De boue et de bois - Olivier Caruso in Bifrost 122

Dans le Bifrost 122, il y a aussi  une nouvelle absolument stupéfiante d'Olivier Caruso. « La chercheuse, surprise, observe le spécimen dans la cave : il mange un porte-bouteille » . C'est sur cet incipit digne des premières phrases du Vieil homme et la guerre , de John Scalzi, que s'ouvre  De boue et de bois , un texte de 24 pages d'une richesse insigne. Epoque victorienne. Angleterre. La chercheuse vit seule avec une domestique dans sa grande maison de famille. Près d'elle, dissimulé, le « spécimen » . Il se nourrit de bois et dit bientôt ses premiers mots !!! Qu'est-il ? D'où vient-il ? Qui sont ces gens ? Quelle est l'histoire de cette femme et de cette famille ? Comment tout cela s'insère-t-il dans l'histoire britannique ? Et en quoi la transforme-t-il ? Ce sont quelques questions, il y en a d'autres dans cette riche nouvelle. On y croise, dans ce qui semblait être une histoire intime – et l'est assurément –, la théorie de l'évol...

Les détectives de l'occulte


Deux petits livres très agréables à lire viennent tout juste d'être publiés chez 10/18.
Fabrice Bourland, qui s'est fait une petite notoriété dans le monde de la short story, rend dans ces deux policiers un hommage appuyé à la littérature populaire du début du XXème siècle. Et c'est très réussi.
Deux détectives, aussi dissemblables que possible, enquêtent, durant les années 30, dans les milieux de l'occultisme et du spiritisme, milieux qui sont très actifs à cette époque et qui occupent beaucoup de personnalités de premier plan, y compris de nombreux scientifiques. Ici point de solution rationnelle, la solution est toujours surnaturelle. Fabrice Bourland a du beaucoup jouer à ces vieux jeux de rôles fantastiques que sont L'appel de Cthulhu et Maléfices (et qui ont bercé l'adolescence de votre serviteur).
Sur cette base, on sent à quel point l'auteur se fait plaisir en écrivant à la manière de... Ca ressemble furieusement aux feuilletons des années 1900, le style, le vocabulaire, tout y est. Les références abondent, et ce n'est pas un mot en l'air, (dans les noms de lieux, de personnages, de titres de chapitre, ou simplement au détour d'une phrase) et il est certain que personne ne pourra les trouver toutes. Le résultat est un exercice de style absolument jubilatoire (tiens, jamais utilisé ce mot-là) qu'on lit à la vitesse de l'éclair car c'est plaisant comme une friandise. Une sorte de pulp à la française.
Difficile d'en dire plus sans spoiler mais si vous aimez Sherlock Holmes, Arsène Lupin, Agatha Christie, les surréalistes, Alan Kardec, etc... vous ne pouvez passer à côté de ces livres.
Le fantôme de Baker Street, Fabrice Bourland
Les portes du sommeil, Fabrice Bourland

Commentaires

APL a dit…
Moi je jouais à l'oeil noir, petit, et aux "livres dont vous êtes le héros".
Ça a l'air pas mal ces bouquins, mais rien ne vaut un bon Elmore Leonard.
Tout ça pour dire que j'ai repris le blogging. @+