Hyde Street t2 - Johns - Reis

Sortie du nouvel opus de la série Hyde Street , le comic EC-style de Johns et Reis publié chez Urban depuis quelques mois. Ce tome 2, intitulé Le Hachoir du passé , prolonge le récit entamé dans son prédécesseur , et permet de découvrir de nouveaux résidents de la démoniaque Hyde Street. Le lecteur a donc l’occasion d’approfondir sa connaissance du très dérangeant Pranky, mais aussi de rencontrer la voyante arnaqueuse Sœur Orité ou le chirurgien extrême Docteur Ego (avec ses deux assistantes) . Il fera surtout la connaissance du terrifiant Boucher de Hyde Street, que le Monstre mutique tenait enfermé depuis des décennies. Il en apprendra plus (plus encore s’il regarde attentivement les images) sur le mystérieux Compteur qui mène le jeu dans le purgatoire que constitue Hyde Street. Il croisera même une jeune Marilyn Monroe pleine de rêves et d’espérances. C’est toujours Mr X-Ray qui porte le récit, a fortiori ici quand sa fille – reniée et abandonnée dans une autre vie – tente d’entrer...

Contemplation




"L'âge des lumières" est un beau roman. Le dernier opus de Ian MacLeod n'est pas un grand roman d'action, celle-ci y est lente et parcimonieuse. Mais c'est un grand roman car il est superbement écrit.
Uchronie sise pendant une pseudo-période victorienne, "L'âge des lumières" décrit l'ascencion sociale d'un jeune homme pauvre et ses tentatives de transformation du système, alors que, parallèlement, il cherche la vérité sur la mort de sa mère. On y voit comment le système renaît toujours de ses cendres, sous un autre masque.
Dans une Angleterre où l'éther, une forme d'énergie magique, occupe la place du charbon, le système ultra-hiérarchisé des guildes est source d'autant d'inégalités et d'injustices que le capitalisme naissant a pu en créer au XIXème siècle. De plus le progrès crée des déchets qui s'attaquent d'abord aux humains en les transformant en monstres, premières victimes de la pollution d'un âge "industriel". On pense irrésistiblement à l'Angleterre de Dickens en lisant cet ouvrage à la vue des descriptions colorées et précises des bas quartiers de Londres, de la petite ville minière d'où est originaire le héros, des villégiatures dans lesquelles s'amuse la haute société, loin des contingences du peuple. On vit au rythme des mouvements révolutionnaires "socialistes", semblables à ceux qui émaillaient la vie anglaise de la fin du règle victorien, militant, complotant, préparant la Révolution. La Révolution vient, puis repart. Rien n'a vraiment changé.
Le roman de Ian MCLeod est éthéré comme la matière qui est au coeur de son intrigue. Il rend nostalgique et laisse de très bons souvenirs. C'était déjà le cas pour "Les iles du soleil".
L'âge des lumières, Ian R. MacLeod

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