Baron Cimetière - Morgane Caussarieu

On le sait (et si on l’ignorait on vient de l’apprendre) , je ne lis pas de YA, je n’aime pas ce genre que je trouve trop souvent simple et caricatural. Et c’est encore pire depuis que la sainte trilogie Grief, Identity, Relief y est devenue récurrente. Mais Baron Cimetière est écrit par Morgane Caussarieu, une autrice qui est tout sauf mièvre et dont le style est toujours un plaisir. Et j’adore le Baron Samedi .  Alors, je me suis laissé tenter. Tel le Kaa du Livre de la Jungle , Caussarieu sait convaincre. Aujourd’hui, la Nouvelle-Orléans. Mika est un adolescent parisien de presque dix-sept ans arrivé là grâce à un billet d’avion opportunément envoyé par une vieille grand-tante qu’il ne connaissait pas. Opportunément, dis-je, car Mika avait besoin de quitter la France au plus vite après y avoir fait ce qu’on comprend être une grosse connerie. Le jeune homme qu’on découvre est tourmenté par une enfance compliquée, une relation amoureuse qui a tourné, semble-t-il, en eau de boud...

La victime inconnue


Je ne sais pas comment vous pourrez vous procurer ce petit fascicule, normalement offert pour l'achat de deux poches Babel. Achetez deux Babels, séduisez l'attachée de presse de Babel, ou volez-le chez un libraire myope. Quoi qu'il en soit, j'ai été très agréablement surpris par "Je finirai à terre" de Laurent Gaudé.
Cette nouvelle d'une quarantaine de pages, écrite par un auteur de blanche, prix Goncourt quand même, qui a souvent tangenté le fantastique, est d'excellente facture.
Ne voulant pas spolier, je dirai simplement qu'elle se passe pendant la Grande Guerre, qu'elle rappelle à propos que cette première guerre industrielle fut menée par des paysans, que le vernis de christianisme n'a jamais empêché les hommes de la terre d'entretenir un fonds païen, que la terre martyrisée voudra un jour se venger. D'une belle écriture, inquiétante, Gaudé narre une histoire qui évoque les vieux contes fantastiques du XIXème siècle, et se termine sur un credo proche des thèmes de l'hypothèse Gaïa et de la deep ecology.
Je finirai à terre, Laurent Gaudé

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