Prix Arthur C Clarke 2001, Prix Ignotus 2002, Prix Kurd-Lasswitz 2003 et Grand Prix de l'Imaginaire du roman étranger 2005, sans oublier un Prix Jacques Chambon de la traduction 2005, ce roman est un classique lu avant le début du blog. Je vous propose néanmoins la chronique enthousiaste de tiberix qui vous donnera sûrement envie de lire ce bel ouvrage.

Contre-enquête


Paul Doherty est un auteur très profilique de policiers historiques. Il a plusieurs séries en cours, la plupart situées dans la Londres médiévale, à plusieurs périodes différentes. Ce n'est pas de la grande littérature, mais le whodunnit est distrayant et l'immersion dans le moyen âge anglais exquise.
Avec "L'ordre du cerf blanc" il signe un grand roman, hors ses habituelles séries.
Le contexte est l'Angleterre de la Guerre de Cent Ans, autour de la bataille d'Azincourt. Henri V est roi. Il a succédé à son père Henri IV, anciennement de Lancastre, qui avait pris le pouvoir en déposant Richard II, subséquemment mort en captivité. Or, depuis des années, des rumeurs circulent dans le royaume disant que Richard II ne serait pas mort et qu'il attendrait que ses partisans lui rendent son trône. Beaucoup de grands seigneurs, des ordres religieux, des gens du peuple adhèrent à cette croyance. Elle aura pour conséquence une succession de révoltes et de tentatives de renversement pendant presque tout le règne d'Henri IV. Progressivement, les révoltes échouant toutes, la rumeur se transforme : Richard II serait en Ecosse où il attendrait (toujours) que ses partisans le remettent sur le trône d'Angleterre.
Dans ce contexte où se mèlent Guerre de Cent Ans, révolte des grands, révolte des gallois, et sédition écossaise, Matthew Jankin, un escroc menteur et lâche, emprisonné pour avoir participé à la conspiration des Lollards et qui les a trahis, est extrait du cul de basse-fosse dans lequel il croupit pour enquéter sur les rumeurs qui entourent le personnage de Richard II, découvrir si Richard II est vivant, où et comment il est mort s'il l'est, d'où viennent les rumeurs, qui les propagent. Commence une enquête de plusieurs années à l'issue de laquelle Matthew Jankin découvrira la vérité.
Le roman est à la première personne. C'est Matthew Jankin qui raconte sa vie, sa vie qui se confond avec une enquête qui vire à l'obsession. Le personnage, un anti-héros, ne laisse pas indifférent tant sa vie s'apparente à une tragédie à la progression inéluctable intimement imbriquée dans celle de Richard II, tant cette rumeur et ses conséquences ont des répercussions sur sa vie comme elle en a eu sur des centaines d'anglais.
Les évènements décrits ainsi que leurs acteurs sont historiques, et Paul Doherty a simplement (par l'entremise du seul personnage fictif) donné une explication plausible à un mystère qui n'a jamais trouvé sa réponse dans la réalité. "L'ordre du cerf blanc" est un roman passionnant et très agréable à lire pour toute personne qu'intéresse un peu cette période.
L'ordre du cerf blanc, Paul Doherty

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