Le Trône d'argile 7 - Richemont - Theo - Pieri

Juste un petit mot (cette fois c'est vrai) pour signaler la sortie (il y a quelques semaines quand même) du septième et dernier tome de la série historique Le Trône d'argile , intitulé De Gloire et de cendres . Onze ans (!!!) après la sortie du sixième opus, Anne Richemont et ses compères terminent enfin la geste de Charles VII et de Jeanne d'Arc. On voit dans ce tome le sacre de Charles VII , qui assure la légitimité politique de ce roi assez falot même si les prétentions anglaises, et donc la Guerre de Cent Ans, ne s'éteindront que bien plus tard . On y voit aussi la reconquête progressive du royaume de France par le nouveau roi. On y voit enfin la capture, le procès et l'exécution de Jeanne d'Arc (et le peu d'aide que Charles VII lui apportera - authentique -, au contraire de ses compagnons de guerre qui tentent en vain de la faire évader - fictif) . Les lecteurs qui, comme moi, avaient lu en leur temps les six premiers tomes, sont satisfaits, bien sûr...

Contemplation




"L'âge des lumières" est un beau roman. Le dernier opus de Ian MacLeod n'est pas un grand roman d'action, celle-ci y est lente et parcimonieuse. Mais c'est un grand roman car il est superbement écrit.
Uchronie sise pendant une pseudo-période victorienne, "L'âge des lumières" décrit l'ascencion sociale d'un jeune homme pauvre et ses tentatives de transformation du système, alors que, parallèlement, il cherche la vérité sur la mort de sa mère. On y voit comment le système renaît toujours de ses cendres, sous un autre masque.
Dans une Angleterre où l'éther, une forme d'énergie magique, occupe la place du charbon, le système ultra-hiérarchisé des guildes est source d'autant d'inégalités et d'injustices que le capitalisme naissant a pu en créer au XIXème siècle. De plus le progrès crée des déchets qui s'attaquent d'abord aux humains en les transformant en monstres, premières victimes de la pollution d'un âge "industriel". On pense irrésistiblement à l'Angleterre de Dickens en lisant cet ouvrage à la vue des descriptions colorées et précises des bas quartiers de Londres, de la petite ville minière d'où est originaire le héros, des villégiatures dans lesquelles s'amuse la haute société, loin des contingences du peuple. On vit au rythme des mouvements révolutionnaires "socialistes", semblables à ceux qui émaillaient la vie anglaise de la fin du règle victorien, militant, complotant, préparant la Révolution. La Révolution vient, puis repart. Rien n'a vraiment changé.
Le roman de Ian MCLeod est éthéré comme la matière qui est au coeur de son intrigue. Il rend nostalgique et laisse de très bons souvenirs. C'était déjà le cas pour "Les iles du soleil".
L'âge des lumières, Ian R. MacLeod

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