An Eye for Property - Tanya Fordwalker


« Le jeu n’en vaut pas la chandelle… mais empêcher qu’elle s’éteigne » R. E. Howard


Dans un futur proche, la société Splice of Life offre à tout client proche de la mort et décidé à payer une forte somme (le Passenger) du temps de vie supplémentaire dans le corps d’un jeune bien vivant (le Driver), qui lui servira de corps d’emprunt un certain temps par semaine ou par jour ; une version hi-tech des cavales de Damballa.

Une puce insérée dans le cerveau du Driver contient la personnalité scannée du Passenger. A des jours et heures contractuellement décidés, la personnalité du Passenger est activée puis prend le contrôle du corps de son Driver dont la conscience s’éteint dans l’intervalle. A la fin de la période contractuellement convenue, la conscience du Passenger se remet en sommeil et c’est le Driver qui revient aux commandes.

Mais que se passerait-il si quelque chose buguait dans la puce ?


An Eye For Property est une nouvelle de Tanya Fordwalker lisible sur le site Reactor.

Proprement terrifiante, elle donne à voir un monde dans lequel le corps humain est à louer comme tout autre bien.

A travers les pensées de Rose, qui a loué le corps de Mabel pour tous les vendredis et samedis, on découvre le mépris fondamental de celle qui peut s’offrir le corps d’autrui « I built a portfolio of over sixty properties. I can manage one girl. », on parcourt les modalités de la marchandisation du corps humain (avec des « niveaux de gamme » corrélés à des prix), on observe le rapport de force qui s’instaure entre celui qui paie et celui qui est payé.

Tout cela évoque des contrats, des entreprises, ou des affaires judiciaires qui concernent la gestation pour autrui dans les pays où elle est légale (voire dans ceux où elle se pratique clandestinement). En effet, tant les termes contraignants du contrat de louage que l’inégalité structurelle du rapport entre Driver et Passenger évoquent l'indécence des contrats de ce type existant dans le monde – et heureusement interdits en France par l’article 16-7 du Code civil depuis 1994.


An Eye For Property est donc un texte aussi glaçant que propice à une lecture politique, qui devrait être lu d’une traite afin de profiter pleinement de son inexorable montée en tension.


An Eye For Property, Tanya Fordwalker

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