Mickey7 - Edward Ashton - Retour de Bifrost 119

Mickey7 est le roman SF de Edward Ashton qui a inspiré le film Mickey17 de Bong Joon-ho. Il raconte l'histoire de Mickey Barnes et de ses clones successifs lors d'une mission de colonisation sans retour de la planète Niflheim. Clones successifs car Mickey Barnes est un Consommable, volontaire pour effectuer les missions suicides exigées par les imprévus de la colonisation. Un drôle de job certes, mais un job rendu possible par la certitude qu'après sa(ses) mort(s) presque certaine(s) il sera reconstitué, souvenirs intacts ou presque, à partir du stock de protéines de la colonie ; et s'il a demandé ce misérable emploi c'est qu'il doit fuir d’urgence son monde d'origine à cause d'une énorme dette impayée. Outre le caractère douloureux et un peu dégradant de la fonction, Mickey a de nombreux autres problèmes : d'abord la planète Niflheim se révèle bien moins hospitalière que prévu, ensuite la mission comprend un pourcentage non négligeable de « natali...

L'âge du bois et de la laine


Je termine à l'instant l'excellent "Ces gens du Moyen-Age". C'est une époque que j'apprécie beaucoup et connaît bien, et pourtant j'ai appris quantité de choses en lisant ce livre. Robert Fossier décrit à merveille la vie des gens de peu. Mais pas seulement. Car ce qu'il décrit concerne tous les médiévaux, du pape au dernier des esclaves (car, si peu dans le grand public le savent, le commerce des esclaves n'a pas cessé en Occident avec la chute de l'Empire Romain; Verdun par exemple était un marché important). Que savent-ils d'eux-mêmes et du monde ? Quels sont leurs rapports avec la Nature ? Que savent-ils de la nuit ? des saisons ? Comment traversent-ils les âges de la vie ? De quoi rient-ils ? Et tant d'autres questions auquelles cet ouvrage apporte une réponse fondée sur l'histoire et l'archéologie.
Contrairement à Jacques le Goff, auquel il fait référence en introduction, qui présente au lecteur moderne une série de figures médiévales très détaillées (le chevalier, le moine, etc...), Robert Fossier ne décrit que ce qui concerne chaque homme médiéval, quelle que soit sa position dans l'écheveau social. Il brosse un portrait pointilliste qui va servir de fond sur lequel se dessine l'Histoire évènementielle. Ce n'est pas le "temps long" de Braudel car il s'intéresse peu aux évolutions économiques et sociales, c'est une histoire culturelle, une sorte d'anthropologie historique particulièrement enrichissante pour le lecteur. Il rend cet âge du bois et de la laine vivant et réaliste, sans omettre de dire qu'il y a des choses que nous ne savons pas car elles n'ont pas laissé de traces.
Seule critique, bien mineure : Robert Fossier a atteint un âge où on se sent autorisé à dire tout ce qu'on pense et, parfois, des considérations trop actuelles parasitent un peu le plaisir d'arpenter les chemins médiévaux en sa compagnie, et en celle de tous ceux qui y cheminent et qu'il nous donne à voir.
Ces gens du Moyen-Age, Robert Fossier

Commentaires