No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Brombal - Phillips - Tout ce qui meurt et agonise


L’apocalypse zombie a eu lieu, elle a emporté presque toute l’humanité. Mais dans la petite ville américaine de Caverton, Jack Chandler, un fermier, s’est découvert immunisé ; seul de sa petite communauté, il a survécu au fléau. Seul survivant certes, mais pas solitaire. En effet, autour de Jack et avec lui, « vivent » son mari Luke, leur fille Daisy, qu’il adore, et aussi tous les habitants de la petite ville. Ces morts-vivants, par pure mémoire musculaire, rejouent chaque jour sa dernière journée, sans agressivité car, nourris par Jack, ils n’éprouvent plus le besoin de mordre ni d’attaquer. Jack, le seul qui n’est pas trépassé, est leur fermier – un religieux dirait leur berger. Il prend soin d’eux, les nourrit, veille à entretenir les cultures et le bétail grâce auxquels lui-même survit.

Mais voilà qu’arrive dans la ville un groupe d’humains, pleins de violence et d’idées définitives sur les places respectives des hommes et des zombies. Tout part alors en vrille.


Tout ce qui meurt et agonise est un album one-shot de Tate Brombal et Jacob Phillips.

C’est l’histoire d’un homme qui perd tout après avoir cru trouver son équilibre, si étrange soit-il.

C’est aussi l’histoire d’un homme qui vit, avant pendant et après l’intrusion, dans ses souvenirs, au travers desquels les lecteurs découvrent sa vie. C’est une jeunesse dure que connut Jack Chandler, entre une communauté rurale homophobe, un père intolérant et des partenaires sexuels pas toujours dignes. Puis vint un jour où Jack pensa avoir trouvé un équilibre, entre sa ferme, Luke et Daisy.

La catastrophe zombie menaça de le priver de sa stabilité récemment acquise, avant qu’il découvre qu’il pouvait vivre une vie de routine auprès des siens, tous ceux qu’il aime autant maintenant qu’avant : famille, voisins, amis.

Mais le monde s’invite de nouveau à sa porte, et ce sont ses « frères humains » qui vont bouleverser sa sérénité chèrement acquise.

Note : Il n’est pas anodin que – dixit Jack – la ville de Caverton ait été fondée par un Noir, ensuite dépossédé par de nouveaux venus ; l’histoire se répète avec de nouveaux spoliateurs.


Tout ce qui meurt et agonise est narré en allers-retours constants entre présent et passé. L’histoire est comme une rengaine, celle de la stabilité de Jack que le monde extérieur risque de détruire.

C’est l’histoire d’un homme simple qui voulait vivre simplement auprès de gens qu’il aime et que l’univers s’acharne à mettre à l’épreuve. Jack est un Juste confronté au Mal ; s’il y a un dieu dans ce monde, alors Jack est son Job.

Cela fait une jolie histoire, intime et émouvante. Pas l’album du siècle mais une lecture agréable.

Les graphismes illustrent fort bien la violence de l’intrusion même si parfois, frénésie oblige, ils manquent un peu de lisibilité.


Tout ce qui meurt et agonise, Brombal, Phillips

Commentaires

Philfff a dit…
The last of us
Gromovar a dit…
Plus ou moins. Mais pas tout à fait quand même.