Un léger bruit dans le moteur - Gaet's - Munoz

Un léger bruit dans le moteur , de Gaet’s et Jonathan Munoz, est un album one-shot, adaptation du roman éponyme de Jean-Luc Luciani. Il a obtenu le Prix SNCF du Polar en 2013 . Il ressort aujourd’hui chez Petit à petit . Un léger bruit dans le moteur se passe intégralement dans un minuscule village complètement coupé de l’extérieur. Personne ne s’y arrête jamais, personne n’y vit qui n’y était pas déjà depuis longtemps. Les seuls contacts du lieu avec le reste du monde sont assurés par le facteur qui apporte à intervalles réguliers les pensions qui permettent à la plupart des quelques habitants de survivre, et par l’épicière qui achète à l’extérieur les produits qu’elle « revend ensuite trois fois plus cher » , dixit. Dans ce village sans nom, guère plus qu’un hameau, il y a un enfant, sans nom lui aussi. Il a une dizaine d’années. C’est lui qui raconte, ou plutôt qui se raconte. L’enfant sans nom est orphelin de mère, morte en couches, il a un père qui vit des aides sociale,...

L'âge du bois et de la laine


Je termine à l'instant l'excellent "Ces gens du Moyen-Age". C'est une époque que j'apprécie beaucoup et connaît bien, et pourtant j'ai appris quantité de choses en lisant ce livre. Robert Fossier décrit à merveille la vie des gens de peu. Mais pas seulement. Car ce qu'il décrit concerne tous les médiévaux, du pape au dernier des esclaves (car, si peu dans le grand public le savent, le commerce des esclaves n'a pas cessé en Occident avec la chute de l'Empire Romain; Verdun par exemple était un marché important). Que savent-ils d'eux-mêmes et du monde ? Quels sont leurs rapports avec la Nature ? Que savent-ils de la nuit ? des saisons ? Comment traversent-ils les âges de la vie ? De quoi rient-ils ? Et tant d'autres questions auquelles cet ouvrage apporte une réponse fondée sur l'histoire et l'archéologie.
Contrairement à Jacques le Goff, auquel il fait référence en introduction, qui présente au lecteur moderne une série de figures médiévales très détaillées (le chevalier, le moine, etc...), Robert Fossier ne décrit que ce qui concerne chaque homme médiéval, quelle que soit sa position dans l'écheveau social. Il brosse un portrait pointilliste qui va servir de fond sur lequel se dessine l'Histoire évènementielle. Ce n'est pas le "temps long" de Braudel car il s'intéresse peu aux évolutions économiques et sociales, c'est une histoire culturelle, une sorte d'anthropologie historique particulièrement enrichissante pour le lecteur. Il rend cet âge du bois et de la laine vivant et réaliste, sans omettre de dire qu'il y a des choses que nous ne savons pas car elles n'ont pas laissé de traces.
Seule critique, bien mineure : Robert Fossier a atteint un âge où on se sent autorisé à dire tout ce qu'on pense et, parfois, des considérations trop actuelles parasitent un peu le plaisir d'arpenter les chemins médiévaux en sa compagnie, et en celle de tous ceux qui y cheminent et qu'il nous donne à voir.
Ces gens du Moyen-Age, Robert Fossier

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