Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

L'âge du bois et de la laine


Je termine à l'instant l'excellent "Ces gens du Moyen-Age". C'est une époque que j'apprécie beaucoup et connaît bien, et pourtant j'ai appris quantité de choses en lisant ce livre. Robert Fossier décrit à merveille la vie des gens de peu. Mais pas seulement. Car ce qu'il décrit concerne tous les médiévaux, du pape au dernier des esclaves (car, si peu dans le grand public le savent, le commerce des esclaves n'a pas cessé en Occident avec la chute de l'Empire Romain; Verdun par exemple était un marché important). Que savent-ils d'eux-mêmes et du monde ? Quels sont leurs rapports avec la Nature ? Que savent-ils de la nuit ? des saisons ? Comment traversent-ils les âges de la vie ? De quoi rient-ils ? Et tant d'autres questions auquelles cet ouvrage apporte une réponse fondée sur l'histoire et l'archéologie.
Contrairement à Jacques le Goff, auquel il fait référence en introduction, qui présente au lecteur moderne une série de figures médiévales très détaillées (le chevalier, le moine, etc...), Robert Fossier ne décrit que ce qui concerne chaque homme médiéval, quelle que soit sa position dans l'écheveau social. Il brosse un portrait pointilliste qui va servir de fond sur lequel se dessine l'Histoire évènementielle. Ce n'est pas le "temps long" de Braudel car il s'intéresse peu aux évolutions économiques et sociales, c'est une histoire culturelle, une sorte d'anthropologie historique particulièrement enrichissante pour le lecteur. Il rend cet âge du bois et de la laine vivant et réaliste, sans omettre de dire qu'il y a des choses que nous ne savons pas car elles n'ont pas laissé de traces.
Seule critique, bien mineure : Robert Fossier a atteint un âge où on se sent autorisé à dire tout ce qu'on pense et, parfois, des considérations trop actuelles parasitent un peu le plaisir d'arpenter les chemins médiévaux en sa compagnie, et en celle de tous ceux qui y cheminent et qu'il nous donne à voir.
Ces gens du Moyen-Age, Robert Fossier

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