Palaces of the Crow - Ray Nayler

Lituanie. 1941. L’opération Barbarossa . Toi et moi, lecteur, savons ce qui arrive. Les protagonistes du roman, assurément pas. Ces protagonistes dont je parle sont quatre jeunes personnes, entre l’enfance et l’adolescence, que le vent de la guerre emportera, transformera, cassera jusqu’à ce que ne restent que les vestiges de ce qu’ils furent ou auraient pu être. Qui sont-ils quand le roman commence ? D’abord (pas d’inquiétude, je ne spoile rien qui ne soit lisible dès l’abord du roman) Neriya, une brillante jeune fille juive de quatorze ans, qui perd sa famille quand le shtetl dans lequel ils passaient l’été est attaqué. Seule, elle fuit. Czeslaw, un très jeune soldat de l’Armée Rouge, d’origine polonaise (il a menti sur son âge pour pouvoir s’engager et soulager ainsi sa mère seule) . Czeslaw a perdu son unité et ses camarades. Déserteur, seul, il fuit. Kezia, une jeune Rom dont la famille est tuée sans motif aucun. Seule, elle fuit. Et Le Garçon, qui ne parle pas ou plus, que Kezia...

Platon dans les nuages


Sortie récente du tome 4 de la série Servitude, intitulé "Iccrins".

Tome 1 en 2006, 2 en 2008, 3 en 2011, et enfin 4 en 2014. Servitude, c’est un peu GoT en BD. Le délai hélas, mais aussi le perfectionnisme et la qualité. Plus qu’un 5 à paraître pour conclure la série. Espérons qu’il arrivera avant 2018.

La guerre continue sur la Terre des Hommes, attisée par ces drekkars esclavagistes, cachés dans leurs cavernes obscures, qui en sortent pour aider l’un ou l’autre camp. Les rois des Hommes meurent, leurs royaumes vacillent. Le pouvoir légitime est nu.
L’empereur drekkar n’est qu’une loque droguée, utilisant son peuple et son pouvoir pour nourrir sa dépendance. Un mystérieux personnage agit dans l’ombre, dresse les uns contre les autres, et sème le chaos. La révolte gronde dans l'Empire.
Comme si la situation n’était pas assez complexe, un nouveau peuple, les Iccrins, resté neutre jusqu’alors, se débarrasse de son joug et entre dans le jeu quand ces collectivistes démocrates (presque platoniciens dans leur organisation politique) découvrent avec stupeur où se niche la réalité du pouvoir dans leur société isolationniste.

Tous contre tous, à l’évidence la guerre globale qui se développe est contrôlée en sous-main par une divinité jalouse et rancunière cherchant à reprendre la place d’adoration qui fut la sienne.

Intrigues politiques, relations humaines émouvantes, superbes scènes de sacrifice ou de bataille, on cherche les défauts. En vain.
Scénario et dessin (transcendé par la colorisation si particulière de la série) sont d’égal niveau, le meilleur. Je n’ai pas envie d’en dire plus tant « le meilleur » dit le nécessaire.

Notons qu’il y a, comme dans chaque album, un addendum expliquant lexique et situation politique ainsi que la calligraphie des prophéties ou légendes.
Notons aussi, qu’une présentation utile est dispo sur le site de Soleil. On remarquera que Soleil ne sait pas lui-même qu’il a sorti un T4. Les sites des éditeurs sont toujours profondément merdiques.

Servitude t4, Iccrins, Bourgier, David

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