Revue Tina IA - Collectif

  Je ne suis guère partisan de l'autopromo mais, la revue étant collective, je veux signaler ici la sortie du numéro de  la revue Tina  consacrée à l'IA. Je ne citerai personne pour n'oublier personne (sommaire ci-dessous) , je dirai juste ici que les 190 pages de la revue sont bien remplies de fictions autant que de non-fictions, qu'on y croise Ian Soliane ( qui commence à être bien connu des lecteurs de ce blog ) , qu'on y lit de la poésie et qu'on peut même y écouter une bande-son. Le sommaire complet de la revue est disponible là. Allez y jeter un oeil, voire les deux.

Contemplation




"L'âge des lumières" est un beau roman. Le dernier opus de Ian MacLeod n'est pas un grand roman d'action, celle-ci y est lente et parcimonieuse. Mais c'est un grand roman car il est superbement écrit.
Uchronie sise pendant une pseudo-période victorienne, "L'âge des lumières" décrit l'ascencion sociale d'un jeune homme pauvre et ses tentatives de transformation du système, alors que, parallèlement, il cherche la vérité sur la mort de sa mère. On y voit comment le système renaît toujours de ses cendres, sous un autre masque.
Dans une Angleterre où l'éther, une forme d'énergie magique, occupe la place du charbon, le système ultra-hiérarchisé des guildes est source d'autant d'inégalités et d'injustices que le capitalisme naissant a pu en créer au XIXème siècle. De plus le progrès crée des déchets qui s'attaquent d'abord aux humains en les transformant en monstres, premières victimes de la pollution d'un âge "industriel". On pense irrésistiblement à l'Angleterre de Dickens en lisant cet ouvrage à la vue des descriptions colorées et précises des bas quartiers de Londres, de la petite ville minière d'où est originaire le héros, des villégiatures dans lesquelles s'amuse la haute société, loin des contingences du peuple. On vit au rythme des mouvements révolutionnaires "socialistes", semblables à ceux qui émaillaient la vie anglaise de la fin du règle victorien, militant, complotant, préparant la Révolution. La Révolution vient, puis repart. Rien n'a vraiment changé.
Le roman de Ian MCLeod est éthéré comme la matière qui est au coeur de son intrigue. Il rend nostalgique et laisse de très bons souvenirs. C'était déjà le cas pour "Les iles du soleil".
L'âge des lumières, Ian R. MacLeod

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